Après un vol en provenance de Moscou, le chef présumé de la mafia caucasienne arrêté à Ben Gourion

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L’arrestation de Yaniss Yoshebeev, considéré par la police comme l’un des chefs de la mafia caucasienne en Israël, illustre une nouvelle fois la stratégie de prévention musclée adoptée par les forces de l’ordre face à la criminalité organisée. Âgé de 40 ans et résident d’Or Akiva, Yoshebeev a été interpellé mardi soir à l’aéroport Ben Gurion Airport, immédiatement après son atterrissage en provenance de Moscou.

Personnage bien connu des services de renseignement de la police israélienne, et en particulier de l’unité centrale du district côtier, Yoshebeev figure depuis plusieurs années parmi les cibles prioritaires des forces de sécurité. Selon des sources policières, son arrestation repose sur des informations récentes faisant état d’un projet concret de règlement de comptes contre des organisations criminelles rivales. Ces renseignements ont conduit la police à agir dès son retour sur le sol israélien, afin de neutraliser toute menace immédiate.

D’après les enquêteurs, Yoshebeev aurait profité de séjours prolongés à l’étranger – notamment à Dubaï et en Russie – pour coordonner des activités criminelles, renforcer ses alliances et préparer des actions violentes. « Il s’agit d’un individu extrêmement dangereux, disposant d’un réseau structuré et de nombreux exécutants sur le terrain », confie une source policière. « Par le passé, il a échappé à plusieurs dossiers graves faute de preuves suffisantes, mais son influence n’a jamais diminué ».

Cette fois-ci, la police ne se contente pas d’un simple interrogatoire. Après une nuit de détention, Yoshebeev a été présenté au tribunal de première instance de Hadera, où la police a demandé la prolongation de sa garde à vue ainsi qu’une mesure administrative d’éloignement forcé de sa ville de résidence pour plusieurs semaines. L’objectif affiché : empêcher toute escalade violente dans la région et désorganiser les réseaux criminels avant qu’ils ne passent à l’acte.

Cette demande s’inscrit dans une tendance de plus en plus marquée des autorités israéliennes, qui privilégient des mesures préventives – restrictions de déplacement, assignations à résidence, interdictions de contact – face à des figures du crime organisé dont l’implication directe dans un acte précis reste difficile à prouver juridiquement, mais dont la dangerosité est jugée élevée.

De son côté, Yoshebeev rejette fermement les accusations. Par l’intermédiaire de son avocat, Rotem Cohen, il affirme être victime d’un harcèlement systématique de la part de la police. Selon la défense, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une « persécution » fondée sur des soupçons non étayés. « Mon client a été arrêté à plusieurs reprises ces dernières années, placé en détention, puis relâché sans qu’aucun acte d’accusation ne soit déposé », a déclaré Me Cohen, dénonçant une atteinte répétée aux droits fondamentaux.

Effectivement, au cours des deux dernières années, Yoshebeev a été impliqué dans plusieurs enquêtes pour des affaires graves, sans qu’aucune n’aboutisse à un procès. Pour ses avocats, cette situation démontre l’absence de preuves solides. Pour la police, elle illustre au contraire la difficulté chronique à faire tomber des chefs de réseaux criminels expérimentés, qui savent déléguer les actes violents et maintenir une distance juridique avec les crimes commis en leur nom.

L’affaire met en lumière un dilemme récurrent dans la lutte contre la criminalité organisée en Israël : comment protéger la sécurité publique face à des individus jugés extrêmement dangereux, sans franchir les limites de l’État de droit ? Les forces de l’ordre défendent une approche pragmatique, estimant que l’inaction pourrait coûter des vies. Les avocats, eux, mettent en garde contre une dérive où le soupçon se substituerait à la preuve.

Le phénomène de la mafia caucasienne, implantée depuis plusieurs années en Israël, constitue un défi majeur pour la police. Ces groupes, souvent structurés sur des bases familiales et ethniques solides, disposent de connexions internationales, notamment en Europe de l’Est et en Russie, ce qui complique le travail des enquêteurs. Les voyages fréquents à l’étranger, comme ceux attribués à Yoshebeev, renforcent ces soupçons de coordination transnationale.

La décision du tribunal de Hadera sera déterminante. Il devra trancher entre les arguments sécuritaires de la police et les accusations d’abus formulées par la défense. En attendant, l’arrestation de Yoshebeev envoie un message clair : les autorités israéliennes entendent frapper en amont, avant que les conflits entre organisations criminelles ne dégénèrent en violences ouvertes dans les rues.

Reste à savoir si cette stratégie de prévention renforcée résistera à l’épreuve judiciaire – et si, cette fois, les soupçons accumulés depuis des années se transformeront enfin en un dossier pénal solide.

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