Accueil Blog Page 24

L’Allemagne se prépare à une guerre totale contre la Russie : Berlin évoque un choc majeur d’ici deux à trois ans

0

À Berlin, le discours stratégique a changé de nature. Il ne s’agit plus de spéculer sur la possibilité d’un conflit avec la Russie, mais de se préparer à y survivre. C’est le constat glaçant dressé par le lieutenant-général Gerald Funke, commandant du Commandement de soutien opérationnel de la Bundeswehr, dans un entretien accordé au Times. Selon lui, l’Europe doit se tenir prête à un conflit généralisé d’ici deux à trois ans, dans lequel l’Allemagne serait immédiatement et pleinement engagée.

Le scénario envisagé par l’état-major allemand débute par une attaque russe massive contre les pays de l’NATO. Dans cette hypothèse, l’Allemagne ne serait pas un simple soutien arrière : ses forces se retrouveraient en première ligne dès les premières minutes. En parallèle, le pays deviendrait une plateforme logistique centrale pour l’ensemble de l’Alliance atlantique. Des dizaines de milliers de soldats alliés arriveraient par les ports de la mer du Nord, avant de traverser un territoire allemand profondément perturbé pour rejoindre le front oriental.

Le général Funke ne cache pas la brutalité du tableau. L’arrière, explique-t-il, ne sera pas un espace sûr. La stratégie russe inclurait très probablement des actions de sabotage à grande échelle : destruction ou neutralisation de lignes ferroviaires, blocage d’autoroutes, attaques ciblées contre des nœuds de transport essentiels. À cela s’ajouteraient des cyberattaques destinées à paralyser les systèmes de communication et de contrôle du trafic, tandis que des missiles à longue portée pourraient frapper des infrastructures clés en profondeur.

L’un des aspects les plus alarmants de cette planification concerne la gestion des pertes humaines. Lors de conflits dits « locaux », comme en Afghanistan, le nombre de blessés était important mais restait gérable pour les structures médicales. Dans une guerre de haute intensité en Europe, prévient Funke, les blessés se compteraient par milliers, submergeant instantanément les hôpitaux civils allemands. Cette perspective impose, selon lui, une refonte complète des dispositifs d’évacuation médicale et de coordination entre l’armée et le secteur civil.

Le commandement dirigé par Funke regroupe 55 000 hommes et a pour mission de gérer l’ensemble de la chaîne de soutien : transport, logistique, soins aux blessés, mais aussi mobilisation de ressources issues du secteur privé. Pourtant, sa plus grande inquiétude ne concerne pas uniquement les combats visibles. Il évoque un « front invisible », composé de cellules dormantes de saboteurs et d’actions hybrides susceptibles de débuter avant même toute déclaration officielle de guerre. Dans ce type de conflit, la frontière entre paix et agression devient floue, rendant les réactions politiques et militaires plus complexes.

À cette menace extérieure s’ajoute, selon Funke, une faiblesse interne : la bureaucratie allemande et les divisions politiques. Le cadre juridique actuel exige, pour déclencher de nombreuses mesures liées à l’« état de défense », une majorité des deux tiers au Parlement. Or, avec plus d’un tiers des sièges du Bundestag occupés par des formations situées à l’extrême gauche et à l’extrême droite, souvent accusées de positions complaisantes envers Moscou, une décision rapide pourrait devenir impossible. Funke qualifie cette distinction stricte entre « temps de paix » et « temps de guerre » d’anachronisme hérité du XXe siècle, inadapté aux réalités des guerres hybrides contemporaines.

Sur le plan politique, le gouvernement allemand a déjà amorcé des changements structurels. Le ministre de la Défense Boris Pistorius a déclaré que la Bundeswehr serait en mesure de recruter 20 000 volontaires d’ici 2026, dans le cadre de la réforme du service militaire. En décembre dernier, le Bundesrat a approuvé une loi de modernisation visant à augmenter les effectifs de l’armée allemande de 184 000 à 255 000–270 000 soldats d’ici 2035.

La dimension régionale de la menace est également au cœur des préoccupations. Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a affirmé, lors d’une visite en Lettonie et en Suède, que la menace russe en mer Baltique dominait les discussions sécuritaires. Berlin soutient le déploiement d’un contingent militaire de 5 000 hommes en Lituanie, voisine directe de la Russie. « Il est peu probable qu’une autre région de l’Union européenne ait autant souffert des activités hybrides du Kremlin », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de protéger les infrastructures critiques et de sanctionner la flotte clandestine russe.

Ce discours marque une rupture nette avec des décennies de retenue stratégique allemande. Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, les responsables militaires et politiques parlent ouvertement d’un conflit majeur sur le sol européen, dans lequel l’Allemagne serait un acteur central et exposé. Il ne s’agit plus de dissuasion abstraite, mais d’une préparation concrète à la guerre, avec tout ce que cela implique pour la société, l’économie et les institutions démocratiques.

Après le dernier otage, la vérité crue : le Hamas est encore debout et la guerre n’est pas vraiment terminée

0

Le retour du dernier otage israélien, Ran Gvili, clôt un chapitre d’une douleur nationale immense, mais il ne referme en rien le livre du 7 octobre. C’est le sens central de l’éditorial publié par le New York Post, rejoint par l’analyse du journaliste israélien David Horovitz : Israël a rempli son devoir sacré envers ses citoyens abandonnés ce jour-là, mais l’objectif stratégique fondamental de la guerre n’a pas encore été atteint.

Dès les premières heures ayant suivi le massacre du 7 octobre, Israël a lancé deux campagnes parallèles et indissociables : sauver les captifs et empêcher le Hamas de pouvoir jamais répéter un tel crime. Toute nation rationnelle, souligne l’éditorial du New York Post, aurait dû soutenir sans réserve ces objectifs. Pourtant, au lieu d’un appui moral clair, Israël a vu une partie du monde se retourner contre lui, tandis que l’antisémitisme explosait à un niveau inédit depuis des décennies. La libération progressive des otages, puis la récupération du dernier d’entre eux, n’a pas inversé cette tendance ; elle a parfois même servi de prétexte à de nouvelles pressions contre Jérusalem.

Pour le New York Post, le principe directeur doit rester inchangé : le Hamas ne peut pas rester une force armée et politique à Gaza. Son éradication – ou à tout le moins son désarmement total et la perte de tout pouvoir administratif – est la seule garantie d’une fin réelle et durable des hostilités. Cette ligne est également celle affichée par le président américain Donald Trump et son entourage, qui ont clairement indiqué que toute « paix » qui laisserait le Hamas armé serait une illusion dangereuse.

Selon l’éditorial, Benjamin Netanyahu et Donald Trump se sont entendus sur un calendrier exigeant : le Hamas disposerait jusqu’au mois de mars pour déposer les armes, sous peine de faire face à une riposte sévère. Trump a publiquement averti que le groupe terroriste serait frappé « violemment » en cas de refus. Or, dans les faits, plusieurs dirigeants du Hamas ont déjà juré de ne jamais se désarmer, tout en cherchant à préserver un rôle politique à Gaza. Ce double discours alimente un scepticisme croissant quant à la possibilité d’un règlement sans confrontation supplémentaire.

David Horovitz apporte une lecture plus institutionnelle et introspective. Pour lui, la récupération du corps de Ran Gvili marque l’accomplissement d’une obligation morale fondamentale : l’État d’Israël devait ramener tous les siens, vivants ou morts. En ce sens, les dirigeants politiques et militaires ont commencé à réparer, au moins partiellement, la rupture de confiance provoquée par l’échec catastrophique du 7 octobre. Les otages ont été libérés. Jusqu’au dernier. Mais cette réussite ne saurait masquer le fait que le Hamas n’a pas été détruit.

Officiellement, la restitution du corps de Gvili marque la fin de la première phase du plan de paix américain pour Gaza. Les phases suivantes sont ambitieuses sur le papier : désarmement du Hamas, démilitarisation de la bande de Gaza, retrait progressif de Tsahal, puis construction à long terme d’une entité gazaouie non menaçante. Cependant, Horovitz souligne l’écart béant entre ces objectifs et la réalité sur le terrain. Le Hamas conserve une présence significative, des capacités résiduelles, et une idéologie inchangée dont le but déclaré reste l’élimination d’Israël.

Sur le plan pratique, des décisions lourdes de conséquences ont déjà été prises. Ali Shaath, ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne nommé à la tête du Comité national pour l’administration de Gaza, a annoncé la réouverture prochaine du point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte, dans les deux sens. Cette mesure, hautement sensible, a été acceptée par Netanyahu avec une extrême prudence, et sous condition explicite : la fin des recherches concernant le corps de Gvili. Cette condition est désormais remplie, mais le malaise demeure au sein de la coalition gouvernementale israélienne, notamment parmi ses composantes les plus à droite, qui voient dans toute concession un risque stratégique majeur.

L’élément central, que ni l’éditorial du New York Post ni David Horovitz ne perdent de vue, est le suivant : le Hamas n’a pas renoncé à sa guerre contre Israël. Dans sa propre lecture, le groupe terroriste considère que la libération des otages lui a permis de desserrer la pression militaire israélienne, de gagner du temps, de préserver une partie de son contrôle territorial et de miser sur un environnement international hostile à Israël. Aux yeux de Jérusalem, cette stratégie impose une vigilance extrême : toute pause mal encadrée pourrait permettre au Hamas de se réarmer, de se reconstituer et de préparer la prochaine attaque.

Israël s’était fixé deux objectifs clairs après le 7 octobre : détruire le Hamas et ramener tous les otages. Le second objectif est désormais atteint, au prix d’efforts immenses et d’un traumatisme national durable. Le premier, en revanche, ne l’est pas. La guerre, sous sa forme actuelle, est peut-être terminée, mais le conflit stratégique, lui, ne l’est pas.

Le retour de Ran Gvili marque donc bien la fin d’une époque, mais pas la fin de l’histoire. Comme l’a résumé Netanyahu, le chapitre du 7 octobre ne sera véritablement clos que le jour où Gaza ne pourra plus jamais constituer une menace pour Israël. Ce jour-là n’est pas encore arrivé. Et tant que le Hamas restera armé, idéologiquement intact et politiquement actif, la question ne sera pas de savoir si le conflit reprendra, mais quand et à quel prix.

« Ils savent qui frapper… et qui épargner » : le récit troublant d’un Libanais qui bouscule la propagande anti-Tsahal

0

Une histoire inattendue, racontée par un Libanais et relayée dans les médias arabes, provoque ces derniers jours une vive polémique. Non pas parce qu’elle émane d’une source israélienne officielle, mais précisément parce qu’elle est rapportée comme un témoignage indirect, recueilli au Liban, loin des canaux militaires ou gouvernementaux. Ce récit figure dans une série d’articles publiés dans le magazine religieux israélien B’Kehilla, et il a depuis déclenché une réaction virulente dans une partie de la presse arabe.

Selon ces articles, un journaliste israélien, Yitzchak Horowitz, s’est rendu au Liban en utilisant un passeport espagnol. Durant ce séjour, il aurait visité des sites juifs historiques ainsi que le « musée du jihad » du Hezbollah. Pour se déplacer, il était accompagné d’un chauffeur local, prénommé Ali, un Libanais qui l’a conduit à travers le centre et le sud du pays, y compris dans des zones sous forte influence du Hezbollah.

C’est au cours de l’un de ces trajets, profondément ancrés dans le sud libanais, que la conversation aurait pris une tournure inattendue. Horowitz, conscient des risques, aurait exprimé sa crainte qu’une frappe israélienne puisse toucher par erreur le véhicule d’Ali. La réponse de ce dernier, selon le journaliste, a pris la forme d’un récit personnel, présenté comme une expérience vécue par sa famille.

Ali aurait raconté que son oncle, Abbas, est le chef civil de leur village. Il cultive des bananes et, selon ce témoignage, n’a aucun lien avec le Hezbollah. Un jour, alors qu’il circulait sur la route principale menant au village, derrière un autre véhicule, il aurait reçu un appel téléphonique inattendu. À l’autre bout du fil, une voix parlant arabe avec un accent étranger se serait présentée comme provenant du renseignement israélien. Le message aurait été direct et sans détour : quitter la route au prochain virage s’il ne voulait pas être blessé.

Toujours selon ce récit, l’oncle, paniqué, aurait obéi et quitté la route. Quelques secondes plus tard, un missile aurait frappé le véhicule qui se trouvait devant lui. La voiture aurait été détruite, et la personne ciblée aurait été, d’après Ali, un haut responsable du Hezbollah. La conclusion qu’il en tire est sans équivoque : Israël saurait non seulement identifier précisément ses cibles, mais aussi avertir des civils pour les éloigner de la zone avant une frappe ciblée.

Ce témoignage, tel qu’il est rapporté dans B’Kehilla, ne s’appuie sur aucun document officiel, aucune confirmation militaire, ni israélienne ni libanaise. Il s’agit d’un récit indirect, transmis par un chauffeur libanais à un journaliste israélien, puis publié comme tel. C’est précisément cette nature non institutionnelle qui a rendu l’histoire explosive dans le monde arabe.

Plusieurs médias arabes ont vivement réagi, accusant le magazine israélien et son journaliste de tenter de « blanchir » ou d’« embellir » l’image de Israel Defense Forces. Selon ces critiques, ce type de récit viserait à présenter Tsahal comme une armée chirurgicale et morale, alors qu’ils l’accusent, au contraire, de frapper indistinctement et de viser des civils, y compris des femmes et des enfants. Pour ces médias, l’histoire d’Ali ne devrait donc pas être crue et relèverait de la propagande déguisée en témoignage humain.

La controverse met en lumière une fracture profonde dans la perception du conflit. D’un côté, un récit individuel, rapporté sans prétention de preuve formelle, qui décrit une action ciblée et une tentative d’éviter des victimes collatérales. De l’autre, un rejet immédiat de toute narration qui pourrait nuancer l’image d’Israël, au nom d’une lecture globale et idéologique du conflit. La question n’est pas tant de savoir si l’histoire est vraie ou fausse – aucune source indépendante ne permet de la vérifier – mais pourquoi elle suscite une réaction aussi violente.

Ce malaise tient sans doute au fait que le récit touche à un point extrêmement sensible : la distinction entre combattants et civils. Dans les conflits asymétriques, cette frontière est au cœur des accusations croisées. Toute histoire suggérant que Tsahal disposerait d’un renseignement précis et ferait un effort pour limiter les dommages collatéraux entre directement en collision avec le discours dominant de ses adversaires, qui présentent Israël comme agissant sans discernement.

Il est important de souligner que le journaliste n’affirme pas disposer d’une preuve irréfutable. Il rapporte ce qu’un Libanais lui a raconté, dans un contexte informel, sur une route du sud du Liban. Le récit est présenté comme tel, avec ses limites. Mais c’est précisément cette simplicité, presque banale, qui le rend dérangeant : il ne vient pas d’un communiqué militaire, mais de la bouche supposée d’un civil libanais, décrivant une scène qui contredit les slogans habituels.

En définitive, cette histoire ne démontre rien sur le plan factuel au sens strict. Elle ne peut ni confirmer ni infirmer les accusations portées contre Israël ou le Hezbollah. En revanche, elle révèle quelque chose de plus profond : la guerre des récits est devenue presque aussi centrale que la guerre elle-même. Chaque témoignage, chaque anecdote, chaque phrase est immédiatement instrumentalisée, rejetée ou amplifiée selon le camp qui la reçoit.

Que l’histoire d’Ali soit exacte, exagérée ou totalement fausse, sa diffusion et la réaction qu’elle a provoquée montrent à quel point toute nuance est devenue insupportable dans le débat régional. Dans ce contexte, un simple récit personnel, raconté sur une route du sud libanais, suffit à déclencher une tempête médiatique — preuve que, dans cette guerre, le combat pour la perception n’a jamais cessé.

Le Hamas tente de se recycler au pouvoir : 10 000 de ses « policiers » exigent une place dans le futur gouvernement de Gaza

0

Selon une information de l’agence Reuters, le Hamas mène actuellement une manœuvre politique majeure en coulisses : l’organisation terroriste chercherait à intégrer environ 10 000 de ses policiers dans le futur appareil administratif de la bande de Gaza, במסגרת d’un nouvel organe de gouvernance palestinien soutenu par les États-Unis. Une initiative qui suscite déjà une opposition attendue d’Israël, et qui pose une question centrale : peut-on réellement démanteler le Hamas tout en recyclant ses hommes dans le pouvoir local ?

D’après des sources citées par Reuters, le Hamas aurait donné instruction à ses membres de coopérer avec la “Commission de gestion de Gaza”, une structure en cours de constitution destinée à administrer la bande de Gaza après la phase militaire du conflit. Cette commission bénéficierait d’un soutien américain, dans le cadre des discussions internationales sur « le jour d’après » à Gaza. En parallèle, le Hamas aurait rassuré ses policiers et cadres sécuritaires, leur promettant qu’ils seraient intégrés aux nouveaux mécanismes administratifs et sécuritaires.

Cette information intervient alors qu’Israël martèle, depuis le début de la guerre déclenchée après le massacre du 7 octobre, que le Hamas ne pourra avoir aucun rôle politique, sécuritaire ou administratif dans Gaza à l’issue du conflit. Pourtant, la réalité sur le terrain est plus complexe : le Hamas dispose encore d’un réseau humain structuré, notamment à travers sa police intérieure, qui a longtemps assuré le contrôle civil quotidien de la population gazaouie.

Les 10 000 policiers évoqués par Reuters ne sont pas une force marginale. Avant la guerre, la police du Hamas constituait l’un des piliers de son pouvoir, chargée du maintien de l’ordre, de la surveillance interne, du contrôle des manifestations, et de l’application stricte des règles imposées par le mouvement islamiste. Leur intégration dans un nouvel appareil administratif reviendrait, de facto, à maintenir une continuité directe entre l’ancien régime du Hamas et une future gouvernance prétendument “réformée”.

Selon Reuters, le Hamas présente cette démarche comme un geste pragmatique, affirmant vouloir éviter le chaos administratif et sécuritaire dans la bande de Gaza. L’organisation chercherait à se repositionner, non plus comme autorité exclusive, mais comme acteur incontournable du système, en se fondant partiellement dans des structures nouvelles tout en conservant son influence humaine et institutionnelle.

Du point de vue israélien, une telle évolution est inacceptable. Intégrer des policiers du Hamas dans un gouvernement soutenu par les États-Unis équivaudrait, selon des responsables israéliens cités dans d’autres dossiers similaires, à blanchir une organisation terroriste responsable du massacre de civils, de viols, d’enlèvements et de crimes de guerre. Même sans uniforme vert ou drapeau du Hamas, ces hommes restent, aux yeux d’Israël, des agents d’un appareil terroriste.

Cette révélation de Reuters intervient dans un contexte particulièrement sensible : l’élimination ciblée de hauts responsables du Hamas se poursuit. Ces derniers jours, Tsahal a confirmé l’élimination de Ra’ad Hussein Saad, chef d’état-major de la production de l’aile militaire du Hamas et l’un des architectes du massacre du 7 octobre, selon le porte-parole de Tsahal. Ce contraste est frappant : alors que l’armée israélienne neutralise les cerveaux militaires du Hamas, l’organisation tente simultanément de sauver son bras administratif et sécuritaire.

Du côté américain, la position officielle reste prudente. Washington soutient l’idée d’une administration palestinienne “responsable” et “non terroriste” à Gaza, sans toutefois avoir présenté de plan détaillé et public sur les critères exacts d’exclusion ou d’intégration des personnels existants. La question des policiers du Hamas constitue donc une zone grise explosive : faut-il privilégier la stabilité immédiate ou la rupture totale avec le passé ?

Les observateurs soulignent que cette tentative d’intégration n’est pas nouvelle dans l’histoire des conflits asymétriques. D’autres organisations armées ont, par le passé, cherché à se fondre dans des structures étatiques après une défaite militaire partielle, afin de préserver leur influence à long terme. Le Hamas semble aujourd’hui appliquer une stratégie similaire : perdre du terrain militairement, mais survivre politiquement.

Pour Israël, le risque est évident : voir Gaza administrée demain par un appareil “civilo-sécuritaire” composé en grande partie d’anciens hommes du Hamas reviendrait à préparer la prochaine confrontation, sous une forme différente mais avec les mêmes acteurs. Comme l’ont répété à plusieurs reprises les dirigeants israéliens, la démilitarisation de Gaza ne peut être crédible sans un démantèlement humain et institutionnel du Hamas.

À ce stade, aucune décision officielle n’a été annoncée. Mais une chose est claire : la bataille pour l’avenir de Gaza ne se joue plus seulement sur le champ de bataille, elle se joue aussi dans les couloirs diplomatiques, les commissions de gouvernance et les listes de personnel. Et le Hamas, malgré les coups sévères qu’il a subis, n’a manifestement pas renoncé à y jouer un rôle central.

Un soldat retrouvé mort sur une base du sud d’Israël : enquête de la police militaire et inquiétude persistante dans les rangs

0

Un soldat de Forces de défense israéliennes a été retrouvé mort lundi sur une base située dans le sud d’Israël. La découverte a été faite après que le militaire a été trouvé inconscient sur le site. Les circonstances exactes du décès ne sont pas encore établies de manière définitive. Une enquête de la police militaire a été immédiatement ouverte, et ses conclusions seront transmises au parquet militaire une fois les vérifications achevées.

Selon les informations communiquées officiellement, la famille du soldat a été informée sans délai. L’armée a indiqué qu’elle accompagnait les proches et leur apportait un soutien psychologique et logistique durant cette période particulièrement éprouvante. Comme c’est l’usage dans ce type d’affaires, l’identité du soldat n’a pas été rendue publique, afin de préserver la dignité de la famille et le bon déroulement de l’enquête.

Les autorités militaires se montrent extrêmement prudentes dans leur communication. À ce stade, aucun détail précis n’a été diffusé sur les circonstances ayant conduit à la mort du soldat. D’après les rares éléments disponibles, l’hypothèse d’un suicide présumé serait examinée, sans qu’elle n’ait encore été officiellement confirmée. La police militaire procède à l’analyse des faits, à la collecte de témoignages et à l’examen de tout élément susceptible d’éclairer les événements.

Ce drame survient dans un contexte déjà lourd pour l’armée israélienne. Le 31 décembre dernier, un autre soldat avait également été retrouvé mort dans le sud du pays. À la suite de cet événement, Tsahal avait communiqué des données globales faisant état de 22 cas faisant l’objet d’enquêtes ou ayant fait l’objet d’enquêtes par le passé en tant que suicides présumés. Parmi ces cas figuraient 12 soldats d’active, un soldat de carrière et neuf réservistes. Ces chiffres, communiqués avec retenue, ont néanmoins ravivé le débat public sur la pression psychologique exercée sur les soldats, en particulier dans une période de guerre prolongée et de tension sécuritaire extrême.

Depuis le 7 octobre, l’armée israélienne est engagée sur plusieurs fronts, avec une mobilisation massive de soldats réguliers et de réservistes. Les opérations prolongées, l’exposition à la violence, la perte de camarades et l’incertitude constante pèsent lourdement sur le moral des troupes. Les responsables militaires reconnaissent que la charge mentale et émotionnelle imposée aux soldats est considérable, même si chaque cas individuel doit être examiné avec prudence et sans conclusions hâtives.

Tsahal rappelle régulièrement que des dispositifs d’accompagnement psychologique existent au sein de l’institution militaire, accessibles aux soldats d’active comme aux réservistes. Ces dispositifs incluent des officiers de santé mentale, des psychologues militaires et des lignes d’écoute internes. L’armée affirme encourager les soldats à signaler toute détresse, que ce soit pour eux-mêmes ou pour leurs camarades. Toutefois, les drames successifs montrent que, malgré ces structures, certaines situations de détresse peuvent passer inaperçues.

L’ouverture systématique d’une enquête de la police militaire vise précisément à éviter toute spéculation et à établir les faits avec rigueur. Dans ce type de dossier, l’examen porte non seulement sur les circonstances immédiates du décès, mais aussi sur l’environnement de service, la situation personnelle du soldat et d’éventuels facteurs de stress accumulés. Les conclusions, lorsqu’elles seront rendues, permettront de déterminer s’il s’agit effectivement d’un suicide ou d’un autre type d’incident.

Dans la société israélienne, chaque décès de soldat résonne bien au-delà de la sphère militaire. Le lien entre l’armée et la population est profondément ancré, et la perte d’un soldat, quelle qu’en soit la cause, est vécue comme une tragédie nationale. Ces événements rappellent que la guerre ne se limite pas aux combats visibles et aux opérations spectaculaires, mais qu’elle a aussi un coût humain silencieux, souvent moins perceptible mais tout aussi réel.

Pour l’heure, l’armée appelle à la retenue et au respect de la famille endeuillée. Les résultats de l’enquête détermineront la suite à donner à cette affaire. En attendant, ce nouveau drame relance inévitablement les interrogations sur la capacité des institutions à détecter et prévenir les situations de détresse extrême au sein des forces armées, dans un contexte où la pression opérationnelle reste à un niveau exceptionnellement élevé.

Trump met l’Iran face à l’abîme : Washington exige l’arrêt du nucléaire, des missiles et du parrainage terroriste

0

L’administration du président Donald Trump a intensifié ses attaques verbales contre la République islamique d’Iran, la qualifiant une fois de plus de principal « état-parrain du terrorisme » mondial, et exigeant de Téhéran qu’il mette fin à son programme nucléaire, à sa fabrication de missiles balistiques et à son soutien aux milices régionales. Cette position dure s’exprime alors que les tensions politiques, militaires et diplomatiques entre Washington et Téhéran atteignent un point critique, avec des implications potentiellement dramatiques pour la sécurité régionale et au-delà. (ایران اینترنشنال | Iran International)

Un porte-parole du Département d’État a déclaré à Iran International que l’administration américaine souhaite que l’Iran cesse d’« escalader ses activités nucléaires, son programme de missiles balistiques et son soutien aux groupes proxies régionaux », dénonçant ce qu’il considère comme un détournement des ressources du pays loin de besoins internes urgents vers des ambitions militaires agressives. Selon ce responsable, le gouvernement iranien aurait « délibérément négligé l’économie, l’agriculture, l’eau et l’électricité pendant des décennies » pour consacrer la richesse nationale à des campagnes extérieures et à des programmes militaires controversés. (ایران اینترنشنال | Iran International)

Cette sortie intervient dans un contexte où les États-Unis ont déployé, selon la Maison-Blanche, une importante force navale — un « armada » — dans la région du Moyen-Orient, visant à mettre une pression stratégique maximale sur Téhéran tout en laissant ouverte la possibilité de discussions si l’Iran se montre disposé à accepter des conditions claires pour un règlement. Le secrétaire d’État américain a affirmé que Washington était « open for business » si l’Iran souhaitait engager un dialogue sérieux sur ces questions, signalant l’équilibre délicat entre pression militaire et diplomatie. (Reuters)

Dans ce contexte, Trump a affirmé publiquement que l’Iran avait besoin d’un accord et qu’il connaissait « les termes » pour entamer des négociations. Le ton ferme de l’administration américaine contraste avec la rhétorique autrefois plus conciliante de certains acteurs internationaux qui avaient suggéré un assouplissement des sanctions contre Téhéran. Mais aujourd’hui, la ligne officielle de Washington est claire : aucune levée des sanctions, aucune normalisation sans concessions substantielles de la part de Téhéran sur ses programmes nucléaires et militaires. (The Times of India)

Au Congrès américain, certains responsables poussent cette stratégie encore plus loin. Des voix républicaines de premier plan prônent une posture agressive envers l’Iran, arguant que les États-Unis et leurs alliés ne doivent pas simplement contenir les ambitions de Téhéran, mais les démanteler activement. Si ces prises de position ne constituent pas, à elles seules, une politique officielle, elles reflètent une dynamique politique interne forte à Washington, où la frustration face à l’Iran est à son comble parmi les élus de la majorité. (ایران اینترنشنال | Iran International)

Le débat sur la stratégie américaine se déroule à un moment particulièrement sensible pour l’Iran. Le pays est confronté à une crise intérieure majeure, marquée par des manifestations massives et souvent réprimées avec violence. Cette situation met la pression sur les dirigeants iraniens, qui doivent conjuguer la gestion d’un front interne tendu avec une posture internationale agressive et défiant les puissances occidentales. (The Guardian)

L’autre point de friction entre Washington et Téhéran concerne les préconditions à d’éventuelles négociations. Selon certaines déclarations ayant circulé dans les médias iraniens, Téhéran aurait interprété ou élargi les préconditions américaines pour inclure la reconnaissance d’Israël comme un élément nécessaire d’un accord, une revendication que l’administration américaine n’a pas confirmée directement et qui a été plutôt minimisée par les porte-parole du Département d’État. Quoi qu’il en soit, ces divergences reflètent une absence notable d’accord sur les bases mêmes d’un futur dialogue. (Wikipédia)

Au niveau stratégique, la position américaine s’appuie sur une longue tradition de pression maximale contre l’Iran, visant à retarder ou empêcher l’acquisition d’une arme nucléaire et à restreindre les capacités balistiques de Téhéran. Cette politique, réaffirmée sous l’administration Trump, s’inscrit dans un cadre qui combine sanctions économiques sévères, isolement diplomatique et préparation militaire si nécessaire, tout en maintenant la porte ouverte à des pourparlers structurés si l’Iran se conforme à des exigences strictes. (The White House)

L’impact de cette ligne dure se fait déjà sentir sur le terrain politique et économique en Iran, où la pression internationale et les difficultés internes se conjuguent. Les débats à Washington suggèrent que si aucune concession significative de la part de Téhéran n’est obtenue, la voie privilégiée par certains décideurs américains pourrait aller au-delà de simples sanctions, impliquant un encadrement plus militarisé de la crise. Cela pourrait inclure des mesures ciblées contre les infrastructures nucléaires iraniennes ou un renforcement encore plus marqué de la présence militaire américaine dans la région pour dissuader toute action hostile. (Wikipédia)

Alors que les tensions restent élevées et que les lignes de confrontation géopolitique se redessinent, l’administration Trump envoie un message ferme à Téhéran : l’ère de la complaisance est terminée, et l’Iran doit choisir entre une désescalade vérifiable et une confrontation prolongée avec Washington et ses alliés. La suite dépendra autant de la résistance interne en Iran que de la cohésion politique aux États-Unis et dans leurs alliances stratégiques au Moyen-Orient.

Dernier otage israélien retrouvé mort : Trump salue la fin d’un drame, mais la colère explose contre les complices du Hamas

0

La restitution du corps de Ran Gvili, dernier otage israélien détenu par le Hamas, marque un moment lourd et profondément symbolique dans la guerre déclenchée le 7 octobre. Pour la première fois depuis plus d’une décennie, Israël ne compte plus d’otages aux mains d’organisations terroristes à Gaza. Cette réalité tragique, confirmée après l’identification formelle du corps, a suscité des réactions immédiates au plus haut niveau politique, aux États-Unis comme en Israël, mais aussi une vague de colère face à ce que beaucoup considèrent comme une hypocrisie internationale persistante.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a publiquement salué le retour du dernier otage décédé, parlant de la clôture d’un chapitre douloureux pour Israël et pour les familles endeuillées. Derrière le message officiel, le geste revêt une portée politique claire : il s’inscrit dans une ligne de soutien affirmé à Israël et à son combat contre le terrorisme islamiste, dans un contexte régional toujours extrêmement instable. Cette déclaration intervient alors que Washington tente de maintenir un équilibre délicat entre pression diplomatique, alliances régionales et réalités sécuritaires sur le terrain.

À Jérusalem, un autre geste, plus silencieux mais lourd de sens, a attiré l’attention. L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a retiré la broche jaune symbolisant les otages. « Je ne veux plus jamais la revoir », a-t-il déclaré. Cette phrase, brève et brutale, résume le traumatisme collectif provoqué par des mois d’attente, d’espoir et finalement de deuil. La broche, portée par de nombreux responsables politiques et diplomates en solidarité avec les familles, était devenue le symbole d’une blessure ouverte. Son retrait ne marque pas une victoire, mais la fin d’une attente insoutenable, payée au prix de vies humaines.

La confirmation de l’identité de Ran Gvili a été obtenue rapidement grâce à des éléments précis et incontestables. Les autorités israéliennes ont pu s’appuyer sur un implant métallique présent dans sa jambe, conséquence d’une blessure subie lors de son service militaire, sur l’uniforme qu’il portait encore au moment de sa mort, ainsi que sur des dossiers dentaires permettant une correspondance formelle. Cette identification rapide n’atténue en rien la douleur, mais elle a permis à la famille de sortir de l’incertitude, cette torture psychologique qui accompagne chaque dossier d’otage non élucidé.

Mais au-delà de l’émotion, la restitution du corps a ravivé un débat politique et moral beaucoup plus large. Jared Kushner, figure centrale des précédentes tentatives de médiation au Moyen-Orient, a remercié publiquement le Qatar, la Turquie et l’Égypte pour leur rôle supposé dans la libération du dernier otage. Cette déclaration a provoqué une onde de choc et une indignation immédiate dans une partie de l’opinion israélienne et pro-israélienne. Pour de nombreux observateurs, remercier ces pays revient à blanchir leur responsabilité indirecte dans la tragédie.

Le Qatar est régulièrement accusé d’avoir financé le Hamas, lui offrant une bouée financière qui a permis au mouvement terroriste de se renforcer pendant des années. La Turkey, quant à elle, est soupçonnée d’avoir accueilli et soutenu des cadres du Hamas, tout en fermant les yeux sur leurs activités. L’Egypt, enfin, est depuis longtemps pointée du doigt pour la contrebande d’armes vers Gaza via des réseaux clandestins, malgré son rôle officiel de médiateur. Dans ce contexte, parler d’« aide » à la libération sans rappeler ces faits est perçu comme une falsification morale de la réalité.

La mort de Ran Gvili n’est donc pas seulement la fin d’un dossier d’otage ; elle est devenue un symbole. Le symbole du prix payé par Israël face à un terrorisme soutenu, armé et financé bien au-delà de Gaza. Le symbole aussi d’une communauté internationale qui, trop souvent, distingue artificiellement entre « médiateurs » et « complices », selon des intérêts géopolitiques fluctuants.

Pour Israël, la page se tourne, mais elle est tachée de sang. La disparition du dernier otage ne signifie pas la fin du combat, ni la fin de la douleur. Elle rappelle que chaque geste diplomatique, chaque déclaration publique, chaque remerciement adressé à des acteurs ambigus a un poids immense face aux familles endeuillées et à une nation marquée. Le message envoyé aujourd’hui par Jérusalem et par une partie de Washington est clair : la mémoire des otages ne sera pas instrumentalisée, et la responsabilité morale de ceux qui ont permis leur enlèvement ne sera pas effacée par des formules diplomatiques.

Dire « c’était le destin » n’est pas fuir la responsabilité : une défense de l’empathie face au deuil

0

Je suis horrifié par le niveau de haine déversé contre une mère d’un bébé décédé parce qu’elle a dit que sa mort était un acte du destin.

Beaucoup ont écrit de manière dure en affirmant qu’elle se dédouane, ou qu’elle dédouane la personne de la crèche de toute responsabilité. Qu’elle choisit la croyance plutôt que la responsabilité. Que c’est dangereux, sectaire ou moralement vide. Qu’elle se moque totalement de la vie de son enfant.

Si vous voulez comprendre le point de vue depuis lequel elle parle, sans la diaboliser, veuillez lire ce qui suit.

Vous n’êtes pas obligés d’être d’accord ni d’accepter cela. J’écris pour les personnes curieuses, celles qui présument de la bonne intention des autres, et qui veulent comprendre comment une mère peut dire une chose pareille d’une manière cohérente, morale et saine.

Même l’approche la plus moderniste du judaïsme, celle du rabbin Soloveitchik, l’un des penseurs juifs les plus sérieux, titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université de Berlin et profondément ancré dans la pensée existentielle occidentale, repose sur une idée centrale :
le judaïsme est fondé sur le paradoxe.

D’un côté, nous croyons à 100 % au libre arbitre.
Les personnes sont à 100 % responsables de leurs actes.
La vie humaine est sacrée.
Être vigilant quant à la vie humaine est l’obligation morale la plus élevée.

Et en même temps, le judaïsme affirme aussi que rien ne peut arriver à une personne si Dieu ne le décrète pas d’en haut.

Les deux sont vrais. En même temps.

Le Rav Soloveitchik décrit ces deux manières d’exister dans le monde comme deux alliances :
l’alliance du destin et l’alliance de la vocation.

Le destin est ce qui nous arrive sans notre consentement.
L’accident.
La maladie.
La perte qui brise une vie.

La vocation est ce que nous faisons après que le destin frappe.
La manière dont nous réagissons.
Ce que nous exigeons de réparer.
Ce que nous construisons à partir des ruines.

Voici la partie que beaucoup manquent.

On ne peut pas vivre dans la vocation avant d’avoir reconnu le destin.

Si l’on essaie de passer directement à la colère, au blâme, à la réforme et à la mise en accusation publique sans permettre à l’âme humaine de dire d’abord « cela m’est arrivé », on ne crée pas de justice. On brise des êtres humains.

Une mère plongée dans le deuil n’est pas dans un registre de vocation.
Elle est en mode survie.

Plus tard, la société devra poser des questions difficiles, examiner les systèmes, s’assurer que justice soit rendue.
Cela relèvera de la vocation.

Mais exiger un langage de vocation d’un parent dont le monde vient de s’effondrer n’est pas de la clarté morale.
C’est de la cruauté déguisée en vertu.

Ainsi, lorsque Hani Katz, la mère du petit Ari, dit que la mort de son enfant était son destin, elle ne dit pas que personne ne doit être tenu responsable.

Ce qu’elle dit est ceci :

Elle a confié son enfant à des personnes qu’elle croyait compétentes, chaleureuses et professionnelles, après avoir confié trois enfants à cette même crèche pendant sept ans. Il y avait vingt enfants avec deux à trois nourrices (et non cinquante comme cela a été rapporté). Elle a pris la meilleure décision possible avec les informations dont elle disposait. Et malgré cela, la tragédie est survenue.

Et oui, connaissant les personnes à qui elle a confié ses enfants, elles ont fait de leur mieux. Et elles aussi ont été frappées par le destin.

Appeler cela le destin n’est ni un déni ni de l’apathie.

Dans la pensée juive, la responsabilité humaine et la volonté divine coexistent. Les personnes choisissent leurs actes, et pourtant aucun mal n’atteint une personne sans que Dieu ne le permette. Comme on le dit parfois : le libre arbitre d’autrui s’arrête au bout de ton nez.

C’est le cadre intellectuel et spirituel dans lequel elle se tient.

Elle utilise le seul langage qui lui permet de rester en vie assez longtemps pour qu’un jour elle puisse choisir la vocation.

Vous n’êtes pas obligés d’accepter cela.
Vous n’êtes pas obligés d’y croire.

Mais si vous avez de l’empathie et de l’intégrité, vous ne pouvez pas la traiter de manipulée, de membre d’une secte, de folle, ni dire qu’elle se moquait de la vie de son enfant.

Le désaccord est légitime.
La déshumanisation ne l’est pas.

Leah Zakh Aharoni

Note de la rédaction : Cet article est un texte d’opinion. Les propos exprimés n’engagent que leur auteure et ne reflètent pas nécessairement les positions de l’équipe rédactionnelle.

 

La photo du bébé près des toilettes : ce que les réseaux ont jugé trop vite

0

Si, au cours des derniers jours depuis la tragédie à la crèche de Jérusalem, vous avez écrit quelque chose du genre :
« Des parents haredim irresponsables à qui leurs enfants n’importent pas et qui acceptent donc de telles conditions »
ou
« Les haredim ne devraient pas avoir d’enfants qu’ils ne peuvent pas assumer financièrement »

Rendez-vous service : levez-vous de votre chaise et allez à Jérusalem parler avec Hani Katz, la mère d’Ari, pour lui demander pardon.

Depuis le 7 octobre, Hani Katz, avec son cousin et un groupe de bénévoles haredim, ont rendu visite à 2 000 shiv’ot de nos soldats tombés et des victimes du massacre.
Ils ont fait des dons par l’intermédiaire de leur entreprise de bijoux – Tachchic – en offrant à chacune des mères endeuillées un collier gravé avec la photo du soldat ou de la personne assassinée.

Ce fait, à lui seul, devrait témoigner de la nature des personnes exceptionnelles qui ont perdu leur bébé cette semaine.

Et pourtant, ces derniers jours, les réseaux sociaux sont remplis de stéréotypes qui donnent à ceux qui les écrivent le sentiment d’être « moralement supérieurs ».

Les personnes qui ont écrit de telles choses doivent assumer la responsabilité de leurs paroles.
Pas seulement en supprimant leurs publications et leurs commentaires, mais aussi en demandant pardon à Hani Katz, dont le deuil a été encore alourdi par un jugement public totalement erroné.

Oui — en écrivant un nouveau post, en reconnaissant leur erreur et en promettant qu’à l’avenir ils ne sauteront pas à des conclusions rapides, empreintes de haine.

Car la majorité de ce qui a été écrit et partagé dans les publications est tout simplement faux.

Dans l’immeuble, il y avait trois crèches différentes.
Au total, environ 50 enfants se trouvaient dans le bâtiment, et ils ont tous été évacués vers l’hôpital parce que la situation n’était pas claire.

La photo qui circule sur les réseaux sociaux montrant un bébé endormi près des toilettes n’est pas une preuve de négligence. Un bénévole de ZAKA a placé ce bébé à cet endroit afin de dégager le passage (pour qu’on ne marche pas sur lui) pendant qu’ils sauvaient des vies.

Trois autres enfants de Hani fréquentent la même crèche. Elle décrit les femmes qui s’occupent des enfants comme des personnes chaleureuses et dévouées, semblables à une seconde famille.

Hani et ses cousins gèrent un réseau de sept bijouteries. Ce n’est pas une femme qui fuit ses responsabilités. Il est logique de supposer qu’elle a choisi la crèche de ses enfants avec soin.

Ce n’est pas une famille qui prend des raccourcis ou rogne sur les valeurs.
Ce n’est pas une famille qui traite la vie avec mépris.

Mais, en l’espace de quelques heures, beaucoup ont cru savoir exactement ce qui s’était passé.

Il ne s’agit pas d’un refus d’entendre la critique. Il s’agit d’humilité, de retenue, et de reconnaître le moment où nous glissons vers une croyance stéréotypée et la confirmation d’un point de vue erroné.

Il est important de comprendre que les médias ne représentent pas fidèlement la vérité et manipulent constamment les faits. Il est donc préférable d’utiliser un raisonnement simple et de donner aux gens le bénéfice du doute avant de croire le pire à propos de personnes dont l’opinion n’est pas la nôtre.

Une tragédie n’est pas une tribune pour la supériorité morale.

Avant d’écrire un post la prochaine fois, nous devons nous arrêter. Vérifier les faits et nous interroger sur nos hypothèses de départ.

Et souvenez-vous, s’il vous plaît, que des êtres humains, portant une douleur immense, se trouvent de l’autre côté de notre sentiment de certitude.

Certaines paroles resteront gravées et ne pourront pas être retirées, mais la responsabilité et la demande de pardon sont encore possibles.

J’ajoute une prière pour que vous ne connaissiez plus la douleur et pour qu’il n’y ait plus de tragédies de ce genre 🙏

Leah Zakh Aharoni

Note de la rédaction : Cet article est une tribune d’opinion. Son contenu n’engage que son auteure et ne représente pas nécessairement la ligne éditoriale du site.

Génocide communicationnel : quand l’indignation mondiale devient sélective

0

Il existe des crimes que l’on commet avec des armes, et d’autres que l’on perpètre avec des mots, des silences et des chiffres manipulés. Le génocide communicationnel appartient à cette seconde catégorie. Il ne tue pas directement, mais il efface, relativise, inverse les rôles, et prépare le terrain à la répétition des massacres. Alors que le monde se dit aujourd’hui bouleversé par les images en provenance d’Iran, où le régime des ayatollahs aurait recruté des tueurs étrangers pour écraser des manifestations civiles, il est impossible de ne pas constater le contraste brutal avec le traitement médiatique réservé aux victimes israéliennes du 7 octobre, jour de Sim’hat Torah.

Face aux manifestants iraniens, l’émotion internationale est immédiate. Les mots employés sont clairs : répression, dictature, crimes contre l’humanité. Les visages sont humanisés, les victimes reconnues, les récits relayés avec empathie. Les slogans de solidarité fleurissent sur les plateaux de télévision occidentaux. Les réseaux sociaux s’embrasent pour dénoncer le régime de Téhéran. Cette réaction serait légitime si elle n’était pas aussi terriblement asymétrique.

Car lorsque des hommes, des femmes, des enfants israéliens ont été massacrés avec une barbarie méthodique par les terroristes du Hamas le 7 octobre, la réponse mondiale n’a pas été l’empathie, mais une vague d’antisémitisme sans précédent. Là où l’on aurait dû voir une condamnation unanime, on a vu des justifications, des relativisations, parfois même une inversion morale des responsabilités. Les victimes sont devenues suspectes, leur souffrance conditionnelle, leur mort contextualisée.

La différence de traitement ne s’arrête pas à l’émotion ; elle s’ancre profondément dans le discours médiatique. Durant la guerre déclenchée par le Hamas, les rédactions internationales ont diffusé sans la moindre vérification les chiffres fournis par l’organisation terroriste elle-même, parlant de « dizaines de milliers de civils palestiniens tués », d’« affamement volontaire », de « génocide ». Ces accusations, reprises mot pour mot par des ONG autoproclamées de défense des droits de l’homme, ont été relayées comme des faits établis, sans contradictoire, sans prudence, sans esprit critique.

À l’inverse, lorsque les chaînes d’opposition iraniennes, telles qu’Iran International, évoquent plus de 30 000 manifestants exécutés en l’espace de deux jours, la prudence devient soudain la règle. Les médias occidentaux abaissent les chiffres à moins de 10 000. Certaines organisations internationales parlent même de moins de 5 000 morts. Cette réduction drastique intervient pourtant alors que circulent des images insoutenables de salles entières remplies de corps, exécutés par balles, parfois encore reliés à des perfusions et à des appareils de surveillance cardiaque dans des hôpitaux transformés en lieux d’exécution.

Cette dissonance n’est pas accidentelle. Elle révèle un système. Les ayatollahs ne se contentent pas de recruter des mercenaires étrangers pour écraser leur propre peuple ; ils ont manifestement compris que la guerre moderne se gagne aussi sur le terrain médiatique. À l’instar de leurs alliés idéologiques, ils ont importé des combattants de l’information, des experts en narration, capables de brouiller les chiffres, de semer le doute, de diluer l’horreur.

Ce mécanisme n’est pas nouveau pour Israël. Depuis des décennies, l’État hébreu est confronté à une hostilité médiatique structurelle, où chaque action défensive est présentée comme une agression, et chaque crime commis contre ses citoyens est immédiatement relativisé par un « contexte ». Le 7 octobre a marqué un paroxysme : des scènes de décapitations, de viols, de familles brûlées vives ont été accueillies par des manifestations de joie dans certaines capitales occidentales, pendant que les plateaux télé cherchaient déjà à expliquer « les causes profondes » du massacre.

Ce deux poids, deux mesures constitue en soi une forme de violence. Il nie la dignité des victimes israéliennes, il banalise le terrorisme, et il envoie un message clair aux bourreaux : tout dépend de qui vous êtes et de qui vous tuez. Lorsque la communication devient un champ de bataille, l’effacement de la vérité devient une arme stratégique.

Il est donc urgent de nommer ce phénomène pour ce qu’il est : un génocide communicationnel. Non pas parce qu’il remplace les massacres physiques, mais parce qu’il les accompagne, les justifie et les prépare. Tant que le monde continuera à hiérarchiser les morts, à sélectionner ses indignations et à manipuler les chiffres selon l’identité des victimes, aucune promesse de « plus jamais ça » ne pourra être prise au sérieux.