Des milliards pour les ultra-orthodoxes pendant que les réservistes font la guerre : la coalition se sert à la caisse

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Pendant que des centaines de milliers de réservistes israéliens combattent sur plusieurs fronts, le gouvernement s’apprête ce mardi à approuver le détail des transferts budgétaires coalitionnels votés en décembre dernier — des milliards de shekels destinés en grande partie au secteur religieux et ultra-orthodoxe. L’opération se déroule simultanément à l’approbation d’un budget de sécurité supplémentaire de 31 milliards de shekels, lié directement aux coûts de la guerre contre l’Iran.

Le document soumis à la réunion du gouvernement détaille une liste nourrie de bénéficiaires : écoles appliquant le programme des « grandes vacances » dans des établissements exemptés du tronc commun — c’est-à-dire qui n’enseignent pas les matières fondamentales laïques —, institutions talmudiques, bâtiments religieux, séminaires pour techniciens, programmes communautaires pour la jeunesse ultra-orthodoxe, culture juive, renforcement de l’identité juive, et séminaires d’études juives. Des enveloppes, en d’autres termes, qui alimentent les bastions électoraux des partis ultra-orthodoxes qui soutiennent la coalition, au moment précis où l’État mobilise ses ressources pour financer une guerre de grande ampleur.

La réaction de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, publiée sur les réseaux sociaux, résume l’indignation d’une partie de l’opinion publique avec une franchise inhabituelle. Il écrit que « pendant que le peuple d’Israël se bat sur le front, ce gouvernement s’occupe de piller les caisses publiques. Comme des voleurs dans la nuit. » Il ajoute que pendant que des centaines de milliers de réservistes ont quitté leur foyer pour défendre le pays, le gouvernement transfère en catimini des milliards de shekels d’argent politique à des réfractaires au service militaire, sous le couvert mensonger d’un « budget d’urgence ».

La formulation de Bennett — « argent politique pour des réfractaires » — touche à une blessure particulièrement vive dans le contexte actuel. La question du service militaire des ultra-orthodoxes est l’une des fractures les plus profondes de la société israélienne, et elle prend une dimension explosive en temps de guerre. Alors que des soldats meurent ou risquent leur vie sur les fronts iranien et libanais, le fait que des fonds publics soient orientés vers des institutions dont les membres sont en grande majorité exemptés de servir est ressenti par une partie de la population combattante comme une injustice insupportable. Ce sentiment est d’autant plus fort que l’effort de guerre impose à l’ensemble de l’économie des sacrifices significatifs.

La manœuvre budgétaire dévoile aussi la mécanique de survie de la coalition Netanyahou. Les partis ultra-orthodoxes — Shass et Judaïsme unifié de la Torah — conditionnent leur soutien au gouvernement à la satisfaction de leurs exigences financières, quelles que soient les circonstances. La guerre n’a pas changé cette arithmétique. Elle l’a peut-être même consolidée : dans un contexte d’état d’urgence prolongé, les contrôles parlementaires sont affaiblis, les oppositions sont moins audibles, et les transferts budgétaires passent avec moins de résistance institutionnelle. Ce que Bennett appelle « comme des voleurs dans la nuit » est, vu de la coalition, une gestion ordinaire des équilibres politiques — en temps de paix comme en temps de guerre.

Source : Walla

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