Avec la participation d’un représentant juif : l’Iran commémore les 47 ans du retour de Khomeini

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L’Iran a marqué ce 1er février le 47ᵉ anniversaire du retour de Rouhollah Khomeini d’exil, un événement fondateur de la Révolution islamique de 1979 et de la chute du régime du Shah. La cérémonie officielle s’est tenue à Téhéran, dans l’enceinte du mausolée du dirigeant révolutionnaire, en présence de hauts responsables du régime, de dignitaires religieux et d’une foule nombreuse. Fait notable, un représentant de la communauté juive d’Iran a également pris part à l’événement.

Le retour de Rouhollah Khomeini en Iran, le 1er février 1979, demeure l’un des moments les plus marquants de l’histoire contemporaine du pays. Après quinze années d’exil, notamment en France, Khomeini était accueilli triomphalement à Téhéran, déclenchant une dynamique politique qui conduira, quelques semaines plus tard, à l’effondrement du régime monarchique et à l’instauration de la République islamique.

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La cérémonie de cette année s’inscrit dans le cadre des jours du Fajr, période symbolique durant laquelle le régime iranien célèbre chaque année les étapes clés de la révolution. Le choix du mausolée de Khomeini comme lieu central de la commémoration n’est pas anodin : il constitue à la fois un site de mémoire nationale et un pilier idéologique du régime actuel. Les discours prononcés ont insisté sur le rôle de Khomeini dans la « libération de l’Iran de la domination étrangère » et sur la continuité de son héritage à travers les institutions de la République islamique.

La présence d’un représentant de la communauté juive iranienne a attiré l’attention, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Officiellement, les autorités iraniennes mettent régulièrement en avant l’existence de minorités religieuses reconnues – juifs, chrétiens et zoroastriens – afin de démontrer une forme de pluralisme constitutionnel. En Iran, la communauté juive, forte de plusieurs milliers de membres, dispose notamment d’un siège réservé au Parlement, une particularité souvent citée par Téhéran pour réfuter les accusations de persécution systématique des minorités religieuses.

Cependant, cette participation s’inscrit dans un contexte politique complexe. Le régime iranien entretient une hostilité déclarée envers Israël, tout en affirmant distinguer le sionisme de la communauté juive en tant que minorité religieuse. La présence d’un représentant juif lors d’un événement aussi symbolique que l’anniversaire du retour de Khomeini peut ainsi être interprétée comme un message politique destiné à la communauté internationale, cherchant à projeter l’image d’un État tolérant sur le plan religieux, malgré les tensions géopolitiques régionales.

Les médias officiels iraniens ont souligné, dans leur couverture de l’événement, le caractère « inclusif » de la cérémonie, mettant en avant la diversité des participants. Dans le même temps, les discours prononcés ont adopté un ton résolument idéologique, rappelant les principes fondateurs de la Révolution islamique et dénonçant les « ingérences étrangères », en particulier américaines. Cette rhétorique s’inscrit dans un climat de tensions accrues, alors que l’Iran fait face à des pressions internationales sur son programme nucléaire et à une contestation intérieure persistante.

À Téhéran, la commémoration intervient également dans un contexte social sensible. Ces derniers mois, l’Iran a été secoué par des vagues de protestations liées à la situation économique, aux libertés civiles et à la gouvernance du pays. Les autorités redoutent que les rassemblements de masse, notamment à l’approche des quarante jours de deuil pour des manifestants tués, ne se transforment en nouvelles manifestations. Dans ce cadre, les cérémonies officielles servent aussi de démonstration de force et de cohésion autour du régime.

Pour les observateurs étrangers, l’anniversaire du retour de Khomeini n’est pas seulement un événement commémoratif. Il constitue un baromètre politique permettant d’évaluer la capacité du régime à mobiliser sa base, à contrôler l’espace public et à envoyer des signaux, tant à sa population qu’à l’extérieur. La mise en scène, la participation des minorités reconnues et le contenu des discours sont soigneusement calibrés pour répondre à ces objectifs.

Quarante-sept ans après le retour de Khomeini, l’Iran reste profondément marqué par l’héritage de la révolution de 1979. Si le régime célèbre toujours cet événement comme un moment de renaissance nationale, les réalités actuelles – tensions internationales, pressions économiques, contestation interne – confèrent à cette commémoration une dimension plus lourde, presque défensive. La participation d’un représentant juif à la cérémonie illustre cette dualité : un symbole destiné à afficher une image de normalité et de pluralisme, dans un pays dont la trajectoire politique demeure au cœur des équilibres instables du Moyen-Orient.

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