Netanyahou : « Il n’y aura pas de reconstruction à Gaza sans démilitarisation. Il y a une nouvelle ceinture de sécurité — à l’intérieur de la bande »

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Le Premier ministre Benjamin Netanyahou s’est exprimé aujourd’hui (dimanche) en conseil des ministres sur la politique israélienne à Gaza, affirmant que, de son point de vue, la reconstruction de la bande ne pourra pas commencer tant qu’elle ne sera pas débarrassée de ses armes — une prise de position qui intervient après la publication par Ynet selon laquelle l’administration américaine aurait décidé de renoncer au désarmement de l’organisation terroriste comme condition à la reconstruction. Netanyahou, précisons-le, n’a pas démenti cette information, mais a affirmé que cela n’arriverait pas.

Le Premier ministre a également déclaré que les habitants de Gaza souhaitant quitter la bande devaient pouvoir le faire, et a souligné qu’Israël continuerait à occuper des zones tampons à l’intérieur du territoire. « Il n’y aura pas de reconstruction à Gaza sans démantèlement et démilitarisation de la bande », a affirmé Netanyahou. Selon lui, « les Gazaouis doivent avoir la liberté de choix : celui qui veut partir pourra le faire, et celui qui reste ne pourra pas nous menacer. Il y a un nouveau périmètre de sécurité de Gaza — à l’intérieur même de Gaza. »

Le point de friction avec Washington

Ces propos interviennent dans un contexte de blocage persistant autour de la prochaine étape du plan américain pour Gaza, dont l’un des éléments centraux est la démilitarisation de la bande et le démantèlement des infrastructures militaires du Hamas. La deuxième phase du plan, annoncée par l’administration Trump en début d’année, prévoit également la mise en place d’un mécanisme de gouvernance palestinien technocratique et d’un cadre international chargé de superviser la reconstruction de la bande, mais la question du désarmement du Hamas reste l’un des points de friction majeurs.

Parallèlement, Israël a étendu ces derniers mois le territoire qu’il occupe à l’intérieur de la bande. Selon une estimation publiée par l’agence Reuters fin mai, Israël contrôlait alors de fait environ 64 % du territoire de la bande, contre environ 53 % inclus dans la zone de contrôle israélienne prévue par l’accord de cessez-le-feu. Netanyahou lui-même avait déclaré à l’époque qu’Israël était passé d’un contrôle d’environ 50 % du territoire de la bande à environ 60 %, ajoutant avoir ordonné de progresser, dans une première étape, vers un contrôle de 70 % du territoire. Le Premier ministre décrit les zones qu’Israël occupe à Gaza, au Liban et en Syrie comme des « ceintures de sécurité » destinées à éloigner les menaces de la frontière.

Plus tard au cours du conseil des ministres, Netanyahou a également réagi aux informations faisant état de pressions du président américain Donald Trump concernant l’activité israélienne au Liban. « J’ai entendu dire dans les médias que le président Trump aurait demandé de ne pas agir contre les tunnels terroristes au Liban. C’est une légende, une fake news », a déclaré le Premier ministre. « Il ne m’a rien dit à ce sujet, et je ne le lui ai pas demandé. Nous agissons selon nos propres considérations. »

Netanyahou a tenu ces propos environ une semaine après que Tsahal a annoncé avoir détruit une infrastructure souterraine du Hezbollah dans le sud du Liban. Il s’agit d’un tunnel d’environ 200 mètres de long dans la zone de Majdal Zoun, surnommé la « forteresse des drones », où des centaines de moyens de combat et de lanceurs ont été retrouvés. Les États-Unis avaient été informés de l’opération à l’avance. Rappelons que, dans l’accord-cadre signé entre Israël et le Liban, le retrait israélien du sud du Liban est censé progresser en parallèle du désarmement du Hezbollah et du déploiement élargi de l’armée libanaise.

Une charge contre l’opposition et les médias

Netanyahou est ensuite passé à l’attaque contre ses adversaires politiques et les médias. « Quand je parle aux Américains de la politique israélienne, je leur dis qu’il n’y a pas de gauche-gauche. Tout le monde se fait passer pour de droite, mais au fond ce sont des gens de gauche », a-t-il déclaré. Netanyahou a affirmé que, lors des délibérations du cabinet, certains avaient appelé à accepter les exigences du Hamas : « Au cabinet, ils ont dit : ‘il faut accepter le diktat du Hamas, sortir de la bande, récupérer les otages et revenir s’occuper de Gaza dans deux ou trois ans’. » Il a ajouté : « Ceux qui disent ‘pourquoi n’avez-vous pas obtenu 100 %’ étaient prêts à accepter 0. »

Le Premier ministre a poursuivi en affirmant que s’il avait suivi la position de ces mêmes personnes, l’axe iranien serait resté au sommet de sa puissance. « Si je les avais écoutés et avais arrêté la guerre, l’axe iranien serait resté au sommet de sa puissance, avec Deif, Sinwar, Haniyeh, Nasrallah, Assad et Khamenei », a-t-il dit. Selon Netanyahou, on lui aurait affirmé, lors de conversations privées, qu’il serait possible de présenter la fin de la guerre comme une victoire médiatique : « Dans des conversations intimes, on m’a dit : ‘on va présenter ça comme une image de victoire dans les médias’. Je m’y suis fermement opposé. J’ai dit que s’il y avait une victoire, il y aurait une image — pas avant. »

Netanyahou a également comparé la politique de son gouvernement à celle du gouvernement précédent concernant le Liban. « Ils nous font la leçon ? Ils ont donné un territoire maritime souverain au Liban, nous, nous entrons dans le territoire », a-t-il dit. « Il y a une paix qui vient de notre force — et il y a une capitulation qui vient de leur faiblesse. Le Hezbollah a salué leur accord et maudit le nôtre. C’est ça, la différence. » Le Premier ministre s’en est aussi pris aux médias israéliens : « La plupart des chaînes d’information sont un parti politique. Elles reçoivent les messages de l’opposition, et parfois même elles les fabriquent. »

Sur des sujets liés au front libanais, on peut également lire notre article sur l’extension par Tsahal de ses opérations dans le sud du Liban, ainsi que notre article sur le drapeau israélien planté au cœur d’un bastion du Hezbollah dans le sud du Liban.

 

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