
Les combattants de l’unité « Force 100 », au cœur de l’affaire dite de Shdé Teman et directement touchés par la fuite de vidéos et le traitement judiciaire qui s’en est suivi, exigent désormais que la police ouvre une enquête formelle visant la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara. Dans une lettre adressée à la division des enquêtes de la police et transmise par leur avocat, Me Haïm Bleicher (organisation Honenou), ils demandent une mise à jour sur l’état des investigations et le placement en détention de suspects liés au « cacher ou déformer » de l’affaire.
Selon eux, les fuites provenant du sommet de la procureur militaire ont causé des dommages massifs : pertes financières, impossibilité de travailler, traumatisme psychologique, diffamation publique et souffrance morale considérable. Dans le courrier, Me Bleicher accuse Baharav-Miara d’avoir fait obstruction à la bonne conduite de l’enquête initiale : elle aurait ignoré son devoir d’examiner sérieusement l’origine de la fuite du fameux enregistrement et aurait, au contraire, contribué à étouffer ce que « beaucoup connaissaient déjà » au sein de la hiérarchie judiciaire militaire.
L’avocat affirme qu’il existe un soupçon raisonnable de « corruption institutionnelle », avançant que la cheffe du système judiciaire pourrait avoir violé la confiance publique, abusé de sa fonction et même contribué à la rédaction de déclarations trompeuses remises à la Cour suprême. Selon lui, les conséquences pour les combattants et pour l’État sont « immenses et dévastatrices ».
Me Bleicher exige donc une enquête en profondeur : saisie de téléphones, de documents, de supports informatiques et interrogatoires de tous les juristes impliqués, y compris la conseillère juridique en personne. Il affirme que seule une enquête déterminée pourrait stopper la « propagation d’une corruption institutionnelle dangereuse ».
Il ajoute que les combattants de Force 100, considérés selon la loi comme victimes d’infraction, méritent transparence et justice : « Nous parlons d’actes qui portent atteinte à la sécurité nationale et à la confiance du public dans l’État de droit. Ceux qui ont commis ces actes doivent en payer le prix total. »
L’affaire, qui touche à la fois le système judiciaire militaire et civil, devrait désormais revenir aux enquêteurs de la police, appelés à statuer sur l’ouverture d’une procédure pénale au plus haut niveau.





