Iran : pendant que Trump chauffe les moteurs, l’Europe considère que la crise est une affaire américaine

0
1
Soyez le premier informé - Rejoignez notre page Facebook.

Alors que les tensions atteignent un point critique en Iran et que l’administration américaine de Donald Trump multiplie les signaux laissant entrevoir une possible intervention, l’Europe apparaît largement absente du jeu. Au moment même où le régime des ayatollahs pourrait vaciller sous la pression des manifestations et de la répression sanglante, les capitales européennes semblent reléguées à un rôle marginal, observant la crise à distance, sans initiative politique majeure.

Ce n’est pas la première fois que l’Europe se retrouve ainsi sur la touche. Lors d’un précédent épisode de tension majeure avec l’Iran, à l’été dernier, les Européens avaient déjà servi de simple relais diplomatique, envoyés discuter avec Téhéran pendant que Washington prenait, en coulisses, des décisions militaires lourdes de conséquences. Cette fois-ci, le constat est encore plus net : ni Téhéran ni Washington ne semblent considérer l’Union européenne comme un acteur central dans la gestion de la crise actuelle.

Du côté iranien, la méfiance est totale. Les dirigeants de la République islamique ne cherchent plus à faire passer de messages par Paris, Berlin ou Londres, et ne manifestent aucun intérêt à reprendre des discussions sur le nucléaire ou sur une désescalade via des médiations européennes. Côté américain, la priorité est ailleurs : la relation transatlantique est tendue, et l’administration Trump mène une politique de sécurité qui marginalise volontairement les Européens, y compris sur des dossiers stratégiques majeurs.

Après plusieurs jours de répression massive contre les manifestants iraniens, les réactions officielles européennes ont été largement jugées timorées. La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, s’est contentée d’évoquer des « consultations » en vue d’un éventuel nouveau train de sanctions. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont publié une déclaration commune condamnant la violence, sans annoncer de mesures concrètes. Le chancelier allemand Friedrich Merz a reconnu qu’un régime qui ne survit que par la violence est « condamné », mais là encore sans aller au-delà d’un constat politique.

Cette prudence contraste avec la gravité des informations en provenance d’Iran : milliers de morts présumés, usage massif de la force, tirs ciblés contre des manifestants, coupures de communication et arrestations à grande échelle. Pourtant, ces événements ne suscitent pas, dans l’opinion publique européenne, l’émotion observée lors des précédentes vagues de protestation, notamment celles de 2022. Les médias et le débat public semblent davantage analyser la crise à travers le prisme de la stratégie américaine globale que comme une urgence politique et humanitaire nécessitant une réponse européenne.

Dans plusieurs pays européens, la situation en Iran est perçue comme un dossier lointain, relevant avant tout de la confrontation directe entre Washington et Téhéran. Même au Royaume-Uni, seul État européen à évoquer timidement une possible participation à des actions coordonnées avec les États-Unis, les responsables politiques insistent sur les nombreuses « questions ouvertes » et les risques d’escalade.

Pourtant, l’Europe dispose encore de leviers significatifs, si elle décidait de les activer. L’un des plus importants serait la désignation officielle des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste, une mesure réclamée de longue date par Israël et soutenue par certains gouvernements européens. Des dossiers détaillant les activités terroristes et les réseaux de financement des Gardiens de la révolution en Europe ont été présentés, et l’Allemagne s’est montrée réceptive. Mais au niveau de l’Union, plusieurs États, dont la France, l’Italie et le Luxembourg, continuent de s’y opposer, bloquant toute décision collective.

En pratique, l’Europe se contente aujourd’hui de déclarations de principe et d’une réflexion sur de nouvelles sanctions, malgré les conséquences potentielles majeures de la crise iranienne sur sa propre sécurité et sur son économie, notamment en matière d’énergie. Cette posture renforce l’impression d’un continent spectateur, incapable de peser réellement sur l’ordre mondial en recomposition.

Au moment où les États-Unis accentuent la pression sur Téhéran et où le régime iranien fait face à une contestation intérieure sans précédent, l’absence d’une initiative européenne forte illustre une fois de plus la faiblesse stratégique de l’Union européenne dans les grandes crises internationales contemporaines.

Infos Israel News en direct d’Israël 

Ce qu'on vous cache - CQVC 

Rak Be Israel, le top d’Israël !