Le dégel est officiel. Mercredi, à New York, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a tenu un sommet diplomatique à trois avec son homologue marocain Nasser Bourita et l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Mike Waltz. Au cœur des discussions : une série de mesures pour renforcer les relations entre Israël et le Maroc.
Les parties se sont notamment engagées à élever leurs représentations au rang d’ambassades et à nommer des ambassadeurs. Elles veulent aussi développer les vols directs et favoriser des visites mutuelles de haut niveau. Ces engagements interviennent après une longue période sans visites publiques de hauts responsables israéliens dans le royaume, alors qu’elles étaient fréquentes avant la guerre.
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Des ambassades et des ambassadeurs
Pendant le sommet, les trois pays ont réaffirmé leur volonté de faire avancer une série de mesures pour approfondir les liens entre Israël et le Maroc. L’une des décisions les plus importantes est la montée en gamme des relations diplomatiques : les représentations actuelles deviendront des ambassades, et des ambassadeurs seront nommés.
Le volet économique n’est pas en reste. Israël et le Maroc se sont engagés à finaliser, d’ici la fin 2026, des accords sur la protection des investissements et sur la prévention de la double imposition. L’objectif est de faciliter les investissements mutuels et de développer les liens économiques et commerciaux entre les deux pays.
Des compagnies marocaines dans le ciel israélien
Les parties ont aussi convenu d’élargir les vols directs entre Israël et le Maroc, pour y inclure des compagnies aériennes marocaines. Selon les accords conclus, la mesure devrait entrer en vigueur dans les prochaines semaines.
Autre volet : la reprise des rencontres politiques directes. Israël et le Maroc ont convenu d’organiser, dans les prochains mois, des visites mutuelles de haut niveau. Gideon Saar devait aussi rencontrer Nasser Bourita en tête-à-tête plus tard dans la journée.
Le ministre israélien a salué l’accord : « L’amitié entre le peuple marocain et le peuple juif a des racines profondes et une histoire glorieuse. La déclaration que nous avons signée aujourd’hui détaille des moyens concrets de renforcer les liens entre Israël et le Maroc, au bénéfice des deux peuples, et nous travaillerons à la mettre en œuvre. »
De l’élan de 2020 au silence de la guerre
Ces engagements prennent un relief particulier au regard des dernières années. Les relations diplomatiques ont été rétablies en décembre 2020 dans le cadre de l’accord tripartite avec les États-Unis. Elles ont ensuite connu un fort élan : coopération dans la sécurité, l’économie, les transports et le tourisme, et une série de visites officielles.
En 2023, des ministres et hauts responsables israéliens se rendaient encore au Maroc. En juin de cette année-là, le président de la Knesset Amir Ohana a effectué une visite officielle historique à Rabat. Il y a rencontré de hauts responsables marocains, et un protocole d’accord de coopération entre les deux Parlements a été signé. Le même mois, le ministre de l’Intérieur Moshe Arbel s’est aussi rendu dans le royaume, où il a rencontré son homologue marocain.
Depuis le début de la guerre qui a suivi le massacre du 7 octobre, la situation publique a changé. Les visites politiques de haut niveau qui marquaient la relation n’ont pas continué au même rythme. Dans ce contexte, le nouvel engagement à organiser des visites mutuelles de haut niveau dans les prochains mois pourrait marquer une volonté de redonner aussi une dimension publique à la relation.
Six ans d’accords d’Abraham
Le sommet de New York s’est tenu un jour après une réception organisée par Mike Waltz dans sa résidence pour les six ans des accords d’Abraham. Des représentants des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc, du Kazakhstan, d’Israël et des États-Unis y ont participé.
Israël a remercié les États-Unis pour leur rôle dans l’organisation du sommet et pour leur action en faveur du renforcement des relations avec le Maroc.
Reste maintenant l’épreuve de la mise en œuvre. La liste des mesures convenues est longue. En tête figurent la transformation des représentations en ambassades, la nomination des ambassadeurs et la reprise des visites politiques de haut niveau entre les deux pays. C’est à leur concrétisation que se mesurera ce nouveau départ.
Les liens entre Israël et le Maroc ont une longue histoire : relisez l’intérêt du Maroc pour le Dôme de fer et la visite de Yaïr Lapid à Rabat. Les accords d’Abraham continuent d’inspirer d’autres initiatives, comme les « Accords Isaac » lancés par l’Argentine de Javier Milei. À relire aussi : quand l’Algérie et la Tunisie fermaient leur espace aérien à Netanyahou avant une visite au Maroc.



