Rapport français : en Iran, une tentative d’écarter Khamenei avant le pic des manifestations le mois dernier. Le quotidien français Le Figaro a révélé qu’à la veille du point culminant des protestations qui ont secoué l’Iran en janvier, une initiative interne aurait visé à neutraliser politiquement le guide suprême, Ali Khamenei, afin de l’empêcher de gérer directement la crise.
Selon le journal, l’initiative aurait pris forme dans la nuit du 7 au 8 janvier, soit vingt-quatre heures avant l’escalade majeure des manifestations. Ces troubles avaient atteint un niveau critique, avec une répression sévère et de nombreuses exécutions rapportées dans les jours suivants. L’objectif présumé de la manœuvre n’aurait pas été un renversement formel du régime, mais une mise à l’écart temporaire du guide suprême pour contenir l’explosion sociale.
Des sources citées par Le Figaro affirment que l’ancien président Hassan Rouhani aurait été l’un des moteurs de cette tentative. Connu pour son approche plus pragmatique et pour avoir négocié l’accord nucléaire de 2015, Rohani incarne une ligne moins radicale au sein du système iranien. Selon le rapport, il aurait estimé que la gestion de la crise par Khamenei risquait d’aggraver encore davantage l’isolement international et la fracture interne.
Toutefois, la tentative aurait échoué en raison de l’absence de soutien d’une figure clé : Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Son refus d’appuyer la démarche aurait privé l’initiative de la légitimité institutionnelle nécessaire pour aboutir.
Le quotidien français souligne également que le président en exercice, Massoud Pezeshkian, aurait été tenu à l’écart des discussions. Cette exclusion visait, selon les sources citées, à limiter les risques de fuite et à protéger le chef de l’exécutif d’éventuelles représailles politiques si l’opération échouait.
Si ces informations se confirment, elles révéleraient des tensions significatives au sommet du pouvoir iranien à un moment particulièrement critique. Les manifestations de janvier ont constitué l’un des épisodes de contestation les plus intenses depuis plusieurs années, combinant revendications économiques, sociales et politiques. La réponse des autorités a été rapide et sévère, renforçant la polarisation interne.
L’hypothèse d’une tentative d’écarter le guide suprême, même temporairement, témoigne d’un débat stratégique interne sur la gestion de la crise. Certains responsables auraient estimé qu’un changement de posture pouvait désamorcer la colère populaire et réduire la pression internationale. D’autres auraient jugé qu’un tel geste fragiliserait davantage la structure du régime.
Sur le plan régional, ces révélations interviennent dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis et Israël. Toute perception de division interne pourrait influencer les calculs stratégiques des acteurs extérieurs. Toutefois, le système iranien repose sur un équilibre institutionnel complexe où le guide suprême conserve l’autorité ultime sur les questions sécuritaires et stratégiques.
À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été fournie par les autorités iraniennes. Le rapport du Figaro s’appuie sur des sources anonymes, ce qui rend difficile l’évaluation complète de la portée réelle de l’initiative évoquée.
Néanmoins, si une tentative d’écarter Ali Khamenei a effectivement été envisagée, cela indiquerait que la crise de janvier a ébranlé plus profondément le sommet du pouvoir qu’il n’y paraissait publiquement.






