La tension sécuritaire au Moyen-Orient continue de monter d’un cran. Lors de la conférence du journal Hayom en Galilée supérieure, le général de brigade (réserve) Amir Avivi, président du mouvement Bithonistim, a livré une analyse alarmante mais structurée de la situation stratégique d’Israël. Selon lui, la perception selon laquelle la guerre serait terminée est erronée : Israël entre dans une phase de reprise des combats, sur plusieurs fronts simultanément, avec l’Iran au cœur de l’équation.
« La guerre n’est pas terminée, elle change de forme »
Dès le début de son intervention, Avivi a tenu à corriger ce qu’il considère comme une illusion dangereuse dans l’opinion publique.
« Lorsque nous avons accepté un cessez-le-feu, beaucoup ont compris que la guerre était finie. C’est faux », a-t-il affirmé. « Nous entrons dans une période de renouvellement des combats, sur l’ensemble des fronts. »
Selon lui, la situation au Liban, la relative accalmie face au Hezbollah et les développements régionaux sont directement liés à ce qui se joue actuellement avec l’Iran. Israël, affirme-t-il, se prépare activement à une confrontation élargie.
Une possible frappe israélienne avant Washington
La déclaration la plus marquante de son intervention concerne l’ordre des opérations militaires contre Téhéran.
« Il est possible qu’Israël lance une attaque contre l’Iran avant les Américains », a déclaré Avivi, soulignant que les dirigeants iraniens envisagent déjà des scénarios dans lesquels leurs proxys seraient engagés simultanément afin de ne pas rester isolés.
Il évoque une forte probabilité d’un scénario combiné :
– une frappe majeure contre des cibles iraniennes,
– accompagnée de tirs et d’attaques depuis d’autres fronts régionaux, notamment le Liban.
Cette analyse expliquerait, selon lui, les frappes continues de Tsahal au Liban, destinées à maintenir la pression sur le Hezbollah et à réduire sa capacité de nuisance en cas d’escalade régionale.
Le Hezbollah et la stratégie de dissuasion
Avivi s’est montré catégorique sur la réponse israélienne en cas d’ouverture des hostilités par le Hezbollah :
« Si le Hezbollah ouvre le feu, Tsahal le frappera jusqu’à l’effondrement. »
Mais il insiste sur un point stratégique central : le véritable verrou de la région n’est pas Beyrouth, mais Téhéran.
« La clé, c’est la chute du régime iranien. Cela entraînerait l’effondrement de tous ses proxys », a-t-il affirmé. Une orientation stratégique qui, selon lui, a évolué ces derniers mois, sous l’effet conjugué de la détermination américaine et des changements géopolitiques régionaux.
Une crise interne tout aussi dangereuse
Au-delà des menaces extérieures, Avivi a consacré une large partie de son intervention à ce qu’il décrit comme une crise interne profonde en Israël.
« La sécurité se construit de l’intérieur vers l’extérieur. Quand l’intérieur est pourri, cela finit par exploser à l’extérieur », a-t-il averti.
Il évoque une perte de contrôle de l’État dans plusieurs régions : Galilée, Néguev, Judée-Samarie. Selon lui, le phénomène du racket (protection), la criminalité organisée et la prolifération massive d’armes illégales — jusqu’à un million selon certaines estimations — constituent une menace nationale, pas seulement criminelle.
« 80 % des commerces du Nord sont soumis au racket. L’État est lui-même sous protection », a-t-il lancé, dénonçant l’incapacité des institutions à définir clairement la situation comme une véritable guerre intérieure.
Appel à un changement de paradigme
Pour Avivi, les outils classiques du droit pénal sont insuffisants. Il appelle à une mobilisation coordonnée des forces de sécurité, incluant le Shin Bet, et à un leadership politique capable de nommer la réalité sans détour.
« Quand Israël décide qu’un sujet est prioritaire, elle sait le traiter. Le problème, c’est que l’État n’est pas encore entré dans l’événement. »
Un avertissement stratégique clair
Les propos du général Avivi résonnent comme un avertissement stratégique :
– la guerre est loin d’être terminée,
– l’Iran est au centre de la prochaine phase,
– et Israël pourrait agir de manière autonome, si nécessaire, avant ses alliés.
Dans un contexte régional de plus en plus instable, son message est limpide : la prochaine confrontation pourrait être plus large, plus simultanée et plus décisive que les précédentes.






