La parlementaire juive française contre tous : « Elle est très courageuse »

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Il faut un certain caractère pour se battre seule contre son propre camp. Caroline Yadan, députée de la majorité présidentielle, représentante des Français établis en Israël, a choisi cette bataille en sachant qu’elle allait essuyer des tirs des deux côtés — et elle n’a pas bronché.

Sa proposition de loi vise à criminaliser les appels publics à la destruction d’un État reconnu par la France. Dans la bouche de ses défenseurs, c’est un outil indispensable pour combattre une antisémitisme qui s’est habillé en antisionisme. Dans celle de ses adversaires, c’est une menace pour la liberté d’expression et une confusion délibérée entre critique politique et racisme. Le débat qui s’ensuit dit beaucoup sur l’état de la France vis-à-vis de sa communauté juive.

Ce que la loi propose

La proposition de Yadan ne part pas de rien. Elle s’inscrit dans un effort de mise à jour de la législation existante. Le texte cherche à alourdir les peines pour incitation à la haine et soutien au terrorisme. Mais son article central va plus loin : il entend ériger en infraction pénale les appels publics à l’annihilation d’un État reconnu par la France.

Pour ses partisans, la cible est évidente : les slogans réclamant la disparition d’Israël, scandés dans les manifestations françaises depuis le 7 octobre, relèvent d’une incitation à la destruction qui devrait tomber sous le coup de la loi. « L’antisémitisme est un virus qui mute », a expliqué Shanon Saban, directrice d’une organisation de lutte contre l’antisémitisme qui soutient le texte. « Si on ne fait pas évoluer notre arsenal juridique, on ne devrait pas s’étonner que le sentiment d’impunité se poursuive. »

Sa propre famille politique contre elle

Le paradoxe le plus frappant de cette affaire, c’est que l’opposition la plus virulente vient du camp de Yadan elle-même. Des membres du parti Renaissance de Macron — celui auquel elle appartient — ont exprimé leurs réserves sur la ligne dure du texte, estimant que la législation actuelle suffit.

Le député Charles Zitzenshtoul a franchi une étape supplémentaire en appelant ses collègues à « ne pas se lier aux influenceurs de M. Netanyahu » — formule qui vise directement Yadan et sa proximité assumée avec Israël, quand la diplomatie française a multiplié les signes d’hostilité à l’égard de Tel Aviv.

Cette distance prise par Yadan vis-à-vis de la ligne officielle parisienne lui a valu une « critique interne acerbe », selon le texte source, mais elle n’en démord pas.

Les menaces et l’obstination

Le prix de cette obstination est personnel. Yadan a témoigné recevoir « un flot de haine » depuis qu’elle a lancé cette initiative, et qu’elle est la cible de menaces sur sa vie. David Habibi Liote, vice-président du groupe d’amitié France-Israël, lui a apporté son soutien : « Elle est courageuse et subit des attaques abjectes. »

Face à tout cela, Yadan n’a pas cherché à minimiser ni à reculer. Sa position est tranchée : « Je suis exactement là où il faut être, dans mes convictions. Quand je vois le sentiment d’impunité qui existe autour de l’antisémitisme en France, cela montre à quel point la communauté juive a besoin de soutien. »

L’avenir du texte reste incertain. La gauche y est hostile, le centre divisé, la droite favorable. Une pétition contre la loi a déjà récolté un demi-million de signatures. Mais ce qui est certain, c’est que le combat de Yadan a mis en lumière une fracture profonde dans la société française sur ce que signifie lutter contre l’antisémitisme quand celui-ci porte le masque de la politique.

Pour aller plus loin, retrouvez sur infos-israel.news : Décision historique en France : l’antisionisme est antisémite et La France votera pour déterminer si la haine d’Israël est antisémite.

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