L’US Air Force a pris une décision inhabituelle à quelques jours du Super Bowl : les chasseurs furtifs de cinquième génération F‑22 Raptor ne participeront finalement pas au survol aérien prévu au-dessus du Levi’s Stadium. L’armée de l’air américaine a expliqué que ces appareils étaient requis pour des missions opérationnelles prioritaires, illustrant une nouvelle fois le contexte de forte tension sécuritaire internationale dans lequel évoluent actuellement les forces armées américaines.
Le survol aérien aura bien lieu comme prévu dimanche, au-dessus du stade californien qui accueille le Super Bowl, mais sans la présence des « Raptors ». L’événement, très attendu par les spectateurs, conservera toutefois une dimension militaire impressionnante, même en l’absence de ces appareils emblématiques de la supériorité aérienne américaine.
Selon Katie Spencer, l’une des responsables de l’organisation du défilé aérien, des avions de cinquième génération devaient initialement participer à la démonstration, tant du côté de l’US Air Force que de l’US Navy. « Comme c’est souvent le cas dans les forces armées, l’augmentation de la charge opérationnelle a conduit au redéploiement des F-22 vers des missions de combat », a-t-elle expliqué. Cette justification souligne que la décision n’est pas liée à des contraintes techniques ou budgétaires, mais bien à des impératifs militaires immédiats.
Les F-22 Raptor ne sont pas de simples avions de démonstration. Ils constituent l’un des piliers de la capacité de frappe et de dissuasion des États-Unis. Ces appareils ont notamment été engagés lors de l’opération « Midnight Hammer », menée par Washington contre des installations nucléaires iraniennes au cours de la guerre de douze jours qui a opposé l’Iran, Israël et les États-Unis. Lors de cette opération, les F-22 ont opéré aux côtés des bombardiers stratégiques B‑2 Spirit, dans un scénario de haute intensité impliquant des frappes de précision à longue distance.
D’après des sources américaines, les forces iraniennes n’auraient pas été en mesure de détecter ni d’intercepter les F-22 engagés dans cette opération. Ni l’aviation iranienne ni les systèmes de défense aérienne du pays n’auraient repéré leur présence. En amont de l’attaque, une dizaine de F-22 avaient été déployés au Moyen-Orient, démontrant la capacité des États-Unis à projeter rapidement des moyens de pointe sur des théâtres d’opérations sensibles.
Cette réalité opérationnelle explique en grande partie la décision de les retirer du survol du Super Bowl. Pour les pilotes militaires eux-mêmes, ces démonstrations aériennes ne sont pas de simples cérémonies destinées au grand public. Elles font partie intégrante de l’entraînement. Les vols au-dessus de stades bondés permettent de travailler la précision de la navigation, la coordination avec les équipes au sol et le respect de fenêtres temporelles extrêmement strictes. « C’est précisément pour cette raison que nous sommes si efficaces dans des opérations comme Midnight Hammer et d’autres », a souligné Katie Spencer. « Nous sommes capables de reproduire des scénarios réels grâce à ce type de vols. »
Malgré l’absence des F-22, le spectacle aérien du Super Bowl restera impressionnant. Le public pourra assister au passage de deux bombardiers B‑1B Lancer, de deux chasseurs F‑15C Eagle de la Garde nationale, de deux chasseurs embarqués F/A‑18E Super Hornet, ainsi que de deux F‑35C Lightning II de dernière génération. L’ensemble garantit un survol spectaculaire, même sans la présence des Raptors.
Sur le plan sécuritaire, les autorités américaines ont pris des mesures renforcées. La Federal Aviation Administration et le Federal Bureau of Investigation ont annoncé l’instauration de restrictions temporaires sur les vols de drones et la création d’une zone d’exclusion aérienne autour du stade le jour du match. Ces dispositifs visent à prévenir toute intrusion non autorisée dans l’espace aérien et à garantir la sécurité de l’événement.
La décision de retirer les F-22 du survol du Super Bowl envoie ainsi un message clair : les priorités militaires priment, même sur l’un des événements sportifs les plus médiatisés au monde. Dans un contexte international marqué par des tensions accrues, notamment au Moyen-Orient, l’US Air Force montre que ses moyens les plus avancés restent mobilisés pour des missions opérationnelles réelles, et non pour des démonstrations symboliques.






