Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a réagi avec une grande virulence à une démarche conjointe de l’association « Laissons les animaux vivre » et de la faculté de droit de l’Université de Tel Aviv contre son projet de placement de crocodiles autour des établissements pénitentiaires.
Les deux organismes ont adressé une lettre officielle exigeant l’arrêt immédiat de la promotion du dispositif prévoyant le déploiement de crocodiles autour des prisons où sont détenus des terroristes, en tant que moyen de sécurité et de dissuasion.
Dans leur démarche, les auteurs de la lettre ont fait valoir que l’arrêté ne résiste pas à l’épreuve de la légalité. Les rédacteurs du courrier, du côté du monde académique, ont ajouté que « le recours à des crocodiles à des fins de surveillance et de dissuasion dans des conflits humains est fondamentalement inacceptable ».
Cette formulation, qui présente la lutte contre l’activité terroriste comme relevant d’un « conflit humain », a suscité une critique acerbe, sur fond d’interrogations quant à l’implication même de l’université dans une question relevant de la responsabilité de l’échelon politique.
Le ministre Ben Gvir, à l’origine de l’initiative de clôture et de dissuasion par crocodiles, a envoyé une lettre de réponse cinglante, dans laquelle il a vivement attaqué la position présentée. « Combien de méchanceté, combien de déconnexion, combien de haine de soi faut-il pour voir dans les atrocités commises par le Hamas lors du massacre du 7 octobre — viol, meurtre, enlèvement, humiliation et profanation de cadavres — un ‘conflit humain’ entre Israël et le Hamas. Cela dépasse mon entendement : comment un Juif, comment un Israélien, comment une personne normale peut-il voir dans les monstres du Hamas quelque chose qui ressemble à de l’humanité, dans le cadre d’un conflit ‘humain’. »
Dans la suite de sa lettre, le ministre a accusé les auteurs de la démarche d’hypocrisie et d’arrière-pensées politiques. « La vérité, c’est que même votre ‘inquiétude’ pour les animaux est une hypocrisie indescriptible, entièrement politique et mesquine. Car si les crocodiles préoccupent tant votre esprit, où étiez-vous lorsqu’on a massacré des centaines de crocodiles dans la ferme de Petzael ? Ce n’est pas de l’inquiétude pour les crocodiles, ce sont des larmes de crocodile. »
Liens internes
Sur les précédentes prises de position musclées d’Itamar Ben Gvir en matière sécuritaire, retrouvez notre article sur la relance du débat sur la peine de mort pour les terroristes après une polémique à la Knesset, ainsi que notre article sur sa colère après l’arrestation sans effusion de sang de prisonniers évadés.



