Judée-Samarie : le général Bluth met fin aux alertes transmises à l’Autorité palestinienne, par crainte de fuites vers les terroristes

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Le général Avi Bluth vient de changer une pratique vieille de plusieurs années, et le geste ne passe pas inaperçu dans les états-majors de Judée-Samarie. Le chef du commandement central de Tsahal a ordonné l’arrêt des notifications préalables transmises aux mécanismes de sécurité palestiniens avant certaines opérations militaires : arrestations, fouilles d’armes, perquisitions dans les villages. Jusqu’à présent, les services de sécurité de l’Autorité palestinienne étaient avertis à l’avance de ces manœuvres. Désormais, ce canal d’information se referme.

La décision trouve sa source dans une inquiétude précise : des renseignements israéliens laissent penser que les informations transmises aux policiers palestiniens finissaient, d’une manière ou d’une autre, entre les mains d’organisations terroristes. Ces dernières s’en servaient pour préparer l’arrivée des forces israéliennes, dissimuler leurs armes ou même s’échapper avant que les soldats n’atteignent les lieux visés. Une source sécuritaire citée dans la presse israélienne résume la logique du changement : « L’information précédemment transmise permettait aux terroristes de se préparer à l’arrivée des forces, de dissimuler des armes et même de fuir les lieux. »

Le dispositif concerné porte un nom précis au sein de Tsahal : le « pliage des Shou »fim », du nom donné aux policiers palestiniens. Avant qu’une opération ne débute dans un village, un message était transmis aux mécanismes de sécurité palestiniens pour qu’ils retirent leurs hommes de la zone, dans le seul but d’éviter tout accrochage entre policiers palestiniens et soldats israéliens. Mais pour Tsahal, ce canal de coordination s’est transformé en faille de sécurité.

L’épisode qui a cristallisé la décision du général Bluth s’est déroulé sur la route 60, à proximité du village de Deir Dibwan, en Judée-Samarie. Un militant de droite avait observé des forces israéliennes se préparer à entrer dans plusieurs villages de la zone, avant de découvrir que les détails de l’opération prévue avaient été publiés sur un canal Telegram local, dix minutes seulement avant le déploiement des troupes sur le terrain. Ce même témoignage avait déjà permis de documenter plusieurs opérations où les hommes recherchés, ou leurs armes, avaient eu le temps de disparaître avant l’arrivée des soldats.

Cet épisode n’est pas resté isolé. Il s’inscrit dans une série de signalements similaires qui ont fini par convaincre le commandement central que la fuite d’informations n’était plus un risque théorique mais une réalité opérationnelle, documentée sur le terrain. Les critiques de la procédure estimaient depuis plusieurs mois que ce système de préavis, pensé à l’origine pour fluidifier la coordination sécuritaire entre Tsahal et les mécanismes palestiniens, s’était retourné contre les soldats eux-mêmes, en les exposant à des embuscades ou à des opérations manquées faute d’effet de surprise.

Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle directive, les résultats sont, selon les premières données disponibles, nettement différents. Les quantités d’armes saisies lors des opérations de Tsahal en Judée-Samarie ont significativement augmenté. Pour les responsables militaires, ce basculement statistique confirme rétrospectivement ce qu’ils suspectaient : les groupes terroristes exploitaient bel et bien les notifications préalables pour organiser la dissimulation de leurs stocks d’armes avant l’arrivée des soldats. Sans ce délai d’anticipation, les perquisitions tombent désormais sur des caches que les hommes armés n’ont plus le temps de vider.

L’information a été révélée par le journaliste Yishai Elmakayes dans les colonnes du quotidien Makor Rishon, avant d’être reprise et confirmée par plusieurs médias israéliens. Elle s’inscrit dans un climat de méfiance croissante entre Tsahal et les mécanismes de sécurité de l’Autorité palestinienne en Judée-Samarie, où les accusations de fuites et de dysfonctionnements dans la coordination sécuritaire se multiplient depuis plusieurs mois.

Pour l’armée israélienne, l’enjeu dépasse la seule question des statistiques de saisies. Il s’agit de la sécurité des soldats envoyés sur le terrain pour des opérations d’arrestation ou de recherche d’armes, des missions par nature imprévisibles et déjà risquées, que la fuite d’un simple horaire ou d’un itinéraire suffit à transformer en piège. En resserrant le contrôle de l’information en amont des opérations, le commandement central cherche avant tout à rétablir l’effet de surprise, condition jugée indispensable à la réussite comme à la sécurité de ces missions en Judée-Samarie.

Reste à savoir comment l’Autorité palestinienne va réagir à ce resserrement, elle qui présentait jusqu’ici la coordination sécuritaire avec Israël comme un pilier de sa relation avec Tsahal. Aucune réaction officielle des mécanismes palestiniens n’a pour l’instant été rapportée dans la presse israélienne au sujet de cette décision du général Bluth.

Sur ce sujet, Alyaexpress-News avait déjà rapporté les mises en garde d’Elisha Yered sur les risques de cette procédure pour les soldats, ainsi que les critiques adressées à la Cour suprême sur le retour des Palestiniens à Jénine et Tulkarem.

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