L’histoire ce ce juif orthodoxe de New York assassiné en Colombie qui avait épousé une jeune fille de 18 ans

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Il y a des histoires qui, derrière l’horreur d’un fait divers, révèlent quelque chose de plus intime — la solitude, la quête d’appartenance, l’écart parfois abyssal entre ce que l’on cherche et ce que l’on trouve. Celle de Nachum Israel Eber, 51 ans, juif hassidique du quartier de Boro Park à Brooklyn, membre de la communauté Belz, en fait partie.

Son corps a été découvert le dimanche 27 avril dans une rue de Bogotá, la capitale colombienne. Il était démembré, enfermé dans une armoire tachée de sang abandonnée sur la voie publique. L’organisation ZAKA, spécialisée dans le rapatriement de dépouilles de juifs décédés à l’étranger, a été contactée par la famille pour assurer le retour du corps aux États-Unis. L’enquête est en cours, menée par la police colombienne.

Un homme en quête de lien

Pour comprendre ce qu’Eber faisait à Bogotá, il faut remonter quelques années en arrière. Divorcé de sa première femme — avec qui il avait eu quatre enfants et deux petits-enfants — il s’était lancé dans une longue et infructueuse recherche d’une nouvelle épouse. Les shadkhanim, ces entremetteurs traditionnels en usage dans les communautés orthodoxes, n’avaient rien trouvé ni à New York, ni en Ukraine où il avait également cherché. C’est alors qu’il s’était tourné vers un pays inattendu : la Colombie. La raison en était précise : un rabbin de sa communauté s’y rendait régulièrement pour aider des descendants de conversos — des juifs contraints à la conversion forcée lors de l’Inquisition espagnole — à renouer avec leurs racines.

Sur place, Eber avait fini par rencontrer une jeune femme. Les deux s’étaient mariés lors d’une cérémonie à Barranquilla, et un dîner de célébration avait été organisé à Bogotá. Mais le mariage n’avait duré qu’un mois. Ses beaux-parents avaient dissimulé l’âge réel de leur fille : elle n’avait que 18 ans, et avait rapidement pris peur. Yosef Matheron, un Colombien qui s’était lié d’amitié avec Eber et lui servait souvent d’interprète, a raconté la suite au New York Post : « La jeune femme a finalement rompu avec lui, surtout parce qu’elle lui a dit qu’elle ne se sentait pas prête — qu’elle estimait être trop jeune et avoir précipité les choses. Mais ce n’était jamais quelque chose qu’elle avait été forcée de faire. »

Seul, déprimé, mais décidé à rester

Après la rupture en janvier, Matheron avait conseillé à son ami de rentrer à New York pour souffler. Eber avait refusé. « C’est très difficile de vivre seul dans notre communauté. Tout le monde vit avec sa famille et a des enfants à la maison », avait-il expliqué à son ami de Brooklyn. Il voulait trouver une femme avant de rentrer. Cette détermination, mêlée à une dépression manifeste après l’échec de son second mariage, l’avait maintenu à Bogotá bien plus longtemps que prévu.

Matheron le décrit comme un homme « nerveux, très à cran », portant sur lui le poids de deux divorces successifs. Sa tenue vestimentaire — le costume noir, le chapeau, les tsitsit — et ses trois langues entremêlées — le yiddish, l’hébreu, l’anglais — le rendaient immédiatement reconnaissable dans les rues de la capitale colombienne. « Je lui disais : ‘Nachum, ici ce n’est pas New York.’ Il se faisait remarquer partout où il allait », a confié Matheron. Une visibilité qui, dans certains quartiers de Bogotá, n’est pas sans risque. Matheron lui-même avait cessé de l’accompagner dans ses déplacements après avoir été victime de plusieurs vols dans les hébergements qu’ils partageaient.

La dernière conversation connue remonte au 21 avril. Eber avait appelé son ami depuis Brooklyn, et semblait optimiste. Son corps a été retrouvé le 27. Les enquêteurs explorent plusieurs pistes : enlèvement suivi d’un meurtre, agression opportuniste, ou mort ailleurs dont le corps aurait été déplacé pour brouiller les traces.

Un père aimant, une fin brutale

Ses proches insistent sur la dimension humaine d’un homme que la presse tend à réduire à la bizarrerie de son parcours. « Pendant le COVID, il a voyagé jusqu’à Cleveland pour s’occuper de son père malade pendant 100 jours d’affilée — c’est le genre de personne qu’il était », a témoigné un ami. Père de quatre enfants, grand-père de deux petits-enfants, il avait consacré les dernières années de sa vie à une quête qui disait quelque chose de profond sur les contraintes affectives et sociales qui pèsent sur les membres des communautés hassidiques : l’obligation — presque physique — d’appartenir à une cellule familiale, de ne pas vieillir seul.

« Il était venu en Colombie pour trouver une femme. Puis ses rêves se sont refroidis », a résumé son ami. La formule, dans sa sobriété, dit tout.


Ce drame rappelle un autre assassinat survenu dans un pays étranger : 🔴 Un homme d’affaires juif assassiné à Alexandrie, en Égypte, les circonstances restent floues. Plus généralement, les violences subies par des juifs à l’étranger ont été documentées dans ce dossier : Assassinat de Juifs dans le monde : la France ne juge pas l’assassin, le Maroc condamne à mort….

 

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