Une vaste étude ayant cartographié les besoins des soldats immigrants tout au long de leur parcours de service a révélé que l’écart principal commence dès avant l’enrôlement : environ 67 % des soldats interrogés ont déclaré avoir manqué d’informations accessibles sur le processus et sur leurs droits. À la suite de ces constats, un plan interministériel d’envergure, associant le ministère de la Défense, le ministère de l’Alya et de l’Intégration et le ministère de la Diaspora et de la Lutte contre l’Antisémitisme, en coopération avec l’Agence juive et l’Organisation sioniste mondiale, a été présenté ce lundi matin lors du colloque « Ensemble sur la route ». Son objectif : offrir un appui solide aux jeunes qui choisissent de faire leur alya en Israël et de s’engager dans Tsahal.
Une initiative née d’une décision gouvernementale de mai dernier
Cette initiative fait suite à une décision gouvernementale prise en mai, dans le cadre de laquelle une unité dédiée sera créée au sein du ministère de l’Alya et de l’Intégration. Elle assurera un accompagnement continu, une aide à l’obtention des droits, une réponse en situation de crise et une accessibilité linguistique, incluant une médiation et une orientation pour les familles de soldats résidant à l’étranger.
L’importance de cette démarche prend un relief particulier au vu des données liées à la guerre en cours : depuis le 7 octobre, 6 906 réservistes immigrants ont pris une part active aux combats, dont la moitié sont des soldats isolés (sans famille proche en Israël). À cela s’ajoutent environ 5 300 soldats immigrants effectuant chaque année leur service obligatoire (dont environ 3 000 soldats isolés). Selon l’étude, l’expérience de ces dernières années a démontré que les réservistes immigrants — en particulier ceux qui font régulièrement l’aller-retour entre Israël et leur pays d’origine outre-mer — ont besoin d’un accompagnement spécifique, au-delà de celui offert à l’ensemble des réservistes.
Satisfaction sur les aides financières, lacunes dans le soutien psychologique
Lors du colloque, la directrice générale du ministère de l’Alya et de l’Intégration, Dganit Sanker Langue, a présenté cette étude approfondie, menée auprès de 255 jeunes immigrants avant leur enrôlement, de soldats immigrants en service obligatoire et de soldats immigrants démobilisés, complétée par des entretiens approfondis avec des parents et des professionnels du secteur. L’étude a examiné les besoins des soldats tout au long du parcours — depuis la période précédant l’enrôlement, en passant par le service militaire, jusqu’à l’après-démobilisation.
Les données montrent que l’écart principal commence dès avant l’enrôlement : environ 67 % des soldats ont rapporté un manque d’information accessible sur le processus et sur leurs droits. Pendant le service militaire, un fort taux de satisfaction a été enregistré concernant l’aide économique directe : 65 % des répondants ont déclaré avoir reçu une aide au loyer, 56 % ont bénéficié d’une allocation mensuelle et 45 % ont reçu un accompagnement de la part de travailleurs sociaux militaires. Cependant, seuls 30 % des répondants ont estimé que les dispositifs existants répondaient à des besoins secondaires tels que le soutien émotionnel, l’aide en cas de problèmes médicaux ou les jours de démarches administratives.
Une autre donnée de l’étude montre que les soldats immigrants non répertoriés comme « isolés » souffrent parfois d’un manque de réponse, l’hypothèse selon laquelle ils bénéficient d’un soutien familial les faisant « passer entre les mailles du filet ». Alors que le taux d’insatisfaction chez les soldats isolés s’élevait à seulement 21 %, ce chiffre grimpait à 39 % chez les soldats immigrants non isolés.
Le défi ne s’arrête pas à la fin du service : l’étude souligne que moins de la moitié de l’ensemble des soldats immigrants (43 %) reçoivent un accompagnement quelconque après leur démobilisation. Les participants démobilisés ont exprimé un besoin profond d’orientation dans les domaines de l’emploi, des études, du logement et de l’accès à leurs droits. Les enseignements issus des tables rondes du colloque devraient désormais servir de base à l’élaboration d’un programme de travail gouvernemental garantissant un accompagnement continu et solide, depuis l’arrivée en Israël jusqu’à l’intégration complète dans la vie civile.
Le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré : « Les soldats et volontaires immigrants qui choisissent de quitter leur foyer, de faire leur alya en Israël et de revêtir l’uniforme de Tsahal incarnent de façon émouvante le sionisme, la solidarité mutuelle et le destin commun du peuple juif. L’État d’Israël s’engage à être à leurs côtés comme ils sont à ses côtés pour le défendre. »
Le ministre de l’Alya et de l’Intégration, Ofir Sofer, a ajouté : « Nous avons une responsabilité immense envers les nombreux jeunes de la diaspora qui ont choisi et continuent de choisir de venir en Israël et de s’engager dans Tsahal, plus encore depuis le 7 octobre. » Le ministre de la Diaspora et de la Lutte contre l’Antisémitisme, Amichaï Chikli, a lui aussi souligné l’importance de la création de l’équipe interministérielle pour accompagner ces soldats et leurs familles.
Sur des sujets connexes, notre rédaction avait déjà suivi de près les initiatives gouvernementales en faveur des soldats isolés et immigrants de Tsahal. Nous invitons également nos lecteurs à consulter l’ensemble de notre couverture consacrée à l’alya et à l’intégration en Israël sur la page d’accueil de notre site.



