Au moment même où Téhéran négocie un cessez-le-feu à Islamabad, ses diplomates à New York tentaient de bloquer l’élection d’Israël à des comités clés des Nations Unies. La manœuvre a échoué. Israël a été élu ce jeudi à plusieurs postes au sein du Conseil économique et social de l’ONU, dont la Commission de la condition de la femme et le conseil d’administration de l’UNICEF — deux instances dont l’Iran cherchait précisément à l’exclure, en forçant un vote secret pour mobiliser des voix hostiles.
La victoire diplomatique d’Israël à l’ECOSOC est le signal onusien de cette journée — celui d’un État qui, en pleine guerre, continue de défendre sa place dans les institutions multilatérales face à des adversaires qui instrumentalisent ces mêmes institutions.
La tentative iranienne et son échec
L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies, Danny Danon, a détaillé la séquence. L’Iran a tenté de transformer un processus d’élection professionnel en tribune politique en imposant un vote secret — une procédure qui, dans ce contexte, visait à permettre aux États hésitants de voter contre Israël sans l’assumer publiquement. La stratégie est connue : utiliser l’anonymat du scrutin pour agréger des voix qui ne s’exprimeraient pas à main levée.
Elle n’a pas fonctionné. Israël a remporté ses élections malgré cette pression, accédant à la Commission de la condition de la femme et au conseil d’administration de l’UNICEF au sein de l’ECOSOC. Ce résultat dit quelque chose sur l’état réel des équilibres onusiens : une majorité suffisante d’États membres a refusé de suivre la ligne iranienne, même dans un contexte de guerre directe entre Israël et l’Iran.
La réponse de Danon sur les droits des femmes
La réaction de l’ambassadeur Danon a été formulée avec une précision rhétorique délibérée. Face aux tentatives iraniennes de bloquer la présence israélienne à la Commission de la condition de la femme, il a déclaré : « Ceux qui oppriment les femmes et bafouent les droits humains ne nous donneront pas de leçons sur les droits des femmes. »
La formulation renvoie directement au bilan iranien en matière de droits des femmes — des exécutions de manifestantes, des condamnations pour « mauvais voile », des restrictions légales systématiques sur la mobilité, l’emploi et la vie civile des femmes iraniennes. Que l’Iran tente de bloquer Israël d’une commission dédiée aux droits des femmes constitue, dans ce cadre, une incongruité politique suffisamment évidente pour que Danon la souligne sans détour.
Le sens stratégique de cette victoire
Au-delà du symbole, cette élection a une portée pratique. La Commission de la condition de la femme et le conseil d’administration de l’UNICEF sont des instances où se définissent des priorités programmatiques, des budgets, et des résolutions qui ont ensuite une vie dans les rapports et les procédures onusiennes. La présence d’Israël dans ces organes lui permet d’influencer les débats de l’intérieur plutôt que de les subir de l’extérieur.
Elle envoie aussi un message au réseau diplomatique israélien dans le monde : même en temps de guerre, même sous la pression d’une campagne d’isolement coordonnée, Israël conserve la capacité de construire des majorités dans les enceintes multilatérales. Ce n’est pas acquis — c’est le résultat d’un travail diplomatique continu que des résultats comme celui-ci rendent visible.






