Des Arabes ont photographié des bases classifiées – le système de sécurité a continué de les employer

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Pendant des années, des documents ont circulé faisant état d’entrepreneurs arabes présents à l’intérieur de bases de Tsahal, soulevant des interrogations quant à leur présence à proximité d’installations sensibles et classifiées. Ce soir (lundi), nous révélons une série d’enquêtes menées dans plusieurs bases de Tsahal, dont il ressort un tableau grave et préoccupant de défaillances dans la sécurité de l’information.

Comme nous l’avons révélé sur la chaîne 14, dans le cadre d’une enquête menée sur la base aérienne de Tel Nof, il est apparu que la base était totalement exposée, sur le plan du renseignement, à l’organisation terroriste du Hamas. Cette exposition a été rendue possible, entre autres, par des citoyens israéliens et des ouvriers travaillant aux abords et à l’intérieur de la base.

À la suite de cette série de constats graves, la Direction du renseignement a diffusé le mois dernier des directives concernant l’entrée d’entrepreneurs dans les installations de Tsahal. Dans l’un des cas révélés, un entrepreneur en étanchéité travaillant pour le ministère de la Défense s’est révélé impliqué dans des infractions graves, dont des violations de sécurité lors de cinq incidents distincts survenus dans des bases de Tsahal, parmi lesquelles Hatzor, le chantier naval de la marine, Tel Nof et Hatzerim.

Des avions de combat et des installations photographiés dans la base de Hatzor

L’un de ces incidents s’est produit en août 2024 dans la base aérienne de Hatzor, considérée comme l’une des bases stratégiques de l’armée de l’air. Selon l’enquête, un employé d’un sous-traitant chargé de travaux de rénovation a été surpris en train de photographier des décollages d’avions de combat à proximité de la tour de contrôle.

Il est également apparu que le chef de chantier encadrait des ouvriers n’ayant pas obtenu d’habilitation sécuritaire. Ces ouvriers entraient dans la base sans déposer leurs téléphones portables, lesquels contenaient des cartes SIM actives. L’un d’eux est entré en utilisant le badge d’un autre visiteur, et son appareil contenait une galerie de photos incluant des décollages d’avions, le fonctionnement de la tour de contrôle et d’autres installations. Un autre employé a lui aussi été surpris avec un téléphone actif contenant de nombreuses photos prises à l’intérieur de la base. Les conclusions de l’enquête menée par l’officier de sécurité de l’information indiquaient qu’« il n’est pas exclu que les images photographiées aient été transmises à d’autres parties ».

Deux mois seulement plus tard, un nouvel incident grave s’est produit dans la même base. Trois employés d’un sous-traitant ont commis des infractions de sécurité, l’un d’eux s’étant fait passer pour une autre personne après s’être vu refuser l’autorisation d’entrer dans la base. Les trois hommes ont été interpellés à leur sortie, et il s’est alors avéré qu’ils avaient retiré de leurs téléphones les autocollants destinés à empêcher l’usage de la caméra, et qu’ils avaient photographié des images classifiées sur différents sites.

Fin octobre 2024, un autre incident s’est produit dans une base de la marine : un homme a été repéré se déplaçant librement et chargeant du matériel dans le véhicule de l’entrepreneur. L’enquête a révélé qu’il tentait de dérober du matériel militaire, et qu’un autre ouvrier n’ayant pas obtenu d’habilitation sécuritaire se cachait dans le véhicule. La police a été appelée sur place, et la fouille a permis de découvrir en sa possession un dispositif servant à neutraliser et brouiller des codes. Trois autorisations d’entrée falsifiées, destinées à de futures entrées dans la base, ont également été trouvées dans le véhicule. Malgré la gravité de ces constats, la commission chargée du dossier a décidé de suspendre les entrepreneurs de tout travail futur et de leur participation à des appels d’offres. Toutefois, en raison de l’urgence des travaux et de la crainte d’un impact sur la continuité opérationnelle de la base, il a été décidé de les autoriser à terminer leur mission, les exemptant ainsi de la décision de la commission de sécurité.

Des autorisations falsifiées et une tentative d’achat d’armes

Un autre incident a été révélé lors d’une inspection surprise menée par le ministère de la Défense dans la base de Tel Nof le 12 novembre 2024, à la suite de la décision de la commission de suspendre certains fournisseurs. L’inspection a révélé que l’un des entrepreneurs déjà surpris par le passé en infraction grave était entré dans la base avec des ouvriers n’ayant pas obtenu d’habilitation sécuritaire, lesquels s’y déplaçaient librement. Il a également été découvert que l’officier de sécurité de l’information de la base de Tel Nof avait envoyé par WhatsApp à l’un des ouvriers une photographie aérienne d’un quartier de la base où résident des pilotes de chasse et des commandants de l’armée de l’air, cette photographie comportant les noms de famille des occupants de chaque appartement. Là aussi, l’inspection a conclu qu’il n’était pas possible d’exclure que ces documents classifiés et sensibles aient été transmis à d’autres parties.

Les constats graves se sont poursuivis en 2025. Le 27 janvier, la base de Hatzerim a reçu un signalement inhabituel concernant des employés d’un sous-traitant, déjà repérés par le passé pour des violations de sécurité de l’information, qui avaient tenté d’acheter des armes à des soldats de la base pour la somme de 30 000 shekels. Le soldat concerné a immédiatement signalé l’incident, et les deux hommes ont été interpellés.

Les éléments révélés à travers ces enquêtes menées dans les bases soulèvent des questions difficiles quant au fonctionnement du dispositif de sécurité de l’information de Tsahal : près de trois années après le début de la guerre, les leçons ont-elles été tirées de l’exposition de ces bases à l’espionnage de la part d’organisations terroristes, et les procédures actuellement en vigueur répondent-elles au niveau d’exigence nécessaire pour protéger les installations sensibles et la sécurité de l’État ?

Sur les questions de sécurité intérieure et d’espionnage visant Israël, on pourra consulter notre article sur « Torpedo », ce haut responsable arabe devenu espion pour Israël sans le savoir, notre article sur le vol d’armes déjoué dans une base militaire du sud, ainsi que notre article sur les failles de commandement révélées après l’attaque sur une base du Golani.

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