Ecstasy dans le champagne : un sénateur français condamné pour avoir drogué une députée afin de l’agresser sexuellement

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La France est une nouvelle fois secouée par une affaire de violence sexuelle impliquant un responsable politique de premier plan. Mardi soir, la justice française a reconnu coupable l’ancien sénateur Joël Guerriau d’avoir drogué une collègue parlementaire avec de la MDMA – plus connue sous le nom d’ecstasy – dans l’intention de l’agresser sexuellement. Les faits se sont déroulés à Paris, à l’automne 2023, lors d’une soirée censée célébrer une victoire électorale.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Joël Guerriau, âgé de 68 ans, à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, le reste étant assorti d’un sursis. Il a également été condamné à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la victime pour le préjudice psychologique subi. Le jugement retient explicitement que l’ancien sénateur a agi avec l’intention de commettre une agression sexuelle, écartant la thèse de l’accident plaidée par la défense.

Sandrine Josso — Wikipédia

La victime, Sandrine Josso, députée centriste et membre de l’Assemblée nationale, s’était rendue au domicile parisien de Guerriau en novembre 2023 pour fêter avec lui son succès aux élections sénatoriales. Amis de longue date, se connaissant depuis près de dix ans, rien ne laissait présager ce qui allait suivre. « Je suis venue rendre visite à un ami, et j’ai découvert un agresseur », a-t-elle déclaré à la barre.

Selon les éléments retenus par le tribunal, Joël Guerriau a délibérément versé de la MDMA dans une coupe de champagne qu’il a ensuite servie à sa collègue. Rapidement après avoir bu, Sandrine Josso a ressenti un malaise intense : accélération du rythme cardiaque, perte de repères, sensation de danger imminent. Elle a témoigné avoir remarqué un goût inhabituel, « sucré et collant », avant que Guerriau n’insiste pour qu’elle boive un second verre, ce qui a renforcé son inquiétude.

Parvenant à quitter l’appartement, la députée s’est rendue immédiatement à l’hôpital. Les analyses ont révélé une concentration de MDMA dans son sang trois fois supérieure à la dose habituelle, confirmant sans ambiguïté un empoisonnement volontaire. Lors de la perquisition, la police a retrouvé de la drogue au domicile du sénateur.

À la barre, Joël Guerriau n’a pas contesté la présence de la substance, mais a avancé une version jugée peu crédible par la cour. Il a affirmé avoir déposé la MDMA dans le verre la veille, prétendument pour un usage personnel, avant d’oublier la coupe sur une étagère et de la servir « par erreur » le lendemain. « Je suis un idiot », a-t-il déclaré, se disant « dégoûté de lui-même ». Le tribunal a rejeté cette défense, estimant qu’aucune autre intention que l’agression sexuelle ne pouvait être raisonnablement envisagée.

Le procès, qui s’est déroulé sur deux jours, a suscité une forte attention médiatique en France, dans un contexte déjà marqué par une série de scandales liés aux violences sexuelles. L’affaire a ravivé le souvenir du dossier Gisèle Pelicot, devenue un symbole international après avoir témoigné publiquement contre son mari, qui l’avait droguée pendant des années pour la livrer à des viols collectifs.

Joël Guerriau, élu en 2011 au Sénat sous l’étiquette du parti centriste Horizons, avait démissionné de son mandat en octobre 2025 après la mise en examen. Ironie relevée par l’accusation : en tant que sénateur, il avait lui-même voté des lois renforçant la pénalisation du “soumission chimique”, c’est-à-dire l’usage de substances pour faciliter des agressions sexuelles. « Il devait montrer l’exemple », a martelé le procureur, rejetant toute notion d’erreur ou de maladresse.

Pour Sandrine Josso, le verdict représente une « immense libération ». Elle a décrit les conséquences durables de l’agression : six mois d’arrêt de travail, un suivi médical et psychiatrique, des cauchemars récurrents, des épisodes de dissociation, et même l’extraction de plusieurs dents, conséquence directe du stress post-traumatique. Aujourd’hui encore députée, elle s’est engagée activement dans la lutte contre les violences sexuelles et la “soumission chimique”, rejoignant une association dédiée à ce combat.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité des victimes, même au sommet des institutions, et l’ampleur d’un phénomène longtemps minimisé. En condamnant fermement un ancien sénateur, la justice française envoie un message clair : le pouvoir politique n’accorde aucune immunité face aux crimes sexuels.

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