Une fuite vers le New York Times, un Premier ministre pointé du doigt, un chef du Mossad transformé en bouc émissaire — et une question qui résume tout : qui, dans ce pays en guerre, joue encore la politique des coulisses pendant que les missiles tombent ? Ce matin, les réseaux sociaux israéliens se sont enflammés autour d’un article publié hier par le quotidien américain, et les accusations vont directement vers Benyamin Netanyahou.
Ce que le New York Times a révélé
Le New York Times a rapporté hier que, avant l’ouverture de l’opération « Rugissement du Lion », le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait adopté le plan du chef du Mossad Dadi Barnea, selon lequel l’organisation serait en mesure de déclencher un soulèvement interne en Iran peu après l’ouverture de la guerre et l’élimination des hauts responsables iraniens. srugim
Selon le rapport, ce plan avait également été présenté à des hauts responsables de l’administration américaine lors de la visite de Barnea aux États-Unis, il y a environ deux mois, et le président Donald Trump lui-même avait adopté la prévision optimiste d’un soulèvement en Iran peu après le déclenchement de la guerre — et ce, malgré le scepticisme exprimé par des responsables américains et israéliens de haut rang ainsi que par des dirigeants d’autres services de renseignement. srugim
« Il a fait fuiter — pour se préparer une sortie honorable »
Ce qui a mis le feu aux poudres sur les réseaux n’est pas le contenu du plan lui-même, mais l’identité présumée de la source de la fuite. Ce matin, de nombreux internautes ont attaqué et accusé Netanyahou d’être responsable de la fuite, principalement pour projeter une sortie « honorable » de la guerre, sans renversement du régime en Iran. srugim
Le journaliste Zion Naamouss de la chaîne 12 a articulé l’accusation avec précision : « Trois semaines dans la guerre et on est déjà au stade de la désignation des coupables. Une fuite vers le New York Times disant que le chef du Mossad Dadi Barnea est celui qui a convaincu Netanyahou et Trump de l’illusion selon laquelle il était possible d’allumer une rébellion en Iran en quelques jours après le début de la guerre. » srugim
Et il ajoute la dimension stratégique la plus grave : « Cette fuite est dangereuse car désormais toute tentative, qui pourrait arriver à l’avenir, d’un soulèvement populaire en Iran sera décrite comme une ingérence du Mossad. » srugim En d’autres termes, la fuite ne nuit pas seulement à Barnea — elle brûle un actif opérationnel pour des années.
« La responsabilité toujours en bas, le crédit toujours en haut »
Un autre internaute a écrit : « Encore un tour de ‘je ne savais pas, on ne m’a pas prévenu’. D’abord ‘il a adopté le plan’, maintenant ‘déçu que ça n’ait pas marché’. La responsabilité toujours en bas, le crédit toujours en haut. Et au passage ? On brûle un actif de renseignement et on met en danger toute opposition en Iran. Ce n’est pas de la gestion, c’est une fuite de responsabilité déguisée en fuite d’information. » srugim
La colère qui traverse ces réactions dit quelque chose de profond sur l’état de la société israélienne en guerre. Le front intérieur ne tient pas seulement grâce aux abris et aux intercepteurs — il tient aussi grâce à la confiance que les citoyens accordent à leurs dirigeants. Quand cette confiance est érodée par des manœuvres perçues comme politiciennes en plein conflit, la fracture est plus dangereuse que n’importe quel missile.
Source : Srugim






