La guerre entre Israël et l’Iran ne se joue plus seulement sur l’axe Tel Aviv-Téhéran. Dans la nuit du 4 au 5 avril 2026, les frappes iraniennes ont atteint deux États du Golfe : Bahreïn et le Koweït. Un missile iranien a touché un réservoir de stockage de pétrole à Bahreïn. Le ministère de l’électricité du Koweït a confirmé que deux installations électriques et de dessalement d’eau ont été attaquées par des drones iraniens, causant des dégâts décrits comme « très importants et étendus. »
Ces deux frappes ne sont pas des erreurs de trajectoire. Elles sont le signal d’un élargissement délibéré du théâtre d’opérations iranien, au-delà d’Israël, vers les monarchies du Golfe qui accueillent des bases militaires américaines et soutiennent, à des degrés divers, la coalition qui s’est formée contre Téhéran.
Bahreïn : une cible symbolique et stratégique
Bahreïn est le siège de la 5e flotte américaine. C’est l’une des présences militaires américaines les plus significatives du Golfe, et l’un des États qui a normalisé ses relations avec Israël dans le cadre des Accords d’Abraham. Frapper un réservoir de stockage de pétrole à Bahreïn, c’est frapper simultanément un symbole de la normalisation arabo-israélienne, un allié américain et un nœud économique du Golfe.
La précision de la frappe — un réservoir de pétrole spécifique — indique un ciblage délibéré plutôt qu’une frappe aléatoire. L’Iran envoie un message : les États du Golfe qui s’alignent sur Washington et Tel Aviv sont à portée.
Le Koweït : infrastructure vitale visée
Les frappes sur les installations électriques et de dessalement koweïtiennes sont d’une nature différente mais d’une gravité comparable. Le Koweït, comme la plupart des États du Golfe, dépend massivement du dessalement pour son approvisionnement en eau potable. Détruire ou endommager ces installations, c’est cibler une infrastructure de survie pour la population civile. Les dégâts décrits comme « très importants et étendus » par le ministère koweïtien suggèrent une frappe de drone de grande ampleur, coordonnée.
Un arc de déstabilisation
En frappant Bahreïn et le Koweït dans la même nuit où il lance des missiles vers Israël et tente de capturer un pilote américain, l’Iran dessine un arc de déstabilisation qui couvre l’ensemble du Golfe. Cette stratégie multidirectionnelle cherche à saturer les capacités de réponse de ses adversaires, à démontrer une portée régionale étendue et à fragiliser les coalitions qui se forment contre lui.
La question qui se pose désormais aux monarchies du Golfe est celle de leur propre vulnérabilité. Bahreïn et le Koweït ne sont pas des belligérants directs dans le conflit israélo-iranien. Ils le sont devenus malgré eux, dans la nuit du 5 avril 2026. Cette réalité changera leur calcul diplomatique et militaire dans les semaines qui viennent.







