Il y a des vérités que personne ne veut entendre en temps de guerre. Le général de réserve Yaakov Amidror, ancien chef du Conseil de sécurité nationale d’Israël, a choisi ce matin de les dire quand même — avec la franchise directe qui caractérise les hommes qui ont passé leur vie à distinguer ce qui est militairement possible de ce qui est politiquement confortable.
Amidror a été interrogé ce matin sur la radio 103FM par Guideone Uko et Amichaï Ataali, et a analysé la stratégie commune d’Israël et des États-Unis dans la campagne contre l’Iran. srugim L’entretien a rapidement atteint son moment le plus saillant lorsque la question a été posée directement : celui qui dit à l’opinion publique qu’après la guerre l’Iran ne sera plus capable de tirer des missiles — ment-il ? La réponse d’Amidror n’a pas tremblé.
Ce que la guerre peut accomplir — et ce qu’elle ne peut pas garantir
« Elle pourra tirer des missiles, mais elle se trouvera dans un état militaire tellement dégradé qu’il sera possible d’y répondre à tout moment sans craindre sa puissance » srugim, a-t-il déclaré. Ce distinguo est fondamental. L’objectif de la guerre n’est pas l’anéantissement total des capacités militaires iraniennes — objectif qui serait illusoire même pour la puissance de feu combinée d’Israël et des États-Unis. L’objectif est la dégradation suffisante pour que la dissuasion fonctionne : un Iran qui tire sait qu’il recevra une réponse dévastatrice sans pouvoir l’absorber.
Ce cadrage stratégique est à la fois honnête et exigeant. Il refuse le récit simpliste de la victoire totale — « l’Iran désarmé pour toujours » — pour lui substituer une ambition plus réaliste et, paradoxalement, plus durable : un Iran si affaibli qu’il n’ose plus utiliser ce qu’il lui reste.
L’objectif déclaré : faire changer le régime de l’intérieur
Au cours de l’interview, Amidror a détaillé les objectifs opérationnels et la capacité à provoquer un changement interne profond au sein de la République islamique par des frappes contre les centres de pouvoir du régime. « Nous voulons frapper les systèmes de sécurité intérieure — le Basij, les Gardiens de la Révolution et la police », a-t-il expliqué. « L’objectif est de créer in fine une situation dans laquelle le régime sera remplacé, parce qu’il sera tellement affaibli que l’opposition pourra le renverser. » srugim
C’est une stratégie d’effondrement progressif, non d’invasion. Tsahal et les forces américaines ne cherchent pas à occuper l’Iran — ils cherchent à vider le régime de sa capacité coercitive interne, à le rendre incapable de réprimer ceux qui veulent le renverser. Le Basij, les Gardiens de la Révolution, la police — ce sont les trois piliers sur lesquels repose la survie de tout régime autoritaire. Les attaquer, c’est retirer les béquilles qui maintiennent la République islamique debout.
Mais la décision finale reste iranienne
Et c’est là qu’Amidror introduit la nuance qui distingue l’analyste honnête du propagandiste. « Il est impossible de le garantir, parce que c’est en fin de compte une décision iranienne » srugim, a-t-il précisé. Aucune campagne militaire, aussi sophistiquée soit-elle, ne peut forcer un peuple à se soulever ou contraindre une élite à capituler. On peut créer les conditions du changement. On ne peut pas décider à la place de l’autre de changer.
Cette reconnaissance de la limite de la puissance militaire est rare dans le discours public israélien actuel, souvent tenté par des promesses de victoire totale et définitive. Amidror, lui, refuse cet excès. Ce n’est pas du pessimisme — c’est de la lucidité stratégique.
Ce que ça dit du débat public israélien
La franchise d’Amidror résonne comme un rappel à l’ordre adressé aux responsables politiques qui surenchérissent sur les promesses de résultats définitifs. En temps de guerre, la tentation est grande de promettre à la population que la souffrance qu’elle endure — les missiles, les alertes, les morts — aura une fin absolue. Que jamais plus l’Iran ne sera capable de menacer Israël. Amidror dit clairement que cette promesse-là est un mensonge — et qu’il appartient à des dirigeants responsables de ne pas la faire.
La vraie promesse, celle qui est militairement honnête, est différente : un Iran durablement affaibli, incapable de projeter sa puissance sans s’exposer à une destruction immédiate. Ce n’est pas la même chose que l’immunité totale. Mais c’est ce que la guerre peut réellement produire — et c’est suffisant pour justifier le prix qu’Israël paie aujourd’hui.
Source : Srugim / 103FM
Mots-clés SEO : Yaakov Amidror Iran guerre objectifs réels, Conseil sécurité nationale Israël Iran stratégie, régime iranien affaibli changement interne, Basij Gardiens Révolution frappes objectifs, promesses guerre Iran mensonge politique, Iran missiles après guerre réalité, opération Rugissement du Lion objectifs militaires






