L’ensemble des postes d’enregistrement (check-in) de l’aéroport international Ben Gourion ont été fermés jeudi en raison de ce qui a été qualifié de « crise avec les employés ». Les salariés ont reçu instruction de cesser leur travail, alors même que l’aéroport traverse la période la plus chargée de l’année, avec près de 100 000 passagers et 600 vols attendus dans la seule journée. Les quatre sociétés assurant les services au sol à Ben Gourion ont interrompu leur activité.
Cette « grève à l’italienne » survient au lendemain même d’une visite du Premier ministre Benjamin Netanyahou à l’aéroport. Fait notable, la ministre des Transports Miri Regev se trouve actuellement en vacances privées au Maroc, en pleine crise aiguë touchant l’un des principaux points d’entrée du pays.
Un scénario qui se répète chaque été
Ce type d’action, connue en Israël sous le nom de « grève à l’italienne » — un ralentissement collectif du travail sans arrêt officiel des activités — s’est déjà produit à plusieurs reprises ces dernières années à Ben Gourion durant les périodes de forte affluence estivale. Le comité des employés de l’Autorité aéroportuaire, tout en reconnaissant les retards constatés sur le terrain, a par le passé nié qu’il s’agissait formellement d’une grève, évoquant plutôt une pénurie chronique de personnel face à l’explosion du nombre de passagers.
Lors d’épisodes similaires survenus les étés précédents, les employés des services au sol avaient exprimé leur mécontentement face à des conditions salariales jugées insuffisantes au regard de la charge de travail, ainsi que face à un manque persistant de main-d’œuvre pour absorber le rythme des vols entrants et sortants. Ces mouvements avaient alors provoqué d’importants retards dans le déchargement et le chargement des bagages, des files d’attente de plusieurs heures, et parfois même des passagers bloqués à bord d’avions en attente de leurs valises.
Un mois d’août particulièrement critique
Le mois d’août 2026 est justement l’un des plus chargés de l’histoire récente de l’aéroport : selon les données de l’Autorité aéroportuaire, environ 2,6 millions de passagers doivent transiter par Ben Gourion durant ce seul mois, avec des journées de pointe pouvant atteindre 100 000 passagers. D’importants travaux d’agrandissement du Terminal 3 sont par ailleurs en cours, avec pour objectif l’ajout de 90 nouveaux postes d’enregistrement supplémentaires, dans le but de porter à terme la capacité totale de l’aéroport à 40 millions de passagers par an — un signe que les autorités elles-mêmes reconnaissent l’insuffisance actuelle des infrastructures et du personnel face à la demande.
À ce stade, ni l’Autorité aéroportuaire ni le comité des employés n’ont communiqué de calendrier précis quant à la reprise normale des opérations. La situation rappelle des tensions similaires survenues par le passé à Ben Gourion, où des différends portant sur les salaires et les conditions de travail du personnel au sol avaient déjà paralysé, pendant plusieurs heures, l’un des aéroports les plus fréquentés du Moyen-Orient.



