Vacances en Europe transformées en cauchemar : la compagnie LOT condamnée à payer 300 000 shekels à des Israéliens

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La compagnie aérienne polonaise LOT a voulu se cacher derrière la guerre pour annuler deux vols sans débourser un shekel. La justice israélienne ne l’a pas suivi.

Quatorze Israéliens partis en voyage organisé en Europe du Nord à l’été 2025 se retrouvent aujourd’hui avec une victoire judiciaire en poche : le tribunal de petites créances de Petah Tikva vient de condamner la compagnie aérienne LOT à leur verser un total de 293 341 shekels, après qu’elle eut annulé deux vols dans le cadre d’un même voyage et tenté d’invoquer l’état de guerre pour se soustraire à ses obligations légales. Le juge Ariel Bergner, dans un jugement qui risque de faire jurisprudence, a balayé l’argument d’un revers de main : 23 autres compagnies aériennes continuaient à voler vers Israël exactement au même moment.

Un circuit en Europe du Nord qui tourne au désastre logistique

L’histoire commence à l’été 2025. Quatorze Israéliens réservent via l’agence de voyages Pegasus Tourisme & Voyages un circuit de dix jours en Pologne et dans les pays baltes — Lituanie, Lettonie, Estonie. La formule est complète, à 2 350 dollars par personne. L’aller est prévu le 14 août 2025 depuis Tel Aviv vers Varsovie, et le retour le 24 août depuis Tallinn via Varsovie vers Tel Aviv.

Mais le 9 août, soit cinq jours avant le départ, LOT envoie une première mauvaise nouvelle : le vol aller est annulé. L’agence Pegasus parvient à organiser une alternative partielle : les voyageurs s’achètent à leurs frais des billets Tel Aviv–Rome, depuis laquelle LOT assure une connexion vers Varsovie. Résultat : au lieu d’atterrir à Varsovie à 8h00 comme prévu, le groupe n’y arrive qu’à 22h30. Un retard de 14h30. Une journée entière du voyage perdue.

La deuxième tuile tombe le 19 août, alors que le groupe se trouve encore en plein voyage. LOT annule le vol retour. Les voyageurs doivent à nouveau fouiller dans leur portefeuille pour acheter eux-mêmes des billets alternatifs — cette fois via Athènes — à 569 dollars par personne, auxquels s’ajoutent 140 dollars de nuit d’hôtel à Varsovie. Ils rentrent en Israël le 26 août, soit un jour entier après la date prévue.

LOT invoque la guerre, le juge répond avec une liste de 23 concurrents

Devant le tribunal, LOT a défendu une position claire : la guerre en Israël — en référence à l’opération « Rugissement du Lion » contre l’Iran lancée fin février 2025 — constituait un cas de force majeure justifiant les annulations, et donc une exonération totale de toute indemnisation. La compagnie a produit à cet effet des évaluations de risques rédigées par un organisme externe, Opsgroup, pour étayer son analyse sécuritaire.

Le juge Bergner ne l’a pas entendu de cette oreille. L’agence Pegasus avait soumis au tribunal une liste des 23 compagnies aériennes qui, à la même période, continuaient d’opérer leurs vols vers et depuis Israël sans interruption. LOT n’a ni contesté cette liste, ni fourni la moindre explication sur la raison pour laquelle ses concurrentes avaient estimé le risque acceptable quand elle, non. Pire : les évaluations d’Opsgroup ont été écartées comme pièces irrecevables — il s’agissait de témoignages par ouï-dire, leurs auteurs n’ayant pas comparu devant le tribunal pour être soumis à un contre-interrogatoire.

La conclusion du juge est sans ambiguïté : « La défenderesse n°1 n’a pas réussi à prouver les conditions permettant l’application de l’exonération. » Il a jugé que les annulations relevaient de considérations économiques, et non sécuritaires.

Une arithmétique d’indemnisation au centième de shekel

Le juge Bergner a décomposé le préjudice de façon minutieuse pour chaque voyageur. La nuit d’hôtel à Varsovie achetée de leur poche (140 dollars, soit environ 518 shekels par personne dans le cadre d’un couple) a été remboursée. Le billet aller acheté en urgence (400 dollars, 1 480 shekels) et le billet retour de substitution via Athènes (569 dollars, 2 105 shekels) ont également été intégralement pris en charge.

S’y ajoutent les indemnités forfaitaires prévues par la loi israélienne sur les services aériens : 2 450 shekels par passager et par vol annulé, soit 4 900 shekels pour les deux annulations cumulées. Le juge a en outre accordé une indemnité exemplaire de 1 500 shekels par passager, motivée ainsi dans son jugement : « un préjudice important leur a été causé par les annulations de vols. » Enfin, 1 000 shekels de frais de justice par plaignant.

Au total : 11 021 shekels par passager, ou 12 021 shekels frais inclus. Sur 14 dossiers regroupés — certains comprenant plusieurs membres d’une même famille — la facture s’élève à 293 341 shekels. La plus grosse indemnité individuelle revient à la famille Sharon, composée de quatre membres : elle emporte 40 900 shekels, ce qui correspond exactement au plafond de compétence du tribunal de petites créances en Israël.

L’agence de voyages s’en tire sans une égratignure — et même avec des frais de justice

Contrairement à LOT, l’agence Pegasus Tourisme & Voyages est entièrement exemptée. La loi israélienne sur les services aériens ne met à la charge de l’intermédiaire de vente que les obligations pesant sur un « organisateur » — c’est-à-dire une entité qui affrète de la capacité dans un aéronef pour la revendre. Or le juge a établi que Pegasus avait agi en simple agence de voyages, sans jamais détenir de capacité propre dans les avions LOT. « Aucune preuve n’a été présentée selon laquelle la défenderesse n°2 avait affrété une capacité », écrit le juge. Non seulement Pegasus est acquittée, mais les plaignants ont même été condamnés à lui verser 1 000 shekels de frais de justice par dossier.

LOT dispose de 30 jours pour s’acquitter du paiement.

 

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