Yinon Magal attaque frontalement : « Ne faites pas la leçon aux haredim quand vos filles ne servent pas et que vos fils font un service raccourci »

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Une séquence particulièrement tendue diffusée sur ערוץ 14 a ravivé une fracture ancienne mais toujours explosive au sein de la société israélienne : celle du service militaire et de la légitimité morale à en débattre. Lors d’un débat houleux dans l’émission הפטריוטים, son animateur ינון מגל a lancé une attaque directe et sans détour contre le camp de la droite religieuse sioniste, estimant que ce dernier n’était pas en position de critiquer le public haredi sur la question du non-service militaire.

Selon Yinon Magal, l’indignation affichée par certains représentants et militants de la mouvance sioniste religieuse relève d’une profonde hypocrisie. « Ne parlez pas des haredim », a-t-il martelé à l’antenne, « quand les filles de la sionisme religieuse ne font pas l’armée et que les garçons servent dans des cadres raccourcis ». Une accusation lourde, formulée dans un ton offensif, qui a immédiatement électrisé le plateau.

Le cœur de l’argumentation de Magal repose sur un parallèle qu’il juge incontournable. D’un côté, la critique incessante du monde haredi, accusé d’échapper au fardeau sécuritaire national. De l’autre, une réalité plus complexe au sein de la sionisme religieuse : une large proportion de jeunes femmes ne servant pas dans Tsahal, et de nombreux jeunes hommes effectuant un service réduit dans le cadre des yeshivot hesder, combinant études religieuses et service militaire raccourci. Pour Magal, cette situation invalide toute posture moralisatrice à l’égard des haredim.

L’échange s’est enflammé dans le contexte d’une polémique parallèle autour de Noa Mevorakh, figure centrale de l’organisation « Partenaires du service », regroupant des femmes de réservistes. Des publications récentes dans des feuillets de shabbat ont mis en cause son implication supposée dans des activités d’organisations de gauche. Le journaliste Amichai Attali a tenté d’apaiser les attaques en rappelant que le mari de Mevorakh avait servi plus de 350 jours de réserve pendant la guerre, soulignant le prix personnel et familial payé par de nombreux foyers.

C’est précisément à ce moment que Yinon Magal est monté au créneau. Coupant court à toute tentative de contextualisation, il a lancé : « Noa Mevorakh, elle a fait l’armée ? Elle a fait l’armée ? ». Pour lui, la question du service personnel prime sur toute autre considération. Le sacrifice du conjoint, aussi réel soit-il, ne saurait effacer le fait que certaines voix influentes dans le débat public n’ont pas elles-mêmes porté l’uniforme.

Magal a poursuivi en élargissant encore son propos : « Tant que la sionisme religieuse ne fait pas un service militaire complet, elle n’a aucune légitimité pour attaquer les haredim ». Une affirmation qui vise directement un électorat traditionnellement perçu comme pilier idéologique et militaire de la droite israélienne, et qui a provoqué un malaise visible sur le plateau.

Le chroniqueur Yotam Zimri, également présent, a ajouté une couche supplémentaire au débat, accusant certains acteurs du discours public de glisser vers une logique dangereuse. Selon lui, derrière certaines prises de position se cacherait l’idée que « celui qui ne sert pas n’a pas le droit de voter ». Une vision qu’il a qualifiée de profondément problématique, allant jusqu’à employer le terme de « fascisme », affirmant que « c’est dans ces endroits-là qu’il se niche ».

Au-delà de la polémique immédiate, cet échange met en lumière une tension profonde et persistante dans la société israélienne : celle de la répartition du fardeau sécuritaire et de la hiérarchie morale qui en découle. Le débat n’oppose plus seulement haredim et laïcs, mais fracture désormais la droite elle-même, entre sionisme religieux et autres composantes du camp national.

En s’attaquant frontalement à la sionisme religieuse, Yinon Magal a brisé un tabou rarement abordé avec autant de brutalité dans les médias de droite. Sa sortie révèle une lassitude croissante face à un discours jugé sélectif, où chacun exige des sacrifices de l’autre sans toujours regarder ses propres angles morts.

Cette séquence, virale en quelques heures, illustre à quel point la question du service militaire est devenue un champ de mines politique et émotionnel. Elle montre aussi que, dans une Israël marquée par des années de guerre, de réserves prolongées et de tensions internes, la patience face aux discours moralisateurs s’amenuise rapidement — y compris au sein des camps idéologiques traditionnellement alliés.

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