Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, est monté ce lundi matin sur le Mont du Temple, à Jérusalem, à l’occasion de la fête juive de Souccot. Sur l’esplanade, il a prié et renouvelé son appel à l’instauration de la souveraineté israélienne sur ce site, l’un des plus disputés de la région.
Le ministre a ouvert ses propos en revenant sur les trois années écoulées depuis le massacre du 7 octobre. « Le 7 octobre a été une douleur immense, une douleur terrible. Mais aujourd’hui, trois ans plus tard, c’est la fête de Souccot, une fête de joie, et nous pouvons nous réjouir de beaucoup de choses qui se sont produites depuis », a-t-il déclaré, donnant le ton d’une intervention mêlant recueillement et revendication politique.
Évoquant le Hamas et les mesures prises par Israël depuis l’attaque, Ben Gvir a ensuite revendiqué un contrôle total, aussi bien sur le lieu saint que sur le sort des prisonniers du mouvement islamiste. « Nous sommes les maîtres du Mont du Temple ! Nous sommes les maîtres des prisons. Nous avons transformé la vie de leurs terroristes en enfer », a-t-il lancé, dans une formule qui résume l’essentiel de sa ligne politique depuis trois ans.
Le ministre a conclu son intervention par une déclaration à portée nationale, assurant que le pays tout entier se trouve engagé sur une trajectoire de victoire. « Trois ans plus tard, le peuple d’Israël est sur le chemin de la victoire totale ! », a-t-il proclamé, avant de redescendre du site.
Selon le Times of Israel, qui a suivi la visite en direct, le ministre a également mis en avant son propre bilan à la tête du ministère de la Sécurité nationale pour justifier ce satisfecit. Il a notamment cité la distribution d’armes à feu à des civils et la mise en place d’escouades de sécurité civile, deux chantiers qu’il porte personnellement depuis son entrée en fonction.
Cette nouvelle montée relance, une fois de plus, la question sensible du statu quo sur le Mont du Temple. Considéré comme le lieu le plus sacré du judaïsme, le site reste officiellement fermé à la prière juive : Israël y assure la sécurité, mais c’est le Waqf, l’autorité islamique, qui administre les activités religieuses sur l’esplanade. Or, selon le Times of Israel, Ben Gvir affirme à plusieurs reprises que la prière juive y est désormais autorisée dans les faits, une position qui contredit ouvertement les déclarations publiques du premier ministre Benjamin Netanyahu sur ce même dossier.
Ce n’est pas la première fois que le ministre tient de tels propos sur le terrain. Le Times of Israel rappelle que Ben Gvir a déjà, à plusieurs reprises par le passé, affirmé que la prière juive était désormais permise sur l’esplanade, alors même que le gouvernement, par la voix de Netanyahu, continue officiellement de s’en tenir à l’interdiction historique. Ce grand écart entre le discours du ministre sur place et la position affichée par le chef du gouvernement nourrit, à chaque nouvelle visite, les mêmes interrogations sur qui, au sein de l’exécutif israélien, fixe réellement la ligne concernant le lieu le plus sacré du judaïsme.
Chaque montée d’un responsable politique de premier plan sur le Mont du Temple est scrutée de près, tant par les autorités religieuses que par l’opinion publique israélienne. Le choix du jour n’est pas non plus anodin : Souccot, fête de pèlerinage dans la tradition juive, voit traditionnellement affluer sur le site un nombre important de fidèles, ce qui donne un écho particulier aux prises de position tenues sur place ce lundi.
En resituant son intervention trois ans après le 7 octobre, Ben Gvir a cherché à dresser un bilan personnel de la période écoulée depuis le massacre, entre la gestion des prisonniers du Hamas, la situation sur le Mont du Temple et l’objectif affiché d’une « victoire totale » pour Israël. Ses propos, tenus depuis l’un des lieux les plus symboliques et les plus surveillés du pays, s’inscrivent dans la continuité de ses prises de position répétées sur le dossier, telles que rapportées par le Times of Israel.
L’information a d’abord été rapportée par Israel National News, en tout début d’après-midi, heure d’Israël, avant d’être reprise et détaillée par le Times of Israel dans sa couverture en direct de la journée de Souccot. Les deux médias s’accordent sur la teneur des propos tenus par le ministre sur l’esplanade, ainsi que sur le contexte des trois ans écoulés depuis le massacre du 7 octobre.
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