Élections rabbiniques en temps de guerre : Shas réserve les postes à ses proches pendant que les réservistes se battent

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Pendant que des dizaines de milliers de réservistes israéliens sont mobilisés sur plusieurs fronts dans le cadre de l’opération « Rugissement du lion », le parti ultra-orthodoxe Shas s’affaire à une toute autre urgence : s’assurer que les postes de rabbins de ville reviennent à ses proches et alliés politiques. Une chronique d’iniquité institutionnelle signée par le Dr Assi Kaniel, directeur général de l’organisation Itim, publiée sur Kipa.

La séquence qui s’est déroulée à Guivataïm résume à elle seule la logique du système. L’un des candidats à l’élection rabbinique, le Rav Dov Berkovitz, a été rappelé sous les drapeaux par ordre de mobilisation d’urgence et s’est trouvé dans l’impossibilité de faire campagne. Malgré des demandes explicites de report, le ministère des Services religieux a maintenu le calendrier électoral. Le vainqueur de ce scrutin ? Le Rav Moshe Edri — fils du rabbin sortant, et, par une coïncidence que l’auteur juge peu fortuite, apparenté à l’ancien ministre Eliyahou Suissa, lui-même beau-frère du Grand rabbin sépharade David Yosef. Le réseau familial et partisan a fonctionné comme à Beersheva et dans d’autres villes, selon Kaniel.

L’affaire de Tel Aviv, qui s’annonce encore plus explosive, est désormais sur la table. Après une procédure déjà émaillée d’irrégularités et suspendue en son temps par la Haute Cour de justice, Shas insiste pour tenir les élections rabbiniques de la capitale selon le calendrier prévu — alors que plusieurs candidats ont été appelés à servir comme réservistes. La solution proposée par le ministère des Services religieux est proprement stupéfiante : aider ces rabbins-soldats à obtenir une dispense de service. Autrement dit, le même ministère étroitement associé à un mouvement qui a érigé l’exemption militaire en idéologie, propose aux rabbins servant sous les drapeaux de recourir à son expertise en la matière pour les en libérer.

L’auteur y voit la révélation la plus crue de la déconnexion totale de Shas avec la réalité israélienne. L’institution religieuse est perçue, dans cette logique, comme un simple mécanisme de distribution de postes à des proches — rien de plus. Le fait que beaucoup de ces candidats favoris n’aient jamais porté l’uniforme est présenté depuis longtemps comme une évidence, presque une condition naturelle. Mais aujourd’hui, franchit-on un cap supplémentaire : non seulement les non-mobilisés sont avantagés, mais les droits de ceux qui ont choisi de servir sont activement piétinés.

La charge symbolique de Tel Aviv rend l’affaire encore plus grave. La première ville hébraïque — plurielle, laïque, profondément attachée à ses valeurs civiques — mérite, selon Kaniel, un rabbin capable de s’y connecter, d’y rendre des services réels et d’incarner une figure à laquelle ses habitants puissent s’identifier. Imposer un « rabbin de service » adoubé par les couloirs de Shas, au détriment de candidats mobilisés, serait une insulte supplémentaire à une population qui ne reconnaît déjà plus la légitimité de cette institution.

En guise de conclusion, l’auteur convoque une interpellation biblique de Moïse — « Vos frères partiront-ils au combat pendant que vous, vous resterez ici ? » — pour laquelle il imagine la réponse de Shas : oui, et sans le moindre remords.

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