Les pourparlers en Suisse vont-ils finir en impasse ? Téhéran pose une condition impossible

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La pression internationale sur Israël autour du dossier libanais s’intensifie et menace de torpiller les efforts diplomatiques des grandes puissances. Alors que Tsahal et le Hezbollah continuent d’échanger des tirs en s’accusant mutuellement de violer le cessez-le-feu, Téhéran a posé ses conditions sans ambiguïté : pas d’avancée dans les négociations sans arrêt total des frappes israéliennes. Et il utilise cette crise pour arracher des concessions stratégiques.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghei, a précisé que la réunion quadrilatérale qui doit rassembler les États-Unis, le Qatar, l’Iran et le Pakistan portera avant tout sur la mise en œuvre du cessez-le-feu dans le secteur libanais. Selon lui, Washington n’a pas réussi à garantir l’application de l’arrêt des combats au Liban, ce qui en fait le point central des discussions qui se tiennent ce jour, selon l’agence IRNA. D’autres sujets figureront également à l’ordre du jour : l’exemption de sanctions sur les ventes de pétrole iranien et le dégel des avoirs iraniens.

Des médias iraniens ont par ailleurs cité des sources au sein des Gardiens de la Révolution affirmant que le détroit d’Ormuz reste fermé jusqu’à nouvel ordre — dans le prolongement de l’annonce d’hier sur sa fermeture, présentée comme une riposte aux violations israéliennes au Liban.

Birgenstrock : le cadre des discussions

La réunion multilatérale se tient dans la station balnéaire suisse de Birgenstrock. Des pourparlers au niveau des équipes de travail y auront lieu entre les États-Unis et l’Iran, après avoir été repoussés depuis vendredi dernier en raison d’exigences iraniennes. Les délégations comprennent le vice-président américain J.D. Vance, le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. L’objectif déclaré est de parvenir à un accord final dans un délai de soixante jours, qui inclurait l’ouverture du détroit d’Ormuz à la navigation et une supervision élargie du programme nucléaire du régime des ayatollahs.

Mais la route vers l’accord est semée d’embûches, et le front libanais s’y dresse au centre. Des sources iraniennes ont averti que le flux d’énergie au Moyen-Orient s’arrêterait aussi longtemps que l’accord « ne reste que sur le papier ». Face à cette menace, le Commandement central de l’armée américaine s’est empressé de préciser que le passage dans le détroit reste ouvert et sécurisé, ses forces étant présentes dans la zone pour protéger la voie commerciale.

Une stratégie de négociation délibérée

Les exigences iraniennes sur la question libanaise s’inscrivent dans une stratégie de négociation qui permet à Téhéran d’amplifier la confrontation israélo-américaine sur ce dossier — une confrontation qui a culminé ce week-end, avec des critiques de Trump et de son vice-président à l’égard de Netanyahu et de son gouvernement.

En parallèle, le président iranien Pezeshkian a déclaré que « toutes les clauses du mémorandum d’entente servent nos intérêts » et que les résultats des négociations « seront clairs aux yeux de tous ». Il a annoncé que six milliards de dollars de fonds iraniens détenus au Qatar seraient restitués à l’Iran, et que Trump, qui avait tenté d’empêcher l’Iran de faire valoir ses droits, les a finalement reconnus dans son dernier discours. « La seule condition américaine est que nous ne détenions pas de bombe atomique — ce à quoi nous n’aspirons pas », a-t-il dit, ajoutant avoir signé « un engagement de ne pas détenir d’arme nucléaire à la demande des États-Unis ».

Pendant ce temps, Trump continue de défier les Iraniens sans rester en retrait. Selon l’agence AP, il a menacé d’imposer de lourdes redevances de passage américaines dans le détroit d’Ormuz si les parties ne parvenaient pas à un accord final et permanent.

Pour en savoir plus sur le contexte des négociations Iran-USA, lire : Discours de Netanyahu à la sortie du Chabbat : l’Iran sans bombe, le Hezbollah sous pression, le Hamas dans le viseur

Sur les enjeux stratégiques du détroit d’Ormuz, lire aussi : L’argent enfoui dans le sol : comment l’Iran détient l’un des plus grands trésors du monde

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