Israël conditionne l’ouverture du passage de Rafah au retour total des otages : une ligne rouge stratégique assumée

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Le Bureau du Premier ministre israélien a confirmé un élément central des négociations en cours avec Washington et les acteurs régionaux : dans le cadre du plan en 20 points proposé par le président Donald Trump, Israël a accepté, de manière conditionnelle et strictement encadrée, une ouverture limitée du passage de Rafah. Cette ouverture ne concernerait que le passage de personnes, excluant tout transfert de marchandises, et serait placée sous un mécanisme de contrôle israélien complet, tant sur le plan sécuritaire que du renseignement.

Cette décision, présentée comme un geste diplomatique calculé, repose sur une condition non négociable : le retour de tous les otages israéliens vivants, ainsi qu’un engagement total, vérifiable et effectif du Hamas pour localiser, identifier et restituer l’ensemble des otages décédés. Israël insiste sur un point fondamental : il ne s’agit pas d’une promesse générale ou d’une déclaration d’intention, mais d’un effort à 100 %, mesurable et concret, sans quoi aucune ouverture du passage de Rafah ne sera mise en œuvre.

Le passage de Rafah, situé entre la bande de Gaza et l’Égypte, est depuis des années un levier stratégique majeur dans le rapport de force régional. Son ouverture ou sa fermeture constitue un instrument de pression politique, sécuritaire et humanitaire. En acceptant une ouverture partielle, limitée aux personnes et sous supervision israélienne, Jérusalem cherche à démontrer sa capacité à conjuguer fermeté sécuritaire et coordination internationale, sans renoncer à ses principes fondamentaux.

Parallèlement à cette annonce, le communiqué officiel souligne que l’armée israélienne mène actuellement une opération ciblée d’envergure, destinée à exploiter l’ensemble des informations de renseignement récemment obtenues concernant le sort du soldat captif Ran Goyaili z״ל. Cette opération, décrite comme précise et méthodique, vise à recouper données humaines, interceptions et renseignements de terrain afin de localiser son corps et permettre son retour en Israël.

Le cas de Ran Goyaili z״ל occupe une place centrale dans la décision politique actuelle. Aux yeux de l’État d’Israël, le devoir de ramener ses soldats, vivants ou morts, ne relève pas d’un symbole, mais d’un engagement moral et national absolu. Le Bureau du Premier ministre a réaffirmé que l’État d’Israël est déterminé à ramener ce héros israélien pour qu’il repose dans un cimetière israélien, conformément à la tradition et à l’éthique militaire du pays. Aucun effort, aucun moyen et aucun levier ne sera épargné pour atteindre cet objectif.

L’accord conclu avec les États-Unis précise que l’ouverture du passage de Rafah n’interviendra qu’après la fin de cette opération militaire et uniquement si les conditions sécuritaires et humanitaires définies sont strictement respectées. Cette coordination étroite avec Washington illustre le rôle central joué par l’administration américaine dans la tentative de stabilisation régionale, tout en reconnaissant la primauté des impératifs sécuritaires israéliens.

À Jérusalem, cette approche est perçue comme une réponse directe aux critiques internationales récurrentes accusant Israël de blocage humanitaire. Le message envoyé est clair : Israël n’ignore pas la dimension humaine du conflit, mais refuse catégoriquement que des gestes humanitaires soient utilisés par une organisation terroriste comme outil de chantage ou comme couverture pour la poursuite de ses activités militaires.

La condition posée au Hamas constitue également un précédent stratégique. Pour la première fois de manière aussi explicite, une concession potentielle d’ampleur – même limitée – est liée non seulement au retour d’otages vivants, mais aussi à la restitution complète des corps des victimes israéliennes. Cette exigence reflète une évolution profonde de la doctrine israélienne depuis le 7 octobre : la fin de l’acceptation tacite de zones d’ombre, de listes incomplètes et de réponses partielles.

Sur le plan régional, l’ouverture conditionnelle de Rafah place également l’Égypte face à ses responsabilités. Le mécanisme de contrôle israélien prévu implique une coopération sécuritaire étroite, visant à empêcher toute exploitation du passage par des cellules terroristes ou des réseaux de contrebande. Israël entend ainsi empêcher que Rafah ne redevienne un axe logistique majeur au service du Hamas ou de ses alliés.

En définitive, cette décision illustre une ligne politique cohérente : aucune normalisation, aucune ouverture et aucun geste diplomatique ne peuvent précéder la résolution totale de la question des otages. Pour Israël, il ne s’agit ni de vengeance ni de posture politique, mais d’un principe existentiel. Tant que chaque otage ne sera pas revenu, vivant ou pour une sépulture digne, aucune page ne pourra être tournée.

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