Le Ministry of Health a publié ce mardi une mise en garde inhabituelle et particulièrement sévère à destination du public israélien : le produit commercialisé sous le nom de « Huile d’olive syrienne – pression à froid » par la société Sod HaKatif (« סוד הקטיף ») n’est pas de l’huile d’olive. Selon les autorités sanitaires, il s’agit d’un produit falsifié, trompeur pour le consommateur et non conforme aux normes israéliennes en vigueur.
Cette alerte fait suite à des contrôles de routine menés par le service alimentaire du ministère, renforcés par une plainte déposée par un citoyen. Les analyses de laboratoire ont révélé que la composition en acides gras du produit ne correspond en rien à celle exigée pour une huile d’olive, malgré ce qui est clairement indiqué sur l’étiquette. Plus grave encore : le fabricant n’est pas reconnu par le ministère de la Santé, ce qui rend l’ensemble de la chaîne de production et d’importation opaque.
Une fraude classique… mais dangereuse
La falsification de l’huile d’olive n’est pas un phénomène nouveau, ni en Israël ni dans le monde. L’huile d’olive figure parmi les produits alimentaires les plus fraudés au niveau international, en raison de son prix élevé et de la difficulté, pour le consommateur moyen, d’en vérifier l’authenticité. Les méthodes de fraude sont bien connues : dilution avec des huiles végétales moins chères (soja, colza, tournesol), ajouts chimiques pour imiter le goût ou la couleur, ou fausses indications géographiques.
Dans le cas présent, le ministère de la Santé est catégorique : le produit ne répond pas à la définition légale de l’huile d’olive, quelle que soit sa date de péremption ou sa contenance. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un lot défectueux, mais d’un problème structurel concernant l’ensemble du produit commercialisé.
Pourquoi cette alerte est exceptionnelle
Les communiqués du ministère de la Santé concernant des produits non conformes sont relativement fréquents. En revanche, le qualificatif de « produit falsifié » est beaucoup plus rare. Il implique une intention de tromper le consommateur, et non une simple erreur technique ou administrative.
Le ministère précise d’ailleurs que ses services poursuivront activement la recherche de fraudes alimentaires similaires, en particulier dans le secteur de l’huile d’olive. « Si des violations des lois et normes israéliennes sont constatées, des mesures seront prises en utilisant tous les moyens à disposition du ministère, en coopération avec les autres autorités compétentes », indique le communiqué officiel.
Un enjeu économique et sanitaire
Au-delà de la tromperie commerciale, ce type de fraude pose un véritable problème de santé publique. Le consommateur pense acheter un produit aux bénéfices reconnus – riche en acides gras mono-insaturés, antioxydants et polyphénols – alors qu’il consomme en réalité une huile d’origine inconnue, potentiellement raffinée, oxydée ou de qualité nutritionnelle inférieure.
Pour certaines populations, notamment les personnes âgées, les malades chroniques ou ceux qui suivent des régimes médicaux précis, cette substitution peut avoir des conséquences réelles. De plus, l’absence de traçabilité claire soulève la question de possibles allergènes ou de résidus non contrôlés.
Un coup dur pour la confiance des consommateurs
Cette affaire risque également d’éroder la confiance du public dans le marché de l’huile d’olive, pourtant très développé en Israël. Le pays dispose d’une production locale de qualité, reconnue à l’international, et de nombreux producteurs respectent des standards stricts. Les fraudes de ce type pénalisent indirectement les acteurs honnêtes du secteur, tout en brouillant la perception du consommateur.
Elle met aussi en lumière la nécessité d’un étiquetage rigoureux et de contrôles renforcés, notamment sur les produits importés ou présentés comme « traditionnels », « artisanaux » ou « étrangers », des termes souvent utilisés à des fins marketing.
Que doivent faire les consommateurs ?
Le ministère de la Santé appelle explicitement le public à ne pas consommer ce produit et à s’en débarrasser. Les consommateurs qui l’auraient déjà acheté sont invités à vérifier l’étiquette et à éviter toute utilisation ultérieure. En cas de doute ou de plainte, il est recommandé de contacter directement les services du ministère.
Cette alerte rappelle enfin une règle essentielle : lorsqu’il s’agit de produits sensibles comme l’huile d’olive, le prix trop attractif, l’absence d’informations claires sur le producteur ou l’origine, et les mentions vagues doivent éveiller la méfiance.
Un signal clair des autorités
Par cette communication ferme, le ministère de la Santé envoie un message sans ambiguïté : la fraude alimentaire ne sera pas tolérée. Dans un contexte de hausse du coût de la vie, où les consommateurs cherchent des alternatives moins chères, certains acteurs peu scrupuleux tentent de profiter de la situation. Les autorités affirment vouloir rester un rempart actif contre ces pratiques.
Cette affaire pourrait bien marquer un tournant, avec un durcissement des contrôles et des sanctions, afin de protéger à la fois la santé publique et l’intégrité du marché alimentaire israélien.







