La guerre des 12 jours a brisé le « contrat sécuritaire » : comment le conflit a ébranlé la stabilité du régime iranien

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Selon une analyse approfondie du Wall Street Journal, la guerre de douze jours ayant opposé l’Iran à Israël et aux États-Unis en juin dernier a constitué un tournant historique pour la République islamique. Cette confrontation militaire, loin de renforcer le pouvoir des ayatollahs, aurait au contraire sapé les fondements mêmes de sa légitimité, déclenchant le plus vaste mouvement de protestation intérieure jamais observé depuis la révolution islamique de 1979.

D’après plusieurs experts cités par le quotidien américain, cette séquence militaire a mis fin à ce que l’on peut qualifier de « contrat sécuritaire » implicite entre le régime et la population. Depuis la guerre Iran-Irak dans les années 1980, le pouvoir religieux avait bâti sa survie sur une promesse tacite : accepter restrictions politiques et difficultés économiques en échange d’une protection face aux menaces extérieures. Or, les frappes aériennes menées en plein territoire iranien à l’été 2025 ont brutalement démontré l’échec de cette promesse.

Les attaques, attribuées à Israël puis renforcées par des frappes américaines ciblées, ont touché des sites militaires sensibles, ébranlé la chaîne de commandement et porté un coup sévère à des éléments clés du programme nucléaire iranien. Pour un régime qui avait investi des ressources colossales dans un réseau régional de milices – du Hezbollah au Hamas – précisément pour empêcher qu’une guerre ne soit menée sur son sol, le choc a été autant militaire que psychologique.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre. En l’espace de deux semaines, des manifestations massives ont éclaté dans de nombreuses villes iraniennes, nourries par un sentiment inédit : celui que le régime n’est plus capable ni d’assurer la sécurité, ni d’offrir un avenir économique. Selon diverses estimations, la répression aurait fait des centaines, voire des milliers de morts, tandis que les appels à de simples réformes ont laissé place à des slogans exigeant ouvertement la chute de la République islamique.

Ali Vaez, directeur du programme Iran au sein de l’International Crisis Group, résume la situation en des termes sans ambiguïté : « C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le régime affirmait depuis des décennies : nous ne vous apportons ni prospérité ni pluralisme, mais au moins la sécurité. Aujourd’hui, même cette promesse est brisée. » Pour de nombreux Iraniens, le seuil de tolérance a été franchi.

Karim Sadjadpour, chercheur principal à la Carnegie Endowment for International Peace, souligne que l’effet de rassemblement national observé au début des combats n’a été qu’une illusion de courte durée. Historiquement, rappelle-t-il, les régimes révolutionnaires peuvent être renforcés par des guerres dans leurs premières années, mais les défaites militaires tardives révèlent la fragilité structurelle des dictatures vieillissantes.

L’histoire récente abonde en précédents : la chute de Slobodan Milošević en Serbie après les bombardements de l’OTAN, l’effondrement de la junte argentine après la défaite des Malouines, ou encore la fin de la dictature militaire grecque après l’échec à Chypre. Dans chacun de ces cas, l’humiliation extérieure a servi de catalyseur à une implosion interne.

En Iran, la colère populaire est également alimentée par un effondrement économique brutal : dévaluations successives de la monnaie, baisse des revenus pétroliers et durcissement des sanctions occidentales. Ces facteurs, loin d’être indépendants, sont directement liés à l’isolement diplomatique du pays et à une politique étrangère perçue comme coûteuse et inefficace.

Depuis la guerre, le guide suprême Ali Khamenei est soumis à de fortes pressions pour infléchir sa ligne. Pourtant, il a refusé toute ouverture : ni négociation avec Donald Trump sur le nucléaire, ni réformes internes susceptibles de restaurer la confiance populaire. Alex Vatanka, du Middle East Institute à Washington, note avec ironie : « Personne n’a été surpris de voir que l’armée américaine pouvait frapper l’Iran durement. Ce qui a surpris, c’est la volonté du régime de persister exactement dans la même politique qui a conduit à cette catastrophe. »

Les manifestations actuelles ne sont pas les premières dans l’histoire récente du pays – 2009, 2019 et 2022 en témoignent – mais le contexte international est radicalement différent. Les États-Unis affichent désormais un soutien explicite aux protestataires, tandis que les voisins régionaux de l’Iran, notamment l’Arabie saoudite, espèrent un affaiblissement durable du régime sans pour autant provoquer son effondrement total, redoutant un chaos régional dans un pays de plus de 90 millions d’habitants.

Certains analystes évoquent même l’exemple du Venezuela : la pression exercée contre le régime de Nicolás Maduro alimente l’idée, à Washington, qu’un scénario similaire pourrait être envisagé à Téhéran. Toutefois, de nombreux experts mettent en garde : un changement de façade, sans transformation profonde du système, risquerait de rendre vains les sacrifices des milliers de victimes déjà tombées.

Comme le prévient l’économiste Esfandyar Batmanghelidj, maintenir l’essence du régime sous une apparence réformée pourrait nourrir une amertume durable : celle d’un peuple convaincu que ses morts n’auront servi à rien. C’est précisément cette conviction, concluent plusieurs observateurs, qui fait aujourd’hui de la crise iranienne une menace existentielle pour le régime des ayatollahs.

 

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