Évaluation sécuritaire exceptionnelle en Israël : l’Iran cherche un théâtre alternatif

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A view shows a military parade held by the Houthis to mark the anniversary of their takeover in Sanaa, Yemen September 21, 2023. Houthi Media Office/Handout via Reuters
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Une évaluation de situation inhabituelle menée ces derniers jours au sein de Tsahal met en lumière une inquiétude croissante : à mesure que l’intensité des combats diminue sur les fronts de Gaza, du Liban et de la Syrie, l’Iran et son réseau de proxys pourraient chercher à déplacer leurs efforts vers de nouveaux théâtres d’affrontement, en particulier la Judée-Samarie et la frontière orientale d’Israël. Les responsables militaires estiment que ce glissement stratégique pourrait se traduire par une montée graduelle des tentatives terroristes, voire par des scénarios d’escalade plus larges.

Selon des sources sécuritaires, l’Iran pourrait encourager ses alliés régionaux — notamment les Houthis au Yémen ainsi que des milices pro-iraniennes actives en Irak et en Syrie — à exploiter le territoire jordanien comme zone de transit ou de projection d’attaques contre Israël. Les scénarios envisagés vont d’actions ponctuelles à des tentatives coordonnées rappelant, par leur ampleur, l’attaque du 7 octobre.

L’attention se concentre particulièrement sur la frontière orientale. À Tsahal, on n’exclut pas que des cellules radicalisées, qu’elles soient organisées ou composées d’individus isolés, tentent de frapper depuis la Jordanie. Cette crainte s’appuie sur des précédents récents : l’attaque au passage d’Allenby, où un officier et un soldat israéliens ont été tués il y a quelques mois, ou encore l’attentat près de Jéricho, qui a coûté la vie à des travailleurs israéliens au terminal de fret. Ces événements servent désormais de références concrètes dans les scénarios de planification militaire.

Face à ces risques, Tsahal accélère la montée en puissance de l’« Division de l’Est 96 », créée l’été dernier. Cette nouvelle formation a déjà reçu la responsabilité opérationnelle d’un large tronçon de la frontière orientale, depuis Hamat Gader au nord jusqu’aux abords de la vallée de l’Arava. Dans les semaines à venir, son périmètre devrait s’étendre davantage vers le sud, avec pour objectif final le déploiement de deux brigades régionales — une au nord, une au sud — chargées de sécuriser l’ensemble de la frontière, d’Eilat jusqu’au Golan.

Le commandement central de Tsahal supervise ce renforcement, qui repose sur un modèle combinant forces régulières et réservistes. En cas d’urgence, cinq brigades doivent être activées rapidement. Une innovation majeure accompagne ce dispositif : chaque réserviste se voit attribuer un coffre sécurisé à domicile, destiné à stocker son fusil, son casque et son équipement de combat. Le premier bataillon concerné, surnommé « le bataillon des Vallées », a déjà été soumis à plusieurs exercices surprises ces derniers mois. À chaque fois, l’ensemble des combattants a rejoint en un temps record les positions défensives prévues.

Parallèlement à cette préparation militaire, Tsahal a dressé le bilan sécuritaire de l’année 2025. Les chiffres montrent une baisse notable du nombre global d’attentats : 57 incidents recensés en 2025 contre 238 en 2024, soit une diminution de 77 %. Toutefois, cette amélioration statistique ne dissipe pas toutes les inquiétudes. En 2024, 35 civils et soldats avaient été tués dans des attaques en Judée-Samarie ou en Israël menées par des assaillants originaires de ces territoires, auxquels s’ajoutaient trois victimes d’attaques venues de Jordanie. En 2025, le bilan fait état de 20 morts dans des attentats issus de Judée-Samarie et de deux victimes supplémentaires liées à des attaques transfrontalières depuis la Jordanie.

Un autre sujet de préoccupation majeur concerne la montée de la violence nationaliste juive en Judée-Samarie. Selon les données du commandement central, les actes relevant de ce phénomène ont augmenté de plus de 27 % en 2025, avec 867 incidents recensés contre 682 l’année précédente. Plus alarmant encore, la gravité des faits s’est accrue : 128 événements qualifiés de « graves » ont été enregistrés, incluant des incendies criminels de maisons habitées et de véhicules. Un haut responsable militaire a décrit ces auteurs comme « une jeunesse livrée à elle-même, agissant sous couvert d’une idéologie extrême qui, en réalité, n’en est pas une ».

Les autorités militaires pointent également du doigt les limites de la réponse judiciaire. D’après Tsahal, certains tribunaux minimisent la portée des ordres militaires — les « ordres d’un général » — et n’assurent pas toujours une dissuasion suffisante. Le contrôle des personnes visées par des ordonnances d’éloignement ou des assignations à résidence avec bracelet électronique s’avère lui aussi problématique, alimentant un sentiment de frustration au sein de l’appareil sécuritaire.

À cela s’ajoute la question des travailleurs palestiniens en situation irrégulière. Les estimations conjointes de Tsahal, du Shin Bet et de la police font état de 50 000 à 70 000 personnes présentes en permanence en Israël sans permis. Chaque jour, entre 1 600 et 3 000 Palestiniens franchiraient la barrière de sécurité, principalement via la périphérie de Jérusalem ou des secteurs sous responsabilité militaire. Beaucoup traversent dissimulés dans des compartiments de véhicules, rendant la surveillance extrêmement complexe.

Conscientes que la sécurité ne peut reposer uniquement sur des mesures coercitives, les autorités militaires recommandent au niveau politique de promouvoir le développement de zones industrielles et de pôles d’emploi en Judée-Samarie, tels que les parcs de Barqan ou de Ma’ale Ephraim. L’objectif affiché est de réduire le chômage et la détresse économique au sein de l’Autorité palestinienne, facteurs susceptibles d’alimenter l’instabilité.

En définitive, cette évaluation sécuritaire exceptionnelle révèle une réalité stratégique en mutation. Si les fronts classiques semblent marquer le pas, la menace ne disparaît pas ; elle se transforme. Pour Tsahal, l’enjeu est désormais d’anticiper un déplacement de l’effort iranien vers des zones perçues comme plus vulnérables, tout en maintenant un équilibre délicat entre fermeté militaire, coopération régionale et gestion des tensions internes. Dans ce contexte, la frontière orientale et la Judée-Samarie apparaissent comme les prochains points de friction potentiels d’un conflit régional en constante recomposition.

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