L’appareil sécuritaire israélien a entamé ces derniers jours des discussions opérationnelles en prévision d’une nouvelle flottille de protestation attendue d’Europe vers la bande de Gaza, rapporte Canal 12.
Les organisateurs de la Freedom Flotilla Coalition ont annoncé récemment leur intention de lancer une nouvelle flottille vers Gaza au mois d’octobre.
Le trajet prévu prévoit d’abord des escales en Espagne, au Portugal et en Italie, avant de mettre le cap sur Gaza. Les organisateurs affirment vouloir briser ce qu’ils décrivent comme le blocus illégal et meurtrier imposé par Israël à Gaza.
Voilà pour l’annonce. L’évaluation israélienne, elle, est nettement moins spectaculaire.
Les services de renseignement estiment à ce stade que l’initiative reste d’ampleur relativement limitée : quelques navires seulement, et quelques dizaines de militants arabes pro-palestiniens.
Mais l’appareil sécuritaire se prépare à l’hypothèse d’une montée en puissance à mesure que la date de départ approchera. C’est précisément ce qui s’était produit lors des précédentes tentatives, parties de quelques bateaux pour finir en convois de plusieurs dizaines.
Sur la base de ces renseignements, Tsahal a donc engagé des préparatifs préliminaires.
Les discussions ont abouti à une politique claire : Israël ne laissera pas ces navires forcer le blocus maritime.
Et la suite est décrite sans ambiguïté. Si les participants refusent de se conformer aux instructions et aux avertissements délivrés par les forces de sécurité, les commandos marine de la Shayetet 13 pourraient être amenés à monter à bord et à prendre le contrôle des navires en mer.
Ce scénario n’a rien d’hypothétique : c’est exactement ce qui s’est passé la fois précédente.
Lors de la tentative de la flottille Global Sumud, les commandos de la Shayetet 13 avaient intercepté les navires et arrêté les personnes à bord. Cette flottille comptait cinquante-sept bâtiments et était partie de Marmaris, en Turquie, avec à son bord des centaines de militants hostiles à Israël.
L’épisode avait eu des prolongements diplomatiques. Parmi les personnes interpellées figurait la sœur de la présidente irlandaise Catherine Connolly, laquelle avait ensuite déclaré publiquement être très fière de sa sœur.
Cette séquence explique pourquoi Israël anticipe aussi tôt.
Une flottille, du point de vue israélien, n’est pas d’abord un problème naval — quelques bateaux face à une marine moderne ne constituent pas une menace militaire. C’est un problème d’image et de droit international. Chaque arraisonnement produit des vidéos, des arrestations de ressortissants européens, des convocations d’ambassadeurs et des semaines de polémique dans les capitales du continent.
D’où l’intérêt de fixer la doctrine des semaines à l’avance, et d’en faire connaître la teneur.
Le calendrier annoncé situe le départ fin octobre. Or c’est aussi le moment où Israël votera : le scrutin législatif est fixé au 27 octobre. Une opération d’interception en pleine campagne, avec des militants européens détenus, se déroulerait donc dans un contexte politique intérieur particulièrement inflammable.
Rien n’indique à ce stade que les organisateurs aient choisi cette date pour cette raison. Mais la coïncidence mérite d’être notée.
Sur les précédentes flottilles et la ligne israélienne en la matière, nos publications antérieures apportent le contexte. Nous avions rapporté l’extension du dispositif de Tsahal au sud du Liban, l’appel de cent célébrités au boycott de l’Eurovision en Israël, ainsi que la conférence anti-BDS organisée à l’ONU.



