L’Organisation sioniste mondiale a franchi une étape sans précédent en reconnaissant officiellement le judaïsme humaniste comme courant éligible au soutien institutionnel.
La décision a été adoptée lors du 39e Congrès sioniste mondial, réuni à Jérusalem en octobre 2025. Pour la première fois, le judaïsme laïque est reconnu sous l’appellation de « courant humaniste ».
🗣️ « Une véritable nouvelle pour des millions de Juifs »
Selon Dror Morag, vice-président de l’Organisation et initiateur de la démarche depuis près d’une décennie :
« C’est une véritable nouvelle pour nos frères et sœurs dans le monde, qui jusqu’à présent ne disposaient pas d’un cadre correspondant à leur manière de vivre le judaïsme. »
Jusqu’à présent, l’activité de l’Organisation sioniste mondiale dans les communautés de la diaspora s’inscrivait exclusivement dans des cadres religieux reconnus (orthodoxe, conservateur, réformé, etc.).
📊 Une évolution sociologique marquée
Les données du Pew Research Center montrent une transformation profonde du paysage juif, notamment aux États-Unis :
- 41 % des Juifs américains âgés de 18 à 29 ans ne s’identifient à aucun courant religieux.
- Ce chiffre tombe à 22 % chez les plus de 65 ans.
- Environ un tiers de l’ensemble des Juifs américains ne se rattachent à aucun courant religieux formel.
Dans ce contexte, la reconnaissance du judaïsme humaniste répond à une réalité démographique croissante, en particulier chez les jeunes générations.
💵 Un budget dédié et des programmes dès 2026
Un budget annuel de 2 millions de dollars a été approuvé pour soutenir les activités des communautés relevant du courant humaniste.
À partir de 2026, les initiatives pourront inclure :
- Contenus éducatifs pour les jardins d’enfants
- Activités culturelles lors des fêtes et célébrations
- Cérémonies de mariage, bar et bat-mitsva
- Programmes communautaires dans la diaspora
⚖️ Un tournant institutionnel
Cette reconnaissance marque une évolution majeure dans la manière dont les institutions sionistes conçoivent l’identité juive mondiale.
Elle traduit un élargissement du cadre officiel, passant d’une définition exclusivement religieuse à une approche plus pluraliste et culturelle du judaïsme.
Pour ses promoteurs, il s’agit d’un ajustement nécessaire face aux mutations identitaires contemporaines ; pour ses critiques éventuels, la décision pourrait ouvrir un débat sur la définition même des courants reconnus au sein du mouvement sioniste mondial.






