À la veille de la publication du rapport final sur le crash d’Air India survenu l’an dernier à Ahmedabad, une fuite dans la presse italienne relance une hypothèse explosive : l’accident aurait été provoqué intentionnellement par le commandant de bord.
Selon le quotidien italien Corriere della Sera, citant deux sources proches des discussions entre New Delhi et Washington, les enquêteurs indiens auraient conclu qu’aucune défaillance technique n’est à l’origine du drame, mais qu’il s’agirait d’un « acte volontaire ».
La catastrophe avait coûté la vie à 260 personnes, devenant l’un des pires accidents aériens en Inde ces dernières décennies. Le rapport définitif de l’Aircraft Accident Investigation Bureau (AAIB) n’a toutefois pas encore été publié.
Coupure du carburant : un geste intentionnel ?
D’après les éléments révélés, les interrupteurs de contrôle du carburant auraient été déplacés de la position « marche » à « arrêt » quelques instants après le décollage, provoquant une perte totale de puissance des moteurs.
Un rapport préliminaire publié en juillet 2025 indiquait déjà que les enregistrements vocaux du cockpit faisaient état d’un échange troublant : l’un des pilotes aurait demandé à l’autre pourquoi il avait coupé le carburant, tandis que celui-ci répondait ne pas l’avoir fait.
Jusqu’à présent, les autorités indiennes s’étaient abstenues d’attribuer une responsabilité directe aux pilotes.
Le journal italien affirme toutefois que les enquêteurs soupçonnent le commandant de bord, identifié comme Sumit Sabharwal, d’avoir actionné manuellement les interrupteurs. Des sources évoquent également des difficultés personnelles et un état dépressif présumé — éléments fermement contestés par la famille.
Démenti officiel de l’Inde
Les autorités indiennes ont rapidement réagi en qualifiant ces publications de « spéculatives et erronées ».
L’AAIB a souligné qu’aucune conclusion officielle n’a encore été rendue publique et que toute interprétation prématurée pourrait nuire à l’intégrité de l’enquête.
Le père du pilote a rejeté catégoriquement les accusations, demandant une nouvelle enquête et dénonçant les rumeurs concernant l’état psychologique de son fils.
Pression juridique et bataille autour des indemnisations
Parallèlement, un avocat représentant environ 105 familles de victimes appelle celles-ci à ne pas signer immédiatement les accords d’indemnisation proposés par la compagnie aérienne.
Selon lui, accepter une compensation à ce stade pourrait exonérer non seulement la compagnie, mais aussi les constructeurs et les autorités gouvernementales de toute responsabilité future, avant même la publication des conclusions officielles.
Une affaire aux implications majeures
Si la thèse d’un acte volontaire était confirmée, l’impact serait considérable :
- Sur la responsabilité pénale et civile
- Sur les protocoles de santé mentale des pilotes
- Sur la confiance du public dans la sécurité aérienne
Mais à ce stade, il s’agit d’allégations issues d’une fuite médiatique, contredites par les autorités indiennes.
La publication du rapport final sera déterminante pour établir les faits, clarifier les responsabilités et mettre un terme aux spéculations qui entourent l’un des drames aériens les plus marquants de ces dernières années.







