« L’Espagne a-t-elle oublié qui elle est ? » : un analyste tire la sonnette d’alarme après l’invasion migratoire de Ceuta

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Sur fond de l’irruption de dizaines de milliers de migrants à Ceuta, l’analyste émirati Amjad Taha s’en est pris à la politique migratoire espagnole dans une série de publications sur le réseau X, mettant en garde contre l’influence grandissante des Frères musulmans dans le pays.

Dans son premier message, l’analyste a établi un parallèle avec des évolutions qu’il observe, selon lui, dans certains quartiers d’Angleterre et du Canada, affirmant que l’espagnol y deviendrait la langue de ceux qui demandent l’asile. Il a estimé que l’Espagne avait oublié qui elle était, et qu’elle devait redécouvrir sa confiance en elle non pas par la haine de l’autre, mais en se souvenant d’elle-même — évoquant un pays où, selon ses mots, chaque pierre racontait une histoire, avant d’affirmer que l’espagnol serait devenu, dans certains quartiers, la troisième langue parlée.

Une mise en garde sur l’influence des Frères musulmans

Dans la suite de son propos, l’analyste a développé une prévision fondée sur ce qu’il présente comme une situation déjà à l’œuvre aujourd’hui : selon lui, les militants des Frères musulmans bénéficieraient en Espagne d’un traitement d’activistes légitimes. Il a affirmé que l’organisation n’y était pas interdite, qu’elle y opérait des bureaux ouvertement et y avait acquis une influence profonde. Selon Taha, ces mêmes bureaux fourniraient des avocats pour défendre les migrants en situation irrégulière et les aideraient à obtenir la nationalité espagnole, y compris ceux entrés la veille à Ceuta.

Il a ensuite exposé ce qu’il anticipe pour l’avenir proche : selon lui, une fois la nationalité obtenue, l’organisation se présenterait comme le parrain politique de ces nouveaux citoyens, leur indiquant pour qui voter et à quelles manifestations se joindre — qu’il s’agisse de défiler en soutien au Hamas ou de se ranger aux côtés du régime islamique iranien. Il s’est alors interrogé sur les raisons pour lesquelles l’Espagne refuserait d’interdire les Frères musulmans, n’adopterait pas de mesures plus fermes contre l’immigration illégale, et ne prendrait pas la tête des efforts visant à maintenir ouvert le détroit d’Ormuz, alors même qu’elle dépend de l’énergie qui y transite.

Il a conclu sa série de publications en affirmant que l’Espagne n’avait jamais été seulement un point sur la carte, mais une idée, une langue, une civilisation et un peuple qui croyait en lui-même — avertissant qu’une nation qui oublie son identité devient peu à peu étrangère chez elle, et s’interrogeant : s’agit-il encore de l’Espagne, ou est-elle devenue un « Espagnistan » ?

Le bilan de la crise s’alourdit

Pour rappel, une crise migratoire sans précédent a éclaté vendredi en Espagne, menaçant de raviver une confrontation diplomatique avec le Maroc, après qu’environ 50 000 personnes ont franchi en une seule journée la frontière vers l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord. Selon des estimations locales, ce chiffre aurait même atteint environ 60 000 personnes, soit près des trois quarts de la population totale de la ville. Au moins 43 personnes ont perdu la vie, la plupart par noyade en tentant de contourner à la nage le brise-lames à la frontière d’Al-Tarajal. Selon des informations récentes en provenance d’Espagne, environ 37 500 migrants seraient déjà repartis vers le Maroc.

Liens internes

Sur les précédents développements de la crise migratoire à Ceuta, retrouvez notre article sur « État d’urgence absolu » : des milliers de migrants forcent la frontière espagnole [lien vers l’article publié précédemment dans cette session], ainsi que notre article sur l’entretien de Marion Maréchal évoquant l’influence grandissante des Frères musulmans en Europe.

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