L’expert tranche : les élections sont déjà jouées ; voici le prochain Premier ministre. Selon le spécialiste des sondages et de l’analyse de données, le Dr Menahem Lazar, la dynamique politique observée ces derniers mois laisse peu de place au doute. Dans une analyse approfondie publiée dans la presse israélienne, il affirme que la tendance électorale s’est inversée de manière durable et que l’opposition peine désormais à atteindre la majorité nécessaire pour former un gouvernement.
La question centrale est la suivante : l’avertissement de Yair Lapid, selon lequel « il n’est plus du tout certain que le bloc gagne », est-il fondé ? D’après Lazar, la réponse est oui. Les chiffres cumulés des six derniers mois montrent un recul constant du bloc opposé à Benjamin Netanyahu. La probabilité d’une alternance gouvernementale s’éloignerait progressivement.
Le tournant : l’opération « Comme un lion »
Selon l’analyse, le point de bascule remonterait à juin 2025, au moment de l’opération militaire dite « Comme un lion ». Avant cet événement, l’opposition bénéficiait d’une avance moyenne estimée à 64 sièges. Depuis, la tendance se serait inversée. Le Likoud aurait repris l’avantage, tandis que le bloc adverse serait tombé à environ 60 sièges en moyenne.
Depuis le début de l’année 2026, la situation se serait encore détériorée pour les opposants à Netanyahu. Le bloc, hors partis arabes, plafonnerait désormais autour de 59 sièges. Sur 38 sondages réalisés depuis juin dernier, l’opposition n’aurait atteint le seuil décisif de 61 sièges qu’une seule fois. Une donnée que Lazar considère comme révélatrice d’une dynamique structurelle et non d’un simple effet conjoncturel.
Yesh Atid : moteur ou frein ?
Alors que Lapid affirme que son parti est « la clé de la victoire », les données présentées suggèrent un tableau plus nuancé. Le parti Yesh Atid afficherait une moyenne d’environ 8 sièges seulement. Parallèlement, d’autres formations du même camp progresseraient dans certains scénarios, notamment celle dirigée par Gadi Eisenkot.
Plus encore, certaines simulations de listes communes intégrant Yesh Atid montreraient un affaiblissement global du bloc, en raison d’un phénomène de « fuite vers l’attente », c’est-à-dire d’électeurs préférant temporiser face à des alliances perçues comme peu cohérentes.
La question du leadership
Au-delà des chiffres bruts, Lazar souligne un problème de leadership. Le bloc de Netanyahu présenterait un niveau d’unité interne particulièrement élevé, avec un soutien quasi unanime autour de sa candidature. À l’inverse, l’opposition apparaîtrait fragmentée quant à la figure la plus adaptée pour diriger le gouvernement.
Dans les sondages mesurant l’aptitude à occuper le poste de Premier ministre face à Netanyahu, Lapid ne recueillerait qu’environ 50 % de soutien au sein de son propre camp, contre des niveaux plus élevés pour Naftali Bennett et Eisenkot dans certains scénarios. Cette dispersion des préférences affaiblirait la cohésion stratégique du bloc.
Un horizon électoral verrouillé ?
Selon Lazar, deux facteurs rendent la tâche de l’opposition particulièrement complexe : l’absence d’accord clair sur un leader consensuel et les engagements publics limitant toute coopération avec les partis arabes. Ces contraintes réduiraient les marges de manœuvre arithmétiques nécessaires à la formation d’une coalition majoritaire.
En conclusion, l’analyse du Dr Menahem Lazar suggère que, sauf événement majeur susceptible de bouleverser la donne, la trajectoire actuelle favorise le camp de Netanyahu. La bataille électorale n’est jamais définitivement scellée en politique israélienne, mais les tendances cumulées des derniers mois indiquent une probabilité élevée de reconduction du leadership en place.






