Une affaire inhabituelle devant la Cour suprême : un Palestinien en conversion marié à une Israélienne arrêté sans mandat

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C’est une histoire qui illustre à la fois la complexité du terrain sécuritaire en Judée-Samarie et les zones grises du droit. Cette semaine, un Palestinien engagé dans un processus de conversion au judaïsme, marié à une citoyenne israélienne originaire d’Ofra, a été arrêté dans un village près d’Hébron – sans mandat, sans explication claire, et surtout sans qu’aucun organe d’enquête n’ait officiellement demandé sa détention. L’affaire a atterri en urgence devant la Cour suprême, suscitant un embarras rare.

Selon le récit de son épouse, relayé par i24News, les soldats venus l’interpeller n’ont donné aucune justification. L’homme, dont l’état de santé s’est détérioré, a été transféré menotté à l’hôpital, puis a disparu sans que sa femme puisse le localiser. Interdit de voir un avocat, son cas a immédiatement fait l’objet d’une requête au Bagatz (Cour suprême) exigeant sa libération ou sa présentation devant un juge.

Lors de l’audience, le juge Noam Sohlberg a découvert que la détention n’avait été demandée par aucune autorité d’enquête. Face à cette anomalie, il a ordonné sa remise en liberté. Dans sa décision, il a exigé de l’État qu’il fournisse des explications précises sur « le déroulement des événements qui ont conduit à un emprisonnement sans base juridique claire ».

L’armée israélienne a de son côté affirmé qu’une opération dans le village avait permis de découvrir un tunnel souterrain sous la maison du détenu. Mais aucune explication n’a été donnée quant au caractère irrégulier de son arrestation. L’intéressé, pour sa part, nie toute activité hostile et affirme qu’il s’agit d’un simple puits d’eaux usées creusé avec l’autorisation municipale, un dispositif courant dans la région.

Dans un entretien accordé au quotidien Haaretz après sa libération, l’homme accuse un habitant du village d’avoir orchestré une vengeance personnelle : « Dans le village, ils m’appellent ‘le Juif’, parce que je défends Israël et que je n’ai aucun problème à le dire. Cet homme m’a dit que je recevrais une correction comme jamais. Deux jours plus tard, l’armée et la police sont venues m’arrêter. »

Son épouse, rencontrée à l’origine sur TikTok et qu’il a épousée en Jordanie, estime également qu’il s’agit d’un « règlement de comptes » de la part de voisins hostiles à leur union. « C’est une véritable chasse à l’homme, motivée par son mariage avec une femme juive », déclare-t-elle.

Cette affaire, au carrefour de la sécurité, du droit et des tensions identitaires, met en lumière la fragilité des équilibres dans les villages palestiniens où des voix dissonantes – favorables à Israël ou engagées dans des trajectoires atypiques comme la conversion – peuvent devenir la cible de leurs propres communautés.

Au-delà de l’incident individuel, c’est une question plus large qui émerge : comment garantir l’État de droit dans un contexte où l’armée mène des opérations incessantes contre le terrorisme, mais où chaque dérapage juridique alimente la critique internationale ? La Cour suprême, en exigeant des explications, rappelle que même en situation de guerre asymétrique, les procédures doivent être respectées.

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