Une violente polémique politique a éclaté ce matin (mardi) en Israël, après que le rabbin Arié Yazdi a qualifié le chef d’état-major Eyal Zamir de « maudit » lors d’une manifestation tenue hier soir contre l’enrôlement des harédim, ajoutant : « Que son nom et sa mémoire soient effacés. »
Lapid dénonce le silence du gouvernement
Le chef de l’opposition Yaïr Lapid s’en est pris ce matin directement au Premier ministre Benjamin Netanyahou et aux ministres du gouvernement pour leur silence face à ces propos. Lapid a condamné les déclarations contre le chef d’état-major et a écrit que, pendant que les harédim incitent contre les combattants et livrent le sang du chef d’état-major, Netanyahou et les ministres se taisent « comme des poissons ».
« Aucun mot de condamnation, aucun mandat d’arrêt pour incitation à la violence. Nos soldats sont des héros, ce gouvernement est un ramassis de lâches », a ajouté Lapid dans sa publication, dénonçant explicitement l’inaction du Likoud face à ces propos qu’il juge extrêmement graves.
Yaïr Golan vise directement le Shas
Le président du parti Hadémocratim, Yaïr Golan, s’est lui aussi joint à la condamnation des propos du rabbin Yazdi, mais a choisi de diriger ses critiques spécifiquement vers le parti Shas, dont plusieurs membres avaient participé à la même manifestation tenue hier soir. « Les députés du Shas étaient assis dans le public et se sont tus face à la mise à mort du chef d’état-major. Le Shas, sous la direction de Déri, a scellé une alliance avec Netanyahou — une alliance de tire-au-flanc, d’incitateurs et de corrompus. Pendant trop longtemps, ils ont bénéficié d’un traitement préférentiel et obtenu un statut de communauté placée au-dessus des autres ; nous leur avons cédé là où il nous était interdit de céder, et maintenant ils incitent contre nous tout en souriant », a-t-il déclaré avec virulence.
Le président de l’État, Itzhak Herzog, a lui aussi réagi sur les réseaux sociaux, écrivant que même en période de désaccord, « il n’y a pas de place pour les malédictions ».
Un climat de tension qui s’aggrave
Lors de cette même manifestation où les propos contre le chef d’état-major ont été prononcés, l’ancien grand rabbin séfarade Yitzhak Yossef a établi un lien entre les pertes au front et la question de l’enrôlement des harédim. Il a expliqué que des soldats tombent au combat parce que, selon lui, les autorités et les juges restreignent les conditions de ceux qui étudient la Torah. Il a ajouté que la victoire dans la guerre n’est pas obtenue grâce aux systèmes de défense comme le Dôme de Fer, mais grâce à ceux qui étudient la Torah. À la fin du discours de Yossef, des cris de « Déri à la maison » se sont fait entendre dans la foule.
Le ministre de la Défense Israël Katz a publié de son côté une déclaration de condamnation sévère des propos tenus. Katz a clairement affirmé condamner fermement ces déclarations, soulignant que le chef d’état-major et les commandants de Tsahal dirigent les combattants sur tous les fronts dans le cadre de la campagne pour la sécurité des citoyens d’Israël. Il a précisé que « toute incitation contre eux est inacceptable, dangereuse et mérite la plus ferme condamnation ».
Cette polémique survient dans un contexte déjà extrêmement tendu autour de la question de l’enrôlement des harédim dans Tsahal, un sujet qui continue de diviser profondément la société israélienne et la classe politique, entre ceux qui exigent une participation égale à l’effort de guerre et ceux qui défendent le statut particulier des étudiants de yeshiva.
Pour mieux comprendre les tensions liées à la question de l’enrôlement des harédim en Israël, ces articles publiés sur notre site offrent un éclairage complémentaire :
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