Pourquoi Trump invite le roi de Jordanie au “Conseil de la paix” : le maillon discret qui peut faire basculer Gaza

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L’annonce est passée presque discrètement dans le flot des dépêches, mais elle est loin d’être anodine. Le ministère jordanien des Affaires étrangères a confirmé que le roi Abdallah II a reçu une invitation officielle du président Donald Trump pour rejoindre la « Conseil de la paix », l’organe international que Washington entend placer au cœur du futur dispositif politique autour de la bande de Gaza. À Amman, les documents sont actuellement « examinés selon les procédures juridiques internes », une formule diplomatique prudente qui masque une décision stratégique lourde.

La Jordanie n’est pas un acteur parmi d’autres dans l’équation régionale. Elle est l’un des rares pays arabes à entretenir un traité de paix officiel avec Israël depuis 1994, tout en conservant une légitimité particulière auprès des Palestiniens, notamment en raison de son rôle historique sur les lieux saints musulmans de Jérusalem. L’invitation adressée au roi Abdallah II ne relève donc ni du hasard ni de la courtoisie protocolaire : elle s’inscrit dans une architecture politique pensée pour l’« après-Gaza ».

Du point de vue américain, intégrer la Jordanie à cette structure internationale répond à plusieurs objectifs. D’abord, donner au projet une couverture arabe crédible, capable de contrebalancer la présence d’acteurs controversés comme le Qatar ou la Turquie, dont l’implication suscite une opposition frontale à Jérusalem. Ensuite, s’appuyer sur un régime perçu à Washington comme stable, pragmatique et profondément engagé dans la coopération sécuritaire régionale.

Pour Amman, la décision est beaucoup plus délicate. La Jordanie est confrontée à une réalité intérieure fragile : une population dont une large partie est d’origine palestinienne, une pression économique constante et une opinion publique extrêmement sensible à toute évolution concernant Gaza. Accepter une invitation à un organe international chargé de superviser l’avenir de l’enclave palestinienne expose le régime à des critiques internes sévères, voire à des tensions sociales.

C’est précisément pour cette raison que la réponse jordanienne n’a pas été immédiate. Le communiqué officiel insiste sur l’examen juridique et institutionnel du dossier, signe que le palais royal mesure chaque mot, chaque geste. Entrer dans la « Conseil de la paix », c’est accepter de participer à un cadre conçu et piloté par Washington, dans un contexte où les États-Unis affichent une volonté assumée de remodeler la gouvernance régionale.

Du côté israélien, cette invitation est observée avec un mélange de prudence et d’intérêt. Contrairement à d’autres acteurs arabes, la Jordanie est perçue par les milieux sécuritaires israéliens comme un partenaire stratégique fiable, notamment sur les questions de renseignement et de lutte contre les groupes terroristes. Une implication jordanienne pourrait offrir un canal de communication indirect mais efficace, à un moment où les relations entre Jérusalem et Washington connaissent des frictions inédites sur la question de Gaza.

Cependant, cette même implication pourrait aussi compliquer la donne. Israël redoute que toute structure multilatérale finisse par limiter sa liberté d’action militaire ou par imposer, à terme, des arrangements politiques qu’il n’a pas choisis. Le fait que la « Conseil de la paix » soit annoncée avant même la fin des hostilités nourrit ces inquiétudes.

Sur le plan régional, l’entrée potentielle du roi Abdallah II dans cette instance enverrait un signal fort. Elle indiquerait que les États-Unis cherchent à institutionnaliser la phase post-conflit, sans attendre une victoire totale sur le Hamas. Pour certains pays arabes, cela pourrait ouvrir la voie à une normalisation plus large de leur implication, sous couvert de stabilisation et de reconstruction. Pour d’autres, au contraire, ce serait la preuve d’une ingérence occidentale supplémentaire.

Il faut également replacer cette invitation dans le contexte plus large des tensions croissantes au Moyen-Orient. L’Iran, ses alliés régionaux et les différentes milices qui lui sont affiliées observent de près toute tentative de structuration politique autour de Gaza. Une Jordanie officiellement impliquée pourrait devenir une cible rhétorique, voire stratégique, pour ces acteurs qui dénoncent déjà toute coopération avec Washington et Israël.

Enfin, l’invitation faite au roi Abdallah II souligne un élément central de la stratégie de Trump : personnaliser les alliances. Plutôt que de s’adresser uniquement à des institutions ou à des blocs régionaux, le président américain privilégie les relations directes avec des dirigeants qu’il considère capables de prendre des décisions rapides. Dans ce schéma, la Jordanie devient un pivot potentiel, à la fois tampon, médiateur et acteur de stabilisation.

La réponse d’Amman, lorsqu’elle viendra, sera donc lourde de sens. Accepter, ce sera assumer un rôle exposé, au risque de tensions internes et régionales. Refuser, ce sera envoyer un message clair à Washington, mais aussi renoncer à influencer un processus qui pourrait façonner durablement l’avenir de Gaza et, par ricochet, celui de la région entière.

 

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