Dans un message publié dans la nuit de mardi à mercredi sur le réseau X, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, a appelé ouvertement l’armée iranienne à se ranger du côté des manifestants et à cesser de servir la République islamique. Cette prise de position intervient alors que les manifestations contre le régime se poursuivent à travers le pays, sur fond de répression violente et de signaux croissants d’une possible implication américaine.
S’adressant directement au peuple iranien, Reza Pahlavi a affirmé que la mobilisation populaire n’était plus ignorée par la communauté internationale. « Le monde n’a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, il réagit désormais. Vous avez probablement entendu le message du président des États-Unis. L’aide est en route », a-t-il écrit, faisant écho aux déclarations récentes de Donald Trump en soutien aux manifestants.
Dans son message, Pahlavi a exhorté les protestataires à ne pas permettre au régime de donner l’illusion d’un retour à la normale. Il a décrit une rupture irréversible entre la population et les autorités, déclarant qu’« après tous ces massacres, il y a une mer de sang entre nous et ce régime ». Selon lui, toute tentative du pouvoir de reprendre le contrôle par la force ne ferait qu’accentuer la colère populaire.
Le cœur de son appel s’est toutefois adressé aux forces armées iraniennes. Dans un message direct aux soldats, Reza Pahlavi a affirmé : « Vous êtes l’armée nationale de l’Iran, pas l’armée de la République islamique. Vous avez le devoir de protéger la vie de vos compatriotes. Vous n’avez plus beaucoup de temps. Rejoignez-les dès que possible. » Cet appel vise explicitement à provoquer une fracture au sein de l’appareil sécuritaire, pilier central du maintien du régime.
Ces déclarations surviennent alors que les organisations de défense des droits humains continuent de faire état d’un lourd bilan humain. L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) rapporte, sur la base de données vérifiées, que plus de 2 400 personnes ont été tuées depuis le début de la répression et que plus de 18 000 manifestants ont été arrêtés à travers le pays.
Parallèlement, le président américain a été interrogé par la chaîne CBS sur la possibilité d’une action militaire américaine contre l’Iran. Sans détailler les options envisagées, des responsables de l’administration ont indiqué qu’une telle frappe était « plus probable que l’inverse ». Donald Trump est d’ailleurs rentré à la Maison-Blanche pour des consultations et des réunions d’évaluation de la situation iranienne dans le Bureau ovale.
Interrogé ultérieurement sur ce qu’il entendait par « l’aide est en route », le président américain a évoqué différentes formes de soutien, notamment économique, tout en soulignant que les États-Unis n’avaient pas l’intention d’aider le régime iranien. Il a insisté sur le fait que l’ampleur réelle des pertes humaines restait difficile à établir, mais que les chiffres évoqués semblaient suffisamment élevés pour créer, selon ses mots, « d’énormes problèmes » pour les autorités de Téhéran.








