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Espionnage intérieur en temps de guerre : pourquoi l’affaire Shmuelovitch ne peut pas être minimisée

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Les propos tenus ce matin par le vice-ministre Almog Cohen sur les ondes de Kol Barama ont agi comme un électrochoc dans un paysage médiatique et politique qui, depuis plusieurs jours, semble s’appliquer à réduire la portée d’une affaire pourtant d’une extrême gravité. Selon Almog Cohen, le suspect Shmuelovitch, présenté comme « l’espion du Sud », a eu accès à des informations sensibles concernant les plans militaires israéliens et l’emplacement potentiel d’otages détenus à Gaza. Plus grave encore, ses agissements auraient directement contribué au report de dix jours de la manœuvre terrestre israélienne dans la bande de Gaza, à un moment critique du conflit.

Almog Cohen a tenu à nuancer ses propos, précisant qu’il ne s’agissait pas juridiquement d’une trahison au sens classique du terme. Pourtant, c’est précisément cette nuance qui, selon lui, est aujourd’hui utilisée pour édulcorer une affaire qui touche au cœur même de la sécurité nationale israélienne. « Je suis profondément alarmé par la manière dont on cherche à minimiser cette affaire », a-t-il déclaré, soulignant que le simple fait qu’un civil ait pu collecter, conserver ou transmettre des données liées à des otages et à des plans opérationnels constitue en soi un échec systémique majeur.

Dans un pays encore sous le choc du 7 octobre, où chaque décision militaire est scrutée à l’aune de ses conséquences humaines et stratégiques, le report d’une opération terrestre n’est jamais anodin. Dix jours, dans un contexte de guerre asymétrique, peuvent signifier la disparition de fenêtres opérationnelles, la mise en danger accrue des forces engagées, mais aussi un impact direct sur le sort des otages. Même sans intention idéologique hostile déclarée, le résultat objectif des actes reprochés à Shmuelovitch pose une question fondamentale : jusqu’où peut-on aller dans la relativisation de faits qui ont eu des conséquences militaires concrètes ?

Le malaise exprimé par Almog Cohen ne vise pas uniquement l’individu impliqué, mais surtout l’environnement institutionnel et médiatique qui entoure l’affaire. Dans d’autres contextes, des soupçons bien moindres ont suffi à déclencher des tempêtes judiciaires, médiatiques et politiques. Ici, en revanche, l’accent est mis sur l’absence de « trahison formelle », comme si cette absence suffisait à clore le débat. Or, dans une guerre moderne, la frontière entre négligence grave, imprudence criminelle et atteinte directe à la sécurité nationale est souvent ténue.

Le fait que Shmuelovitch ait été exposé à des informations concernant des otages ajoute une dimension morale particulièrement lourde. Depuis le début du conflit, la question des otages est devenue l’un des sujets les plus sensibles de la société israélienne, touchant à la fois à l’émotion collective, à la pression internationale et aux décisions stratégiques les plus complexes. Toute interférence non autorisée dans ce domaine, qu’elle soit intentionnelle ou non, constitue une ligne rouge que beaucoup estiment avoir été franchie.

Les déclarations relayées par le journaliste Yaki Adamker mettent également en lumière un fossé croissant entre une partie de l’opinion publique et les instances chargées de qualifier juridiquement et politiquement ce type d’affaires. Pour de nombreux Israéliens, la question n’est pas seulement de savoir s’il y a eu « trahison », mais si l’État est capable de reconnaître la gravité d’actes qui affaiblissent sa capacité à protéger ses citoyens en temps de guerre.

L’affaire soulève enfin une interrogation plus large sur la culture de responsabilité en Israël. Peut-on accepter qu’un individu, même sans affiliation ennemie, puisse provoquer un retard opérationnel majeur sans que cela ne déclenche un débat national approfondi ? Peut-on continuer à compartimenter les responsabilités sous prétexte que l’intention n’était pas idéologiquement hostile, alors que les conséquences, elles, ont été bien réelles ?

En posant ces questions publiquement, Almog Cohen ne cherche pas seulement à alerter sur un dossier précis. Il met en garde contre une pente dangereuse : celle où, par peur d’admettre des failles internes ou par calcul politique, on préfère réduire une affaire de sécurité nationale à un simple incident périphérique. Dans un pays confronté à des menaces existentielles, cette tendance pourrait s’avérer bien plus coûteuse que la reconnaissance lucide d’erreurs graves.

L’affaire Shmuelovitch, qu’on la qualifie ou non de trahison, restera comme un test. Un test de transparence, de responsabilité et de capacité à tirer les leçons d’un dysfonctionnement interne au moment où Israël ne peut se permettre ni complaisance ni aveuglement.

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