Un nouveau rapport publié par la presse arabe relance l’un des dossiers les plus sensibles et les plus anciens de l’histoire sécuritaire israélienne. Selon le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, l’officier libanais Ahmed Shukr aurait été enlevé dans le cadre d’une opération de renseignement « précise et complexe », attribuée au Mossad, avec l’aide directe d’un acteur libanais recruté spécifiquement pour la mission.
D’après ce rapport, Ahmed Shukr aurait été ciblé en raison de son implication présumée dans l’affaire de la disparition du navigateur israélien Ron Arad, capturé au Liban en 1986 et dont le sort demeure inconnu à ce jour. Le quotidien précise que l’opération aurait exploité des failles sécuritaires et logistiques, permettant l’arrestation de l’officier sans affrontement direct ni exposition publique immédiate.
Selon les informations publiées, un ressortissant libanais, aujourd’hui arrêté, aurait reconnu avoir coopéré avec les services israéliens. Lors de son interrogatoire, il aurait admis s’être rendu en Afrique pour rencontrer des agents du Mossad, lesquels lui auraient confié plusieurs missions opérationnelles. En échange, il aurait perçu des paiements compris entre 5 000 et 10 000 dollars par mission, selon les déclarations rapportées par le journal.
Le rôle exact de cet intermédiaire libanais n’est pas détaillé, mais il est décrit comme un maillon essentiel du dispositif ayant permis de localiser et de neutraliser Ahmed Shukr. Le rapport indique que cette collaboration aurait permis une exécution rapide et discrète de l’opération, réduisant les risques de fuite d’information ou d’intervention extérieure.
À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été fournie par les autorités israéliennes. Comme à son habitude dans ce type de dossiers sensibles, Israël maintient un silence total, ni confirmant ni démentant les informations. Du côté libanais également, les autorités n’ont pas communiqué publiquement sur le sort exact d’Ahmed Shukr, ce qui contribue à alimenter les spéculations.
Le nom d’Ahmed Shukr est associé, selon plusieurs sources arabes, à des réseaux ayant opéré au Liban dans les années ayant suivi la capture de Ron Arad. Ce dernier, pilote de l’armée de l’air israélienne, avait été capturé après l’éjection de son avion au-dessus du Liban lors d’une mission opérationnelle. Malgré des décennies d’efforts diplomatiques, militaires et de renseignement, Israël n’a jamais obtenu de preuve définitive concernant son décès ou sa survie.
L’affaire Ron Arad constitue l’un des symboles les plus douloureux de l’histoire israélienne contemporaine. Elle a donné lieu à de multiples tentatives de localisation, à des opérations clandestines et à des pressions diplomatiques sur plusieurs États et organisations. Toute information susceptible d’éclairer ce dossier est donc considérée comme stratégique.
Le rapport d’Asharq Al-Awsat suggère que l’enlèvement présumé d’Ahmed Shukr s’inscrirait précisément dans ce cadre : obtenir des informations directes, par interrogatoire, sur les circonstances exactes de la détention de Ron Arad, sur les acteurs impliqués et sur l’éventuelle chaîne de responsabilité ayant conduit à sa disparition.
Toutefois, le journal ne précise pas où Ahmed Shukr aurait été transféré ni dans quel pays il serait actuellement détenu. Il n’indique pas non plus si l’opération aurait été menée sur le sol libanais ou dans un pays tiers, se contentant d’évoquer une « opération extérieure » exploitant des opportunités sécuritaires.
Les révélations ont suscité de nombreuses réactions dans les médias arabes, certains dénonçant une violation présumée de la souveraineté libanaise, d’autres soulignant la capacité opérationnelle du renseignement israélien à agir bien au-delà de ses frontières. En Israël, l’affaire est suivie avec attention, mais sans commentaires publics de la part des responsables sécuritaires ou politiques.
À ce stade, les informations disponibles reposent exclusivement sur des sources journalistiques arabes. Aucune preuve indépendante n’a été présentée, et aucune déclaration officielle ne vient confirmer les détails de l’opération. Néanmoins, la précision des éléments rapportés, notamment concernant la coopération du ressortissant libanais et les montants évoqués, confère à cette affaire une crédibilité suffisante pour raviver l’intérêt autour du dossier Ron Arad.
En l’absence de confirmation officielle, une chose demeure certaine : le sort de Ron Arad continue de hanter la mémoire collective israélienne, et chaque révélation potentielle liée à son cas est scrutée avec une attention extrême.








