La capture spectaculaire du président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération américaine à Caracas a mis en lumière l’une des unités les plus secrètes et redoutées de l’armée des États-Unis. Selon plusieurs sources sécuritaires américaines, une seule force disposait du niveau de discrétion, de précision et de capacité opérationnelle requis pour une mission aussi sensible : la Delta Force, également connue sous son nom officiel de 1st Special Forces Operational Detachment-Delta.
Spécialisée dans les opérations clandestines à très haut risque, la Delta Force est considérée comme le fer de lance des forces spéciales américaines pour les missions de capture ou d’élimination de cibles de tout premier plan en territoire hostile. L’opération menée au Venezuela s’inscrit dans une longue série d’actions attribuées à cette unité d’élite, souvent menées loin des projecteurs et rarement reconnues officiellement par Washington.
Créée en 1977 à l’initiative du colonel Charles Beckwith, vétéran influencé par le modèle du SAS britannique, la Delta Force est née dans un contexte de montée du terrorisme international. Son objectif initial était clair : doter les États-Unis d’une unité capable de répondre rapidement et efficacement aux prises d’otages, aux menaces terroristes transnationales et aux opérations spéciales les plus complexes.
Le recrutement au sein de la Delta Force est réputé pour être l’un des plus sélectifs au monde. Les candidats sont issus d’unités déjà prestigieuses de l’armée américaine, notamment les Green Berets. Après une sélection physique et psychologique extrêmement exigeante, seuls quelques-uns sont retenus. Ils suivent ensuite un entraînement intensif couvrant le combat rapproché, le renseignement humain, les opérations nocturnes, l’infiltration aérienne et les interventions en milieu urbain dense.
Au fil des décennies, la Delta Force a été associée à certaines des opérations les plus marquantes de l’histoire militaire américaine. En 2003, ses opérateurs ont participé à la capture de Saddam Hussein en Irak. En 2019, ils ont joué un rôle central dans l’opération ayant conduit à l’élimination du chef de l’organisation État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, en Syrie. Ces missions ont forgé la réputation d’une unité capable de frapper vite, loin et avec une précision chirurgicale.
D’après les informations disponibles, l’opération menée à Caracas aurait mobilisé des équipes d’assaut autonomes appuyées par des moyens aériens, notamment des hélicoptères de type Black Hawk, ainsi qu’un important dispositif de renseignement en amont. La rapidité de l’intervention et l’extraction du dirigeant vénézuélien hors du pays témoignent d’une planification minutieuse et d’une maîtrise totale du tempo opérationnel.
Malgré sa notoriété, la Delta Force demeure enveloppée d’un secret quasi absolu. La majorité de ses missions ne sont jamais rendues publiques, et les détails concernant la capture de Maduro restent, à ce stade, largement classifiés. Ce silence fait partie intégrante de la doctrine de l’unité, dont l’efficacité repose autant sur la surprise que sur la discrétion.
La révélation de son implication dans cette opération exceptionnelle souligne l’importance stratégique que Washington accordait à la neutralisation du régime vénézuélien. Elle envoie également un message clair à d’autres dirigeants accusés de violations graves : même au sommet de l’État, nul n’est hors de portée des forces spéciales américaines.








