Un accord avec l’Iran serait mauvais – mais voici les lignes rouges sur lesquelles Israël ne peut en aucun cas céder

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Par Tamir Hayman, ancien chef du renseignement militaire israélien et président de l’INSS

Selon Tamir Hayman, les circonstances actuelles rendent tout accord international destiné à sauver le régime iranien fondamentalement contraire aux intérêts sécuritaires d’Israël. Contrairement aux années précédentes, l’Iran ne disposerait plus, à ce stade, d’un projet nucléaire opérationnel, notamment à la suite des actions menées durant la récente « guerre des 12 jours ». Parallèlement, le régime des mollahs traverse une crise interne profonde, alimentée par une situation économique catastrophique et des mouvements de contestation qui fragilisent durablement sa stabilité. Dans ce contexte, offrir aujourd’hui un accord à Téhéran reviendrait, selon Hayman, à lui tendre une véritable bouée de sauvetage.

Israël met d’ailleurs en garde Washington contre le risque d’un « mauvais accord ». Si l’option privilégiée reste de laisser le régime iranien s’enliser dans la crise qu’il a lui-même provoquée, la réalité stratégique impose toutefois d’anticiper un scénario dans lequel les États-Unis décideraient malgré tout d’ouvrir la voie à un compromis avec Téhéran. Dans ce cas, plusieurs principes non négociables doivent impérativement être imposés.

Le premier concerne les sanctions. Leur levée ne doit en aucun cas être immédiate ni totale, et les avoirs iraniens gelés ne doivent pas être libérés d’un seul coup. Un afflux massif de liquidités sauverait artificiellement un régime à bout de souffle – exactement ce qu’il recherche.

Deuxième ligne rouge : le nucléaire. Au-delà de l’exigence d’une enrichissement zéro, de l’extraction de tout uranium enrichi et du démantèlement des centrifugeuses, l’accord doit impérativement traiter de la dimension militaire du programme, notamment le développement d’une ogive nucléaire. Là aussi, des restrictions strictes et un contrôle rigoureux sont indispensables.

Troisième point fondamental : le contrôle international. Il doit être total, permanent et sans date d’expiration, couvrant aussi bien l’enrichissement que l’ensemble du programme nucléaire, avec un droit d’accès à tous les sites, sans exception.

Quatrième exigence : les missiles balistiques. Un accord qui ne limiterait ni la portée des missiles iraniens ni les types d’ogives constituerait une faille stratégique majeure. Israël doit exiger des restrictions claires dans ce domaine.

Enfin, aucun compromis n’est acceptable sans une prise en compte sérieuse du terrorisme régional. Cela implique l’interdiction de tout financement des milices pro-iraniennes et des limitations sévères sur l’exportation d’armes vers les proxies de Téhéran au Moyen-Orient.

Tamir Hayman reste néanmoins sceptique quant à la possibilité qu’un tel accord voie le jour. Selon lui, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, est trop rigide et trop affaibli par l’âge pour accepter une liste aussi contraignante. Mais l’absence d’accord ne signifie pas pour autant un recours automatique à la force. Si l’option militaire doit rester crédible et clairement affichée, notamment par la présence massive des forces américaines dans la région, une troisième voie existe : l’intensification réelle des pressions économiques, un durcissement significatif – voire un encerclement partiel – et le maintien d’une menace constante, jusqu’à ce que le régime iranien s’effondre sous le poids de ses propres échecs.

Dans cette optique, Hayman estime que le président américain Donald Trump agit avec pragmatisme en conservant l’ensemble des options ouvertes et une marge de manœuvre stratégique maximale grâce au déploiement militaire américain au Moyen-Orient.

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