L’expert chevronné sur la normalisation avec l’Arabie saoudite : « Elle a besoin d’Israël »

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Pas de normalisation, mais des négociations. C’est la lecture du professeur Uzi Rabi, invité de Mishal et Davidov sur 103FM. « Elle a besoin d’Israël, mais je conseille de ne s’emballer ni dans un sens ni dans l’autre », a-t-il déclaré à propos de l’Arabie saoudite. Selon lui, face aux Houthis, le royaume dispose « de gros marteaux, mais il lui faut des clous ».

🎧 Audio : https://103embed.maariv.co.il/?ZrqvnVq=KHFFEJ&c41t4nzVQ=GKE

Une architecture régionale en pleine mutation

Le professeur Rabi a d’abord évoqué l’affrontement entre l’Arabie saoudite et les Houthis. « Ce drame ne s’est pas développé ces derniers jours, mais depuis le 7 octobre. Toute l’architecture du Moyen-Orient, en tout cas géopolitique, change sous nos yeux. Nous avons l’habitude de penser en termes de blocs. Chaque pays ici sait que la politique de survie est le nom du jeu. »

Ben Salmane, prince héritier et pas encore roi

Il a ensuite décrit les rapports de pouvoir en Arabie saoudite et le poids du roi dans le pays. « L’Arabie saoudite est dirigée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Il sait prendre des décisions tranchées. Sa famille royale n’est pas comme celle de Jordanie ou de Grande-Bretagne : ce sont des milliers, voire des dizaines de milliers de princes. Il faut garder à l’esprit qu’il n’est que prince héritier et non roi, donc il ne prendra pas de décisions tranchées. »

L’expert a poursuivi : « Il comprend que l’accord de La Mecque fait une belle photo et donne une bonne image, mais la Turquie et le Pakistan n’aideront pas l’Arabie saoudite. Il comprend que les États-Unis ne sont pas forcément un appui solide jusqu’au bout. »

« L’Arabie saoudite a besoin d’Israël »

Pour le professeur Rabi, Riyad dépend d’Israël bien au-delà du renseignement. « Il faut se rappeler que l’Arabie saoudite a besoin d’Israël, pas seulement en matière de renseignement. L’Arabie saoudite a de gros marteaux, mais elle ne sait pas où sont les clous des Houthis au Yémen. Elle a besoin de quelqu’un qui a un renseignement pénétrant, l’expérience des frappes au Yémen et la capacité de définir une banque d’objectifs. »

Il en tire une conclusion claire : « Il y aura ici une coopération de plus en plus étroite. Je conseille de ne s’emballer ni dans un sens ni dans l’autre : il n’y aura pas de normalisation, mais il y aura des négociations. »

« Une série de succès militaires qu’il faut ancrer dans un accord »

Le spécialiste s’est aussi exprimé sur l’Iran. « La République islamique d’Iran ne sera plus ce qu’elle a été. Se demander quand le régime tombera n’est pas la bonne question. La bonne question, c’est à quel point le régime a changé, et il suffit de voir les blocages qui paralysent la prise de décision. »

Il a ajouté : « Celui qui comprend l’effondrement économique comprend que l’Iran va vers un mauvais endroit. Combien de temps cela prendra-t-il ? Je ne sais pas. Quand la population sortira-t-elle dans la rue ? Impossible à savoir. Les révolutions ne préviennent pas de leur arrivée. »


La coopération entre Riyad et Israël face aux Houthis ne date pas d’hier : relisez l’achat présumé du Dôme de fer par l’Arabie saoudite. Sur la menace houthie, lisez aussi l’attaque qui avait frappé les installations pétrolières saoudiennes, ainsi que les espoirs d’une normalisation élargie dans le Golfe.


 

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