En temps de guerre, les mots comptent autant que les bombes. Benny Gantz vient d’en faire l’expérience à ses dépens — ou peut-être délibérément — avec une déclaration qui a mis le feu aux poudres aux États-Unis à un moment particulièrement sensible.
Gantz a déclenché une vive controverse aux États-Unis après avoir déclaré, lors d’une interview sur la chaîne Sky News, qu’il n’excluait pas la possibilité de « bottes sur le terrain en Iran ». maariv
Le contexte rend cette déclaration d’autant plus explosive. Depuis le lancement de l’opération conjointe israélo-américaine contre l’Iran, beaucoup s’interrogeaient sur la nature exacte de la relation entre la grande puissance et le petit État sioniste — et bien sûr sur les liens entre le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le président Donald Trump. Bien qu’il fût connu que la guerre contre l’Iran aurait un coût lourd, la mort de six soldats américains semble avoir provoqué une première vague de réactions aux États-Unis, de la part de personnes affirmant que les États-Unis ne combattent pas leur propre guerre, mais celle d’Israël. maariv
Dans ce climat déjà tendu, la phrase de Gantz est tombée comme une pierre dans un étang. Suggérer que des soldats américains pourraient être déployés sur le sol iranien, même sous forme de question ouverte, a immédiatement alimenté le débat déjà vif sur la nature de l’engagement américain dans ce conflit. Pour une frange de l’opinion publique américaine — et de certains élus du Congrès — c’est exactement le genre de déclaration qui confirme leurs craintes : qu’Israël cherche à entraîner davantage les États-Unis dans une guerre dont ils ne veulent pas porter seuls le fardeau.
La distinction entre une guerre menée par les États-Unis dans leur propre intérêt et une guerre menée pour le compte d’Israël est une ligne de fracture politique américaine ancienne, mais elle se ravive avec une intensité particulière dès lors que des cercueils reviennent au pays. Six soldats morts, c’est peu dans l’absolu — mais c’est énorme politiquement dans une Amérique où le souvenir de l’Irak et de l’Afghanistan reste vivace.
Gantz, qui se positionne dans l’opposition israélienne tout en soutenant le gouvernement de guerre, joue une partition délicate. Sa déclaration sur les bottes américaines en Iran peut être lue de plusieurs façons : comme un appel à un engagement renforcé des alliés, comme une tentative de partager la responsabilité, ou comme une maladresse politique majeure à un moment où Washington est déjà en train de peser le prix de son soutien.
Dans tous les cas, une chose est certaine : la phrase a été entendue, et elle a froissé.






