La tension entre les États-Unis et l’Iran a franchi un nouveau seuil ce mercredi, après une déclaration particulièrement agressive du président américain Donald Trump. Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Trump a exhorté Téhéran à revenir immédiatement à la table des négociations en vue d’un nouvel accord nucléaire, tout en brandissant la menace explicite d’une intervention militaire massive en cas de refus.
« Une armada massive est en route »
Dans son message, Trump affirme qu’une force navale américaine de grande ampleur se dirige vers la région, évoquant une « armada massive » prête à agir « rapidement et avec violence » si nécessaire. Il cite notamment le porte-avions USS Abraham Lincoln, récemment déployé au Moyen-Orient, qu’il décrit comme le fer de lance d’un dispositif plus important encore que celui utilisé récemment face au Venezuela.
« Le temps est compté. J’espère que l’Iran fera le bon choix et conclura un accord juste – sans armes nucléaires. La dernière fois qu’ils ont refusé, cela s’est terminé par une destruction massive. La prochaine attaque sera bien plus dure », a écrit Trump.
Le président américain insiste sur le fait qu’il privilégie toujours un accord, mais qu’il n’hésitera pas à recourir à la force si Téhéran persiste à refuser toute concession.
Refus iranien de négocier sous la menace
La réponse iranienne n’a pas tardé. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a nié toute reprise actuelle de négociations avec Washington, affirmant qu’aucun dialogue ne pouvait avoir lieu sous la contrainte militaire.
« Les négociations ne se font pas sous la menace. Les États-Unis doivent comprendre qu’un dialogue ne peut exister que sur la base du respect et de l’égalité », a-t-il déclaré.
Selon des sources iraniennes citées par des médias régionaux, la priorité actuelle de Téhéran serait la préparation à une éventuelle guerre, avec un niveau d’alerte relevé à ce qui est décrit comme « 200 % ». Les autorités iraniennes assurent que toute attaque américaine entraînerait une riposte ciblée contre les bases ou points de départ des opérations.
Risque d’embrasement régional
Cette escalade verbale intervient dans un contexte déjà explosif, marqué par une grave crise interne en Iran. Depuis la fin décembre, le pays est secoué par une vague de manifestations sans précédent depuis la révolution islamique de 1979. La répression violente menée par le régime a suscité une condamnation internationale croissante et renforcé la pression exercée par Washington.
Trump, qui avait publiquement soutenu les manifestants iraniens, oscille depuis plusieurs semaines entre menaces militaires directes et appels à la négociation, une stratégie que ses proches décrivent comme une tentative de forcer Téhéran à céder sans guerre ouverte.
Israël en alerte maximale
En toile de fond, Israël observe la situation avec une extrême vigilance. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a récemment averti que toute attaque iranienne contre Israël constituerait une « erreur fatale », promettant une réponse d’une ampleur inédite.
Les responsables sécuritaires israéliens redoutent qu’en cas de confrontation directe entre Washington et Téhéran, les proxys iraniens – Hezbollah au Liban, milices en Irak ou Houthis au Yémen – puissent ouvrir des fronts parallèles, entraînant une escalade régionale majeure.
Une stratégie du bord du gouffre
La rhétorique de Trump marque un retour assumé à la politique de pression maximale, combinant sanctions, déploiement militaire et ultimatum public. Si cette stratégie vise officiellement à empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, elle accroît également le risque d’erreur de calcul dans une région déjà instable.
À ce stade, aucun canal diplomatique formel n’a été annoncé, mais Washington affirme que les lignes de communication restent ouvertes. Reste à savoir si l’Iran cédera à la pression ou choisira l’épreuve de force, dans ce qui pourrait devenir l’une des crises géopolitiques majeures de l’année.






