Tsahal met en garde : sans 25 milliards supplémentaires, nos capacités seront atteintes sur trois fronts

0
3
Soyez le premier informé - Rejoignez notre page Facebook.

Deux institutions, deux versions, un même gouffre. Tsahal doit présenter dans les prochains jours aux responsables politiques les conséquences du trou dans le budget de la défense, qu’il estime à environ 25 milliards de shekels, selon la radio de l’armée, Galei Tsahal. Le ministère des Finances, lui, passe à l’offensive : pour lui, le problème n’est pas le manque d’argent mais la manière dont il est dépensé.

Ce que l’armée dit ne plus pouvoir assurer

L’armée prévient que, sans rallonge budgétaire, elle aura du mal à tenir des zones de sécurité sur trois fronts. Elle affirme notamment ne pas être prête pour l’hiver au Liban : aménagement des routes pour circuler sous la pluie, fourniture d’équipements d’hiver aux troupes sur le terrain et préparation aux chutes de neige.

Tsahal met aussi en garde contre un gel du recrutement de militaires de carrière dans plusieurs corps, dont l’armée de l’air, la direction du renseignement militaire et la direction de la technologie et de la logistique.

L’armée redoute également l’arrêt des nouveaux achats de munitions et d’intercepteurs : intercepteurs de défense aérienne, obus de chars et d’artillerie, bombes aériennes. Le manque de budget devrait aussi peser sur l’entretien, la réparation et la remise en état des blindés lourds, dont les chars et les véhicules blindés de transport de troupes Namer et Eitan.

« Des affirmations contraires à la réalité »

Le ministère des Finances rejette les accusations de l’appareil de défense sur des budgets non transférés. Il lui renvoie une critique sévère : les sommes colossales qui lui ont été versées seraient gérées de façon défaillante et dispendieuse.

« Ce sont des affirmations contraires à la réalité. Tout ce qui a été convenu chez le Premier ministre a été versé par nous. Il y a 15 milliards qui attendent un transfert à la Knesset, pas chez nous », affirme-t-on au ministère des Finances. « Nous avons versé bien au-delà de la somme prévue dans le budget de l’État. Le problème, c’est que ces sommes sont très mal gérées, et on arrive à une situation où les montants n’ont plus de sens : l’appareil de défense en demandera toujours plus. »

Selon le ministère, les dépassements du budget de la défense résultent d’une mauvaise gestion et de dépenses engagées sans autorisation. La Défense aurait refusé tout contrôle de la gestion de son budget. Le déficit serait donc apparu après coup, une fois que les commandes et les engagements financiers avaient déjà été passés sans budget pour les couvrir.

Le ministère des Finances assure aussi que la Défense refuse une série de solutions proposées pour augmenter son budget sans le faire payer au contribuable. « Là-bas, on préfère se débrouiller seuls, dans le gaspillage, sans contrôle et sans vérifications, et donc aucune somme ne leur suffira jamais. »

Un budget multiplié par trois

Pour mettre la demande en perspective, le ministère rappelle que la Défense réclame environ 25 milliards de shekels supplémentaires pour la seule année en cours. En comparaison, le programme de reconstruction du Nord représente 15 milliards de shekels sur cinq ans, et le budget total des affaires sociales s’élève à 14 milliards de shekels.

Selon des responsables du ministère, le budget de la défense a triplé en deux ans et demi, et cette hausse se fait au détriment des besoins civils. « Cela se fait aux dépens des services sociaux, de la construction d’écoles, des services médicaux et du développement des infrastructures. Chaque citoyen a subi une hausse d’impôts importante, mais cela n’intéresse pas l’appareil de défense. Ils veulent la somme ici et maintenant, parce que pour eux elle n’a pas de prix. »

Ils ajoutent : « Cela fait trois ans que nous entendons des promesses d’efficacité et de remise en question, mais presque rien ne s’est concrétisé. »

« Il n’y aura plus d’économie pour financer ces besoins »

Un haut responsable du ministère, interrogé par Arouts 7, estime que la poursuite de cette tendance pourrait menacer à l’avenir la capacité économique d’Israël à financer ses besoins de sécurité. « Les demandes ne cessent d’augmenter, mais on ne peut pas traiter les caisses publiques comme si elles étaient illimitées. L’État d’Israël a déjà augmenté ses dépenses de défense de façon spectaculaire, tout en devant faire face à des besoins civils, au déficit et à d’autres pressions économiques. »

Il met en garde : « À ce rythme, le jour n’est pas loin où l’appareil de défense, en pleine campagne d’envergure, se retournera et découvrira qu’il n’y a vraiment plus d’économie capable de financer ces besoins. Notre situation sera alors grave. Si nous continuons ainsi, je crains que nous en arrivions là. C’est l’irresponsabilité d’un système à courte vue. »

Le ministère souligne qu’au-delà des besoins de sécurité, il faut aussi examiner l’efficacité des dépenses, les priorités, la planification pluriannuelle et le contrôle des coûts. Selon lui, l’appareil de défense refuse toute intervention sur ces sujets. « La responsabilité de l’argent public ne s’arrête pas au moment où il est versé à l’appareil de défense. Il faut se demander non seulement combien d’argent est nécessaire, mais aussi comment il est utilisé. »

La décision revient au gouvernement

Malgré ces critiques, le ministère des Finances précise que si le gouvernement décide d’une rallonge et que la Knesset l’approuve, il l’appliquera. Il demandera cependant aux responsables politiques de ne pas dépasser le cadre budgétaire au point de sortir de l’objectif de déficit annuel.

D’un côté, une armée qui dit ne plus pouvoir tenir ses fronts ni préparer l’hiver sans argent supplémentaire. De l’autre, un ministère des Finances qui voit dans ce trou le résultat d’engagements pris sans autorisation et d’une gestion sans contrôle. C’est maintenant aux responsables politiques de trancher.


Les achats de l’armée pèsent lourd dans le budget : relisez l’accélération de l’achat du système laser Magen Or. Sur les tensions liées aux équipements, lisez aussi le blocage par l’administration Biden d’une livraison de bulldozers D9, et, sur les arbitrages entre armée et Finances, le débat sur la réduction du service militaire.


 

Infos Israel News en direct d’Israël 

Ce qu'on vous cache - CQVC 

Rak Be Israel, le top d’Israël !