« On a activé des bots contre moi » : la grande perdante des municipales à Netanya dénonce une manipulation numérique massive

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La lourde défaite de Netanya aux élections municipales ne serait pas uniquement le résultat d’un vote démocratique classique. C’est en tout cas ce qu’affirme Tali Molner, adjointe et maire par intérim avant le scrutin, qui accuse une campagne coordonnée de bots et de comptes fictifs étrangers d’avoir été déployée contre elle afin de la discréditer auprès de l’électorat local.

Tali Molner, donnée comme une candidate sérieuse face à Avi Salama, espérait atteindre au minimum un second tour. Le résultat a pourtant été sans appel : 68,08 % des voix pour Salama, contre 27,3 % pour Molner. Un écart considérable qui, selon elle, ne s’explique pas uniquement par les rapports de force politiques traditionnels à Netanya.

Dans un message publié sur Facebook après l’annonce des résultats, Molner affirme qu’un dispositif numérique sophistiqué a été activé contre elle. « Des bots liés à des comptes fictifs depuis l’étranger ont travaillé sans relâche pour me présenter comme une candidate d’extrême gauche radicale », écrit-elle. Elle ajoute que des sommes importantes auraient été investies pour acheter et faire fonctionner ces réseaux automatisés.

Selon son témoignage, l’opération aurait commencé de manière apparemment anodine : un faux profil se présentant comme un habitant de Netanya publie un message affirmant qu’elle aurait promis d’organiser des marches des fiertés dans la ville. Rapidement, d’autres publications suivent, toutes mensongères : Molner aurait, selon ces posts, promis des mariages civils dans le bâtiment de la mairie, soutenu le mouvement « Frères d’armes », distribué des sandwichs au porc à des militants, ou encore encouragé des événements de femmes mettant les téfilines.

ראש עיריית נתניה הנכנס אבי סלמה , אפרת אשל

« Et c’est ainsi que cela a fonctionné », explique-t-elle. « Chaque jour, un nouveau post mensonger. D’une candidate parlant de Shabbat, de spectacles, de navettes et de food trucks, je suis devenue en ligne une candidate décrite comme une ‘menace pour la ville’, une extrémiste dont il fallait s’éloigner. » Molner précise que son équipe a immédiatement réagi pour démentir ces informations, mais que le mal était déjà fait : en quelques secondes, les messages étaient relayés à des milliers de personnes dans les groupes Facebook et WhatsApp de Netanya et de ses environs.

Cette rapidité de diffusion, souligne-t-elle, illustre la dangerosité des campagnes de désinformation à l’ère de l’intelligence artificielle. « Dans le monde de l’IA et des utilisateurs fictifs, c’est facile et extrêmement dangereux », avertit-elle. Pour Molner, son cas n’est qu’un avant-goût de ce qui attend la politique israélienne à l’échelle nationale. « Cela m’est arrivé aujourd’hui. Cela arrivera demain à d’autres candidats, y compris lors des élections à la Knesset », prévient-elle, appelant le public à la vigilance, au signalement des faux contenus et au refus de les partager.

Du côté du vainqueur, Avi Salama, aucune réponse directe n’a été formulée à ces accusations. Son entourage se contente de souligner l’ampleur du soutien populaire exprimé dans les urnes et la volonté de « tourner la page » pour se concentrer sur la gestion de la ville. Aucune enquête officielle n’a, à ce stade, été annoncée concernant les allégations de Molner.

Cette affaire relance toutefois un débat sensible en Israël : celui de la manipulation des élections locales par des moyens numériques, longtemps perçue comme un problème réservé aux grandes puissances ou aux scrutins nationaux. Si les accusations de Molner étaient avérées, elles montreraient que même une élection municipale peut devenir la cible d’opérations d’influence sophistiquées, difficiles à détecter et presque impossibles à contrer en temps réel.

À Netanya, le scrutin est clos et le nouveau maire est déjà en fonction. Mais le doute semé par ces révélations pourrait bien dépasser le cadre local. Car derrière cette défaite électorale se dessine une question plus large, et plus inquiétante : dans quelle mesure les citoyens votent-ils encore sur la base de faits réels, et non de narratifs artificiellement fabriqués ?

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